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    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

     

    Saint-Sauveur de Dinan et son Chevet, à Orient, là où hier se positionnait son vieux cimetière.

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

     

    12ème siècle    

    Carte de l'implantation géographique des seigneuries de Dinan Nord et de Dinan Sud en la ville seigneuriale originelle de Dinan.  

     

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

    L'église de Saint-Sauveur de Dinan à occident

     

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

     

     A orient le Clocher et le Chevet de l'église de St-Sauveur de Dinan vus depuis la prée du prieur

     

    Les seigneuries de Dinan-Sud et Dinan-Nord 

     Les seigneuries de Dinan-Sud et de Dinan Nord ont été érigées vers 1120. A été ici implantée en tracé jaune, sur cette carte géographique, la ligne de séparation divisant vers 1120 la ville seigneuriale de Dinan en deux paroisses et seigneuries distinctes, cela en ligne presque droite entre le prieuré du Pont de Dinan situé à l'orient de la seigneurie originelle, prieuré sise au plus près de la rivière de Rance à Dinan, et Jugon les Lacs point géographique situé à l'occident et venant buter quant à lui sur le comté de Penthièvre l'ensemble de cette division traversant notamment, et en autre, la ville seigneuriale originelle de Dinan avant de parcourir toute la région du Poudouvre premier. Au nord se trouve être la seigneurie nouvelle d'Olivier II de Dinan s'étirant du nord au sud de la mer à la dite ligne de séparation et d'orient à occident de la rivière de Rance à celle de l'Arguénon le terme Poudouvre signifiant "le pays entre les eaux" . Au Sud de cette ligne se positionne  la seigneurie de Dinan-Becherel laquelle fut donnée à Alain 1er de Dinan, frère d'Olivier, tous deux fils de Geoffroy 1er de Dinan cette seigneurie s'étirant elle de la dite ligne de séparation à la limite de l'ancienne forêt antique, au derrière de Becherel, vers la ville de Rennes, et contenant notamment les paroisses de Léhon [on ne présente plus Lehon], de Guitté, [Eudes de Guitté ou Eudo de Guité est cité en 1148 lors d'une donation que fit Rolland de Dinan à l'abbaye de Boquen], d'Yvignac [Yvignac comprenait la seigneurie de Broons laquelle est citée en 1109 lors de la fondation du prieuré de Jugon par Geoffroy 1er de Dinan. Plus tard, Robert et Bertrand de Broon, tous deux frère l'un de l'autre, firent ensemble, en février 1209, une donation de froments sur des dîmes de Plouasnes, dîmes dont ils étaient tous deux possesseurs, donation faite en faveur de l'abbaye de Lehon], de Plesder et de Plouasne. 

     

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

     

    La paroisse de Plouasne

    La vieille paroisse de Plouasne ou Ploasne contenait déjà au bas moyen-âge, et en autre notamment, la seigneurie d'Evran laquelle est citée dès 1156 lors d'une donation que fit Hugues d'Evran et son épouse Gervaise, donation faite en faveur de l'abbaye de Vieuville dont sera aussi bienfaiteur, seulement quelques années après, Jehan de Lanvalei. La seigneurie "d'Ewran" sera toujours citée dans la fin de ce même 12ème siècle lorsque ses seigneurs Hugone et Gaufredus d'Ewran, le père et le fils, donneront tous deux, à la dite abbaye de Vieuville, une mine de froment de la paroisse de Saint-Meven ou Saint-Meens le Grand  propriétaires qu'ils étaient ici même de quelques terres. Cette donation sera faite aussi avec l'acceptation des deux enfants de Gaufridus, Henrico et Hugone d'Ewran; cette donation ayant été faite sous la mandature de Pierre évêque de Saint-Malo lequel fut évêque de ce diocèse entre 1184 et 1218.                                                               La paroisse de Plouasne semble aussi ne rien avoir à envier, sur un plan d'ancienneté bien sur, à la seigneurie de Dinan puisque la paroisse de Plouasne accompagnée de son église de Saint-Pern [l'origine orthographique de Saint-Pern vient probablement de Saint-Patern lequel fut au 6ème siècle évêque de Vannes. L'église de Saint-Pern sera écrite sous la forme suivante : Sancti Paterni ou Sanctus Paternus. Les seigneurs de Saint-Pern furent reconnus de noble extraction dès la Réformation de 1427. Il faut d'abord noter l'existence de Guillaume de Saint-Pern lequel, religieux en l'abbaye de Mont-Saint-Michel, sera présent en 1158 lorsque Hugues, archevêque de Dol, procèdera à une donation envers le dit monastère de Mont-Saint-Michel. Il faut noter ensuite, vers 1218, la présence de Jean de Sancto Paterno aux côtés de Juhel de Mayenne quand celui-ci, en tant qu' époux de Gervaise de Dinan, [Gervaise était fille d'Alain de Dinan-Vitré, lui même fils d'Emma de Dinan, elle même soeur de Rolland de Dinan-Becherel, lui même fils d'Alain de Dinan-Bécherel]confirmera les donations faites hier par Rolland de Dinan-Becherel au prieuré de Becherel. En effet Rolland de Dinan-Becherel [donc l'oncle du dit Alain de Dinan-Vitré] avait fait don de son vivant, au prieuré de Becherel, du 1/8 des dîmes de la paroisse de Plouasne lui appartenant de droit; il y eu donc vers 1218 un accord lequel fut alors établi entre le dit prieuré de Becherel et les tenants des autres 7/8 des dîmes de Plouasnes, dîmes appartenant aux seigneurs Rolland de Dinan vicomte du Poudouvre, à Raoul d'Espinay, à Thomas de Bellac,à Olivier d'Espinay, Raoul de L'Isle, Hamon fils de Henry et enfin à Robert de Brons ; Juhel de Mayenne décédera à Tunis le 12/04/1240. A la fin du 13ème siècle Guillaume de Saint-Pern, peut-être le fils de Jean, propriétaire d'un morceau de terre en la ville de Dinan, sise au plus près du château, vendra sa dite parcelle de terre afin que Jean II de Bretagne puisse aggrandir son Champ aux chevaux. Parent de Jean de Saint-Pern, peut-être même son frère, Herveus de Sancto Paterno sera cité présent quant à lui en 1249 lors du passage de Lissimo à Damiette, passage rendu necessaire pour les chevalier en route pour Damiette et participant alors pleinement à la 6ème croisade ] apparaissent tous deux dès le 11ème siècle. Cela se fera notamment au travers de son préposé ou prévôt Quinhandus lorsque Josselin et Riwallon de Dinan, tous deux frères de Junguené archevêque de Dol en exercice, tous trois fils de la Vicomtesse Roianteline, offrirent vers 1030-1040 des terres et décimes de Plouasne dont ils étaient tous deux possesseurs à l'abbaye de Saint-Nicolas d'Anger [cette abbaye fut voulue et fondée vers 1020 par Fouques Nerra dit le Noir, alors comte d'Angers. Pourquoi ici, en l'antique paroisse de Plouasne, ces différentes donations de dîmes toutes offertes à une jeune abbaye étrangère et angevinne ? Cela serait-il dû à des liens familiaux ou seigneuriaux ? Fils de Geoffroy 1er d'Anjou dit Grisegonelle Foulques le Noir sera aussi le frère Ermengarde d'Anjou laquelle prendra pour époux, vers 970, Conan 1er duc de Bretagne; Conan trouvera la mort sur un champ de bataille lors d'une guerre laquelle l'opposera à son propre beau-frère, le dit Foulque Nerra. Il mourra le 27/06/992 en laissant pour enfant légitime né de cette union Geoffroy 1er. Uni plus tard à Havoise de Normandie Geoffroy et Hawise seront tous deux les parents d'Alain III duc de Bretagne lequel sera confié, enfant, à Hamon le propre époux de la Vicomtesse Roianteline tous deux père et mère de Josselin de Dinan, de Riwallon de Combourg et de l'archevêque de Dol Ginguené pour ne citer que ceux-là].                                                                    Quelques années après, vers 1090, Willelmum et Bili de Plouasme, tous deux parents et seigneurs de ce lieu aussi, seront présents au côté de Geoffroy 1er de Dinan et de son fils Olivier lorsque Willelme ou Guillaume de Plouasne,  présent parmi d'autres seigneurs du dit lieu également, laissera son féal Guillaume Grannart vendre aux moines de Saint-Nicolas d'Angers la totalité des parts que ce dernier possédait sur un moulin construit hier sur les terres de Plouasne. Bécherel en 1090, encore paroisse non née et demain fief seigneurial d'Alain de Dinan, frère d'Olivier et fils de Geoffroy ci-dessus sera, en tant que  bien seigneurial, probablement déjà en possession de Josselin de Dinan vers 1040. Elle est alors une terre seigneuriale relevant très certainement de la vieille paroisse de Plouasne. La seigneurie de Dinan ayant été nommée pour la première fois au lendemain de 1039, année en laquelle décédera le duc Alain III, ce fait implique t-il aussi de l'existence même de la première paroisse de Dinan quand on sait que sa première église paroissiale, celle de Saint-Malo de Dinan, fut probablement édifiée sous les années seigneuriales de Josselin de Dinan ? La paroisse de Plouasne est citée quant à elle pour la première fois vers 1050 quand Quirmaroch [Nommé dans une charte "ad posterorum notitiam commenvadimus quod quidam miles, Quirmarhocus nomine, Rotrucia uxore sua dedit nobis monachis monasterio Sancti Nicholni Deo servientibus Britannia minori ecclesiam Sancti Palermi cum clause terrae quod est circum, fossatis eam dividente, immunem sicut ... Traduction : Nous recommandons de porter à la connaissance, pour la postérité, qu'un chevalier nommé Quirmarhocus, et sa femme Rotrucia, ont donné aux moines du monastère de Saint-Nicolas qui serviront Dieu en Bretagne la petite église de Saint-Pern entourée de terres fermées par des fossés...Quirmaroch, seigneur de Saint-Pern, est cité pour la première fois vers 1050; la paroisse de Saint-Sauveur de Dinan n'existe alors probablement pas encore.  Quirmaroch aura de son épouse Rotrucia deux enfants héritiers, Guinguenou et Brient. Marié à Piris Guinguenou aura quant à lui pour enfants et le dit Guillaume de Plouasne ci-dessous et Hingand lequel, en tant enfant puisné, entrera en le monastère de Saint-Nicolas d'Anger. Guinguenou et Brient auront aussi une soeur laquelle, nommée Origan, épousera Odo ou Eudes fils de Judicaël. Billi de Plouasne semble être quant à lui un neveu de Guillaume de Plouasne fils supposé qu'il était de Brient. Ces personnages nous allons tous les rencontrer au côté de Geoffroy 1er de Dinan en une charte relative à un moulin ici présent, charte dont nous allons ci-dessous faire la lecture], alors seigneur du lieu, donnera avec son épouse Rotruce ou Rotrucia, aux moines de Saint-Nicolas d'Angers, l'église de Saint-Pern  bien religieux établi en l'antique paroisse de Plouasne. Au plus près d'elle très bientôt va apparaitre un prieuré édifié par les moines venus de Saint-Nicolas d'Angers, celui de Saint-Pern, prieuré en lequel Quirmaroch se fera inhumer par sa seule volonté testamentaire. Avec cette église le premier seigneur de Plouasne donnera aussi une terre entourant la dite église terre laquelle, clos de fossés, très probablement doit alors déjà comprendre en son sein un cimetière paroissiale. Grand seigneur il donnera aussi une grande terre s'étirant sur deux charruées [charruée : ancienne mesure correspondant à un surface pouvant être labourée en une journée soit environ 12 arpents ou soit encore approximativement 4500m². Ici une surface presque égale à 9000m² soit environ 1 hectare ] et sur laquelle sera probablement édifié le dit prieuré de Sancti Paterni. Plouasne, en tant que paroisse primitive, comprenait alors les actuelles communes d'Evran, de Becherel, de Langaulnay, de Saint-André des Eaux, du Quiou, de Tréfumel, Saint-Judoce, Saint-Thual et enfin Saint-Pern. Possesseur de dîmes seigneuriales relevant de la dite église de Saint-Pern Goscelinus et Riwallon de Dinan donnèrent donc eux aussi, aux moines de Saint-Nicolas d'Angers, leurs propres dîmes ou terres de Plouasne alors en leur possession respective. Ces deux frères, respectivement seigneurs de Dinan et de Combourg, semblent êtres entrés en possession de ces terres par droit d'hérédité fils qu'ils étaient tous deux de la Vicomtesse Roianteline. En effet quant quelques années plus tôt viendra ici même Arraud, alors Abbé de Saint-Nicolas d'Angers [ou Arraudus ou Aderaldus lequel fut abbé de Saint-Nicolas d'Angers sous les années seigneuriales de Geoffroy Martel comte d'Anjou; Arraud ne semble plus être en vie en 1060] nous remarquons les présences, cela au côté de ce religieux, du dit Quirmaroch et de la dite Vicomte Roianteline [celle-ci alors mère en vie et de Josselin de Dinan et de Riwallon de Combourg]. Quirmaroch sera quant à lui accompagné des siens. En présence de ces seigneurs l'Abbé de Saint-Nicolas d'Angers, venu à Saint-Pern pour quelques jours, célèbrera ici même les Offices religieux peu avant d'avoir reçu de Quirmaroch, le lendemain même, le 3ème jours,  un nouveau don, celui d'une terre destinée à recevoir un moulin. Ce don sera accompagné d'un droit de pêcherie aussi lequel était applicable sur la moitié des droits détenus jusqu'à présent par Quirmarhoc. A cela Quirmaroch offrira aussi la partie d'une roseraie afin que les moines puissent y faire édifier un moulin. L'ensemble de cette terre offerte était personnellement protégée par Quimaroch lequel se réservait ainsi le droit de faire comparaitre tout vassal relevant de sa seigneurie si celui-ci allait à l'encontre de la propriété prieurale. Tout cela fut écrit au sein d'une charte laquelle fut déposée sur l'Autel de l'église prieurale. Quelques années plus tard le don de Quirmaroch sera violé par ses propres enfants, Brient et Guinguenou lesquels, s'en prenant violamment aux moines du prieurés les forceront à s' enfuir loin de leur terre. Il se passera de nouveau quelques années avant que moines puisses revenir à Plouasne cela suite à l'intervention de l'Abbé Noël lequel, succédant à l'Abbé Hamon, dirigeait alors le monastère de Saint-Nicolas d'Angers.  A quel titre la Vicomtesse Roianteline était-elle ici même  invitée ?  Quirmaroche était-il l'un de ses vassaux directs ?  Vers 1100 quoi qu'il en soit, quelques 50 années plus tard, Guillaume de Plouasne, petit-fils de Quirmaroch, est lui possesseur du dit moulin édifié ici même sur l'une des terres de Plouasne, peut-être la même laquelle hier fut offerte à Saint-Nicolas d'Angers par Quirmarhoc et Rotrucia son épouse. Il semble cependant qu'il ait donné une partie ou la moitié des revenus et biens de ce même moulin aux moines de Saint-Nicolas d'Angers ayant pour lui même gardé l'autre moitié dont il confiera ensuite les dîmes ou les revenus à Willelme ou Guillaume Grannart alors son vassal [Si ce moulin a été édifié sur la terre laquelle fut hier offerte à Saint-Nicolas d'Angers par Quirmarhoc et son épouse Rotrucia on comprend alors que les moines de Saint-Nicolas d'Anger aient été légitimement partiellement possesseurs de ses dîmes les seigneurs de Plouasne et les moines de Saint-Nicolas d'Angers se partageant ainsi équitablement son revenu. Si cela n'était "pas" alors il serait possible que la donation de la première moitié de ce moulin ait été faite à la demande de son père Guinguenou quand celui-ci fit entrer au monastère de Saint-Nicolas d'Anger Hingand l'un de ses fils puisnés]. Celui-ci un jour se rendit auprès de Drogo, alors moine au prieuré de Saint-Pern "sanctum paternum", pour des besoins très probablement financiers. En effet il mettra en gage, pour une somme de 24 sols, au monastère de Saint-Nicolas d'Angers, via Drogo,  sa propre moitié du dit moulin moitié dont il vendra un plus tard les dîmes ou revenus au même monastère. Cette vente ferme se réalisera sous la mandature de l'Abbé Natalis alors abbé de Saint-Nicolas d'Angers [ou le dit Abbé Noël]. L'ensemble de la partie du moulin lui revenant sera ainsi purement et simplement vendue aux dits moines de Saint-Nicolas d'Angers lorsque Thibaud, son propre frère, lui manifestera le désir de se rendre en Terre Sainte, à Jérusalem. Guillaume financera ainsi le départ en croisade de son frère puisné en acceptant de racheter sa part d'indivisibilité sur la terre familiale qu'ensemble ils possédaient. Ayant seulement rembourser aux moines du prieuré ou à Drogon 3 sols, Drogon lui en tiendra quitte en lui donnant un versement complémentaire de 30 sols. Moyennant cette transaction financière, devenu seul propriétaire de la moitié du moulin de Saint-Pern le moine Drogon et l'abbé Natalis d'Angers, alors à la Direction du monastère de Saint-Nicolas d'Angers, devinrent tous deux seuls propriétaires des rentes du dit moulin. Lors de cette vente ferme et définitive des revenus de ce même moulin est présent aussi et en autre Bressel fils de Quirmaroch [il s'agit ici d'un autre dénommé Quirmaroch "Grannart" et non pas de Quirmaroch époux de Rotrucia] celui-ci consentant aussi à cette vente Bressel étant, en la charte relatant cette même vente,  présenté comme étant le propre neveu de Guillaume Grannart. L'acte sera définitivement acté par la garantie apportée par Geoffroy 1er de Dinan et son fils Olivier tous deux acceptant de se porter pleinement garant de cette vente. Guirmaroch père de Bressel et Willelme ou Guillaume de Grannart, donc frère l'un de l'autre, étaient très probablement alors tous deux vassaux de Guillaume de Plouasne. Ce dernier, devant la garantie apportée à la dite vente par les seigneurs de Dinan eux même était-il, quant à lui, vassal direct de la maison seigneuriale de Dinan ? Voici cette charte relative à la vente du moulin de Saint-Pern, vente faite aux moines de Saint-Nicolas d'Angers par Guillaume Grannart :                                                                              Tempore quo Drogo Monachus erat apud sanctum Paternum traditit ei Willelmus Grannart partem suam molendi quod est ibi in vadimonium pro XXIV sol illius monetae tali pacto ut medietas partis se redimeret et alteram Monachis in praemio haberent. Quod audiens Abbas Natalis prohibuit fieri et jussit ut tota  in pars molendini pretium et in praemium reciperetur quousque ad quitaretur. Accidit interea quod Thebaudus frater Willelmi crucem acciperet et Jerusalem pergere vellet. Qui fratrem Willelmi adiit et ut de substantia sua sibi daret ad tantum iter peragendum expetiit , alioquin hereditatem suam se venditurum esse dixit. Quod Willelmus audiens et haereditatem fratris sui volens sibi retinere partem suam supradictam molendini venalem fecit. Quod Warnerius et Hingandus Monachi audientes partem supradictam molendini ex toto fibi retinuerunt et XXI sol nam de tribus adquitatum  erat , ei quitos donaverunt et insuper XXXIX solidos ei dederunt. Dedit ergo Willelmus et vendidit partem suam molendini solutam et quittam Saint-Nicholas et Monachi ejus et nepotem suum Bresel filium Quimmarhoc  concedere fecit. De hac venditione et conventione in perpetuum firmiter tenenda misit Willelmus  plegios per fidelem Willelmus de Ploasno  de cujus fevo molendinum erat et Odonem filium Judicaëlis et Bili de Ploasno  et in plano plegio Goffridus de Dinam  et filium ejus Oliverium et Evenum filium de Bressel et Mainfinitum fratrem Hingandi Monachi.  Actum est hoc apud Ploasmum plegiis supradictis testibus et Duallone Presbytero.                                                    Traduction : A l'époque ou Drogo était moine de Saint-Patern William Grannart lui donna en caution la partie de son moulin pour 24 sols avec la possibilité de lui acheter la partie de sa moitié [Willelmus Grannart et Thebaudus son frère étaient tous deux propriétaires en indivisis de la moitié d'un bien hérité; Guillaume seul et les moines de Saint-Nicolas possédant chacun respectivement l'une des moitié du dit moulindéjà l'autre moitié]dont les moines alors auraient alors les profits. En entendant cela l'Abbé Natalis ordonna que soit conservée la partie de moulin jusqu'à ce que le prêt soit remboursé. Il est arrivé entre temps que Thibaud frère de William voulu prendre la Croix puisqu'il désirait se rendre à Jérusalem. Il a été voir son frère Guillaume pour lui proposer sa propre part souhaitant pouvoir effectuer un tel voyage; dans le cas contraire son héritage serait vendu lui dit-il. Apprenant que William voulait recevoir la part de son frère la vente fut faite les moines Warin et Hingand [de Plouasne] l'ayant entendu et retenu la partie du moulin mentionnée ci-dessus pour entièrement le posséder et renoncés aux 21 sols restant pour 3 sols donnés et lui donner aussi 30 pièces. William donna en la vendant sa partie du moulin [la valeur financière d'une moitié du moulin était de 54 Sols. Guillaume avait emprunté à Drogo pour sa moitié déposée en gage 24 sols dont 3 avaient déjà été remboursés; il ne lui restait plus à Guillaume que 21 sols à rembourser. Drogo et l'Abbé de Noël effaçant la somme d'argent que Guillaume leur devait et, lui donnant en plus en paiement content 30 autres sols, purent ainsi entrer en propriété de la demie-moitié du moulin dont les bénéfices jusqu'à appartenaient à Guillaume.] , libre et cela se fit en accord avec Saint-Nicolas d'Angers et ses moines, et son neveu Bressel, fils de Quirmaroch, accepta cela. Sur ce point de vente le contrat sera toujours respecté et pour cela envoyé à William engageant William de Plouasne à qui le moulin était et à Eudes fils de Judicaël et Bili de Plouasne et pour pleine garantie à Geoffroy de Dinan et à son fils Olivier et à Even fils de Bressel et a Mainfinis frère d'Hingand le moine. Cela fut fait avec les témoins ci-dessus et Dual prêtre.   

     

    Explication de la carte présentée

    Quittons Plouasne et revenons sur notre carte. Le point jaune sur cette carte symbolise le premier castel prêté à Josselin de Dinan, grand-aieul d'Olivier et d'Alain de Dinan, le premier seigneur de Dinan cité en 1039. Le point vert positionne l'église de Saint-Sauveur de Dinan bien religieux de l'abbaye de Saint-Jacut de l'Isle avec sa paroisse, le point orange l'ancienne église originelle de Saint-Malo de Dinan, bien du Grand monastère de Marmoutiers, le point bleu la nouvelle église de Saint-Malo de Dinan. Enfin le tracé rouge positionne quant à lui certaines portes et tours des ramparts de Dinan édifiées aux 13 et 14ème siècles.                                                                                                          

    Le quartier du prieuré de la Magdelaine du Pont à Dinan, sis depuis ses origines en la Seigneurie de Dinan, ne fut géographiquement rattaché à la jeune commune de Lanvallay qu'au lendemain de la Révolution Française la rivière de Rance devenant alors, comme la plus part des rivières concernées d'ailleurs, une frontière naturelle par devoir devant séparer deux communes hier paroisses indépendantes. Religieusement il en a été cependant très différamment pendant de longs siècles puisque l'ensemble des offiçiants ayant professés leur propre saccerdoce, en l'église prieurale du prieuré de la Magdelaine du Pont à Dinan, offiçiait aussi en l'église paroissiale de Lanvallay. Sur un plan judiciaire, entièrement indépendant des seigneurs de Lanvallay, la seigneurie prieurale de la "Maison du Port" relevera jusqu'à la fin du XII siècle de la seigneurie de Dinan par ses droits de basse, moyenne et haute [voir l'acte de justice et la décision rendue lors d'un procès ayant en 1198 opposé et Geoffroy III de Dinan et la maison prieurale du Pont à Dinan, litige portant sur certaines coutûmes ancestrale que le prieur refusait de continuer à donner à Geoffroy de Dinan. Au XVII siècle le droit de "Haute justice" est cité dans un acte de dénombrement; toutefois dans ce même acte il est néamoins précisé que pour tout criminel seule la Cour de Rennes est habilitée à traiter ces mêmes actes].  Le prieur et l'église prieurale du prieuré du Pont de Dinan religieusement ont semble-t'il été très tôt rattachés à l'évêché de Dol puisque en effet les prieurs officiants de ce prieuré offiçiaient aussi les baptêmes en la dite église paroissiale de Lanvallay. Ainsi ils meneront l'ensemble des messes faites en l'église paroissiale de Lanvallay.  

     

                                               Les archidiaconés et les doyennés

    A titre d'information l'évêché d'Aleth, nommé plus tard évêché de Saint-Malo, évêché créé au 9ème siècle par Nominoë, était constitué de 2 archidiaconés eux mêmes comprenant chacun 4 doyennés. A savoir les doyennés suivant pour l'archidiaconé de Dinan : le Clos Poulet situé sur la rive droite de la Rance depuis la mer jusqu'à Châteauneuf de la Noë; le Poudouvre comprenant toute la région de Dinan située entre la mer et Becherel du nord au sud et située aussi d'occident à orient entre l'Arguénon et la Rance, deux rivières; puis les deux doyennés de Plumaudan et de Becherel. Le second archidiaconé suivant, l'archidiaconé de Lohéac comprenant quant à lui les doyennés de Loheac, de Montfort, de Saint-Malo de Beignon et celui de Porhoët. L 'évêché ou le diocèse de Dol, évêché dont le siège était à Dol de Bretagne, comprenait quant à lui un seul archidiaconé de 5 doyennés principaux lequel étirait principalement ses terres continues en le pays de Dol. Toutefois l'archevêché puis l'évêché de Dol comprenait aussi de nombreuses enclaves territoriales lesquelles étaient présentes dans d'autres évêchés d'où le terme enclaves, chaque enclave comprenant un seul et même doyenné ce dernier par définition regroupant plusieurs paroisses. A savoir le doyenné de Dol comprenant les paroisses de l'évêché puis celles enclavées dans l'évêché de Rennes; le doyenné de Bobital regroupant les paroisses enclavées dans l'évêché de Saint-Malo; le doyenné de Coëtmieux regroupant les paroisses enclavées dans l'évêché de Saint-Brieuc; le doyenné de Lannion regroupant les paroisses enclavées dans l'évêché de Treguier. Il faut noter aussi pour l'évêché de Dol le doyenné de Saint-Samson lequel regroupait les paroisses situées en dehors du duché, en Normandie. Toujours pour information voici les différentes paroisses relevant alors du seul doyenné de Dol : Baguer-Morvan; Baguer-Pican; Bonaban; Bonnemain; Cendres; Cherrueix; Cuguen; Dol;Cricifix; Saint-Samson; L'Abbaye; Carfantain; Epiniac ; Hirel; La Boussac;La Chapelle aux Fitzméens; La Fresnaie; Pleudihen dont la trève de La Vicomté sur Rance; Lanhélin, Lanvallay; Le Tronchet; Le Vivier; Lillemer; Meillac; Miniac-Morvan; Mont-Dol; Pleine-Fougères; Plerguer; Plesder; Plesguen de Saint-Pierre; Pleudihen; Pleugueneuc: Roz-Landrieux; Roz sur Couesnon; Sains; Saint-Broladre; Saint-Georges de Grehaigne; Saint-Guinoux; Saint-Helen; Saint-Léonard; Saint-Marcan; Saint-Samson de L'Isle; Saint-Solen; Tremeheuc; Tressaint ; Tressé; Vildé-Bidon; Vildé la Marine.

     

    1090 -1148

    Alain de Dinan-Bécherel

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreAlain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

     

     

     


     

    et l'église de Saint-Sauveur de Dinan

     

    Pêcheries

    1131. Charte citant  la donation de l'église de Saint-Sauveur de Dinan à l'abbaye de Saint-Jacut de l'Isle par Alain de Dinan, citation faite en la sentence rendue par Donald, évêque de Saint-Malo. Cette charte sera rédigée suite à un litige ayant opposé le Grand Monastère de Marmoutier aux moines de l'abbaye de Saint-Jacut. Ce litige portait sur des droits de pêcheries accordés hier par Geoffroy de Dinan à l'église de Saint-Malo de Dinan, droits spoliés quelques années après par les moines de l'abbaye de Saint-Jacut. L'emplacement géographique de ces pêcheries sur cette sentence rendue n'est pas précisé. La transcription de cette charte est un peu plus bas dans ce présent chapitre...

     

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

    Le Portail. Lithographie de Landais et Oberthur à Rennes. Atelier de Hte La Fosse, architecte. Monographie de l'Eglise de Saint-Sauveur de Dinan de Hte Bezier La Fosse. Edition originale de 1847.

     

     

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreAlain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Bas côté roman bizantin des XI-XII siècles au midi.                                           Portail à occident

     

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreAlain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

     

     

     

     

     

     

    Lithographie même référence. Le mur méridional roman de la Nef à gauche.  A droite la partie inférieure du Portail aux fines colonnettes. La première chapelle, à gauche sur la photo de droite, aujourd'hui n'existe plus.

     

    Voici, avec son unique bas-côté assis au Sud, la très belle église Saint-Sauveur de Dinan laquelle est devenue, depuis quelques années déjà, une basilique, notre basilique. Avec ses trois arcades majeures, symbolisant le Père, le Fils et le Saint-Esprit, ce sanctuarire dédié à la Ste-Trinité fut édifié très probablement au 12ème siècles, après l'an 1100, cela peut-être dès le lendemain de la première Croisade laquelle se déroula entre 1096 et 1099. L'année1099 sera l'année en laquelle Jérusalem sera prise par les croisés pour la première fois. Geoffroy 1er de Dinan nait vers 1060 et Riwallon de Dinan, son frère puisné, l'initiateur présumé de la construction de cette église, doit naître quant à lui entre 1060 -1070. Ayant participé à la première croisade, âgé aproximativement de 30 ou 40 ans, Riwallon a peut-être pu assister à l'achevement de ces travaux religieux puisque cette église est déjà citée avec son cimetière en une charte rédigée en 1123. Cette charte relatera au lendemain de la mort de Geoffoy 1er, son frère aisné, la division de la seigneurie de Dinan établie entre les deux enfants héritiers de celui-ci, Olivier II et Alain de Dinan, tous deux neveux de Riwallon. Cet ccord fut établit entre Olivier II de Dinan et l'évêque de Saint-Malo. Lors de cette division en deux parts égales de la seigneurie de Dinan le plateau oriental, sur lequel s'étire aujourd'hui la commune de Lanvallay, semble avoir été indépendant de la seigneurie de Dinan puisque les terres implantées sur ce plateau, posionnées de l'autre côté de la Rivière de Rance, relevaient directement quant à elles de l'archevêché de Dol et non de l'évêché de Saint-Malo de l'Isle. (...que les moines de Saint-Malo [ici Saint-Malo de l'Isle] tiennent avec le cimetière la partie du castelli qui a été attribué à Olivier et que les moines de Saint-Jacut, en paix, l'église de Saint-Sauveur avec le cimetière et la paroisse de la partie du castelli accordée à Alain...) Il est possible toutefois que cette église ne fut pas entièrement terminée en 1123 ses travaux ayant été dans ce cas entièrement achevés sous le règne seigneurial du neveu de Riwallon, Alain de Dinan-Becherel. Alain sera en effet le nouveau seigneur de cette paroisse celle-ci étant née quelques années plus tôt suite à la scission faite de la seigneurie de Geoffroy de Dinan son père. Puis des siècles passèrent. L'église de Saint-Sauveur de Dinan fut très fortement modifiée au 15ème dans sa structure même puisque sa reconstruction, en architecture gothique, fut décidée par la Fabrique de la Paroisse, cela dès l'année 1480, presque 4 siècles après son édification. En cette même année 1480 en effet la côtale nord romane et originelle sera entièrement déposée et remplacée par la côtale gothique, côtale que nous pouvons toujours apprécier de l'intérieur aujourd'hui. La modification du Narthex, dans sa partie supérieure, partie comprenant la magnifique et immense verrière date-elle, elle aussi, de cette même fin du 15ème siècle ?  

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      Lithographies même référence.                                                 Le mur Septentrional en 1847 à la maison accolée.

    Faite en ganit de Querinan les murs les plans anciens sont eux aussi d'une grande beauté. En regardant au dessus en la partie romane du Portail peut-on imaginer de nos jours la présence hier des deux éléments celestes absents en son dessous; à savoir l'Aigle de Saint-Jean et l'Homme de Saint-Mathieu ? La Reconstruction de l'église ayant probablement été faite suivant les disponibilités financières du moment sa transformation s'étira sur plusieurs siècles puisque même son clocher et sa tour ne furent tous deux réalisés qu'entre 1605 et 1617, soit au tout début du 17ème siècle. Le 16ème verra quant à lui la réalisation du Choeur puisque  l'assise de ses 4 gros pilliers, pilliers supportant toujours aujourd'hui la tour du clocher,  fut faite en 1557 et 1558 l'un des pilliers comportant sculpté dans sa pierre ces deux dates. Ces dates depuis des temps séculaires commémorent à elles seules le début de la réalisation du choeur de la nouvelle église.           Toujours en travaux d'édification en 1597 le Choeur ne fut couvert qu'au milieu du 17ème puisque sa charpente ne sera entièrement terminée qu'en l'année 1646, l'année 1654 voyant quant à elle la célébration de la première messe [étaient alors trésoriers de la Fabrique de Saint-Sauveur Julien Chertier, Guillaume Ruellan et François Blondeau, trois patronymes présents et très souvent cités dans les registres des bâptèmes du prieuré de la Magelaine du pont à Dinan. Julien Chertier, sieur du Mezeray en Lanvallay, né en 1588, tint très longtemps un journal en lequel il écrivit très régulièrement des informations concernant la ville de Dinan tel le tremblement de terre lequel arriva le 06/07/1640, épisode également enregistré dans les actes de baptêmes de la paroisse. Le six juillet 1640 il y eut dans la ville de Dinan environ les dix heures du soir un grand tremblement de terre et la secousse fut si forte que tout le monde se cru sans ressource la peur fut générale et l'on crut la ville renversée et ses habitants ensouvelis sous les ruines.] . Les finances dans les années qui suivirent durent manquées terriblement puisque la reconstruction de cette église ne fut jamais terminée, problème financier nous ayant permis de garder dans son édification originelle romane toute la côtale sud de cette même église. Depuis cette église est devenue de ce fait, et cela à elle seule, un unique et très beau livre ouvert entre deux mondes d'architectures différentes. Mais il est vrai aussi que ce livre est également ouvert entre deux mondes ayant chacun sa propre définition de la Spiritualité la côtale sud présentant seule ici, dans son architecture épurée,  une très grande sobrité propre à l'architecture romane cela bien sur si nous faisons tous abstraction du rajou tardif de la petite chapelle rayonnante qui en cet endroit la dissèque.

     

     Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreAlain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère Sous la grande verrière les deux animaux romans symbolisant les deux évangelistes Luc et Marc, le taureau et le lion ici tous deux ailés. Il manque toutefois l'aigle de Saint-Jean et l'Homme pour Saint-Mathieu. Que sont-ils devenus ? Ces deux animaux encadrent tous deux la représentation d'un vieux visage avec bonnet, aux joues tombantes et moustachu. Quel personnage cette scupture était-elle sensée représenter ? Est-ce Riwallon de Dinan,  Alain ou bien le grand architecte de l'édifice ou bien un simple notable bourgeois? Cette représentation est-elle originelle au porche roman ? A noter aussi deux têtes animalières situées au dessus des deux arcades latérales.

     

     Ici, à la place de ce qui aurait dû êtreAlain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreAlain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère deux petites portes latérales se trouvent positionnés debouts et romans, sous des dais et ayant chacun sa propre petite arcature, peut-être les quatre évangélistes surmontant des animaux. Connaissant le Taureau et le Lion quels peuvent bien êtres les deux autres animaux terrestres ? Ces animaux ne seraient-ils pas à ce titre tous les quatre que des Lions ? Les personnages aux visages mutilés sont-ils aussi à ce titre les quatre même évangélistes ? Les deux dais situés à droite sont beaucoup plus ouvragés l'un représentant l'Agneau Pascal sous la Croix du Christ accompagné de la Tour de Babel; Son personnage en dessous ne serait-il pas celui de l'apôtre Saint-Jean Baptiste ? Deux colonnes là aussi sont torsadées pouvant rappeler étrangement, dans leur propre enroulement, une certaine architecture mauresque. L'ensemble des colonnes, de part et d'autre de ces quatre personnages, sont toutes surmontéees d'un châpiteau représentant chacun soit une scène de la Génèse soit une scène en rapport avec les châtiments corporels de l'Homme. Les châtiments de la femme sont représentés par les châpiteaux situés à l'arcade sud; ceux de l'hommes sont représentés quant à eux en les châpiteaux de l'arcade Nord. Au dessus et sur le pourtour de l'Agneau Pascal nous pouvont ainsi appercevoir, sous le regard d'un visage peut-être déifique, l'arbre de la Génèse, le pécher de l'avarisme, le Serpent enlacé tenant la Pomme, deux lions adossés etc. Les grandes sculptures propres aux personnages et aux animaux au 16ème siècle ont été mutilés probablement pendant les troubles religieux lesquels ont connu en la ville de Dinan aussi des heures emplies de violence et de vandalisme. En 1562 furent emprisonnés en effet, en la prison de la ville de Dinan, 4 personnages lesquels faisaient pourtant partie de la bourgeoisie de la ville, les deux frères Macé et Richard Hamon et les deux frères François et Thomas Mouton, patronymes très souvent cités tout au long du 17ème siècle dans les actes de baptêmes du prieuré du Pont à Dinan. Il faut ici ne pas oublier que la plus part des grands bourgeois de la paroisse de Saint-Sauveur de Dinan seront tous très souvent présents autour des fonds baptismaux du prieuré de la Magdelaine du Pont et cela très probablement dès le tout début du 17ème puisque la plus part furent soit Trésorier de cette église, soit Directeur de l'Hôpital ou son Econome aussi, soit Avocat ou Procureur royal à Dinan etc. Il en sera très probablement de même aussi tout au long du 16ème siècle puisque dès l'année 1523 nous rencontrons l'un de ces mêmes patronymes, Lechapellier pour ne pas le citer, comme étant le Trésorier de Saint-Sauveur en cette même année 1523 [...Sainct-Saulueur de Dinan, faicte a maistre Jehan Herpin, recteur de Medreac, chanoyne de Sainct-Malo de l'Isle et auditeur des comptes en l'archidiaconé de Dinan de meptre et extroyre les fondations et dotations des chappelenys de la dicte eglise et auxcy des obits fondés comme cy après sera desclayré, laquelle requestre ouyce lui fut accordée et fut faicte injonction à Jehan de la Haye, sieur de Villemilcent, Pierre Bronc, Jehan Lechapellier, lors thesauriers de la dicte fabricque pour l'an mil cinq centz vingt et sept començant...]. A la gauche de Nartex et adossé à celui-ci, éclairant l'intérieur de la petite entrée, se trouve une belle baie laquelle, vu de l'extérieur, positionne le bas côté Nord Renaissance, seul bas côté puisque les travaux ici en cette église ne furent jamais terminés.

     

    Quelques mots sur Alain de Dinan et ses seigneuries

    Geoffroy 1er  de Dinan père d'Alain, né vers 1060, sera encore en vie en 1123, année en laquelle Geoffroy donnera à la Grande Abbaye de Marmoutier ses deux manoirs anglais d'Helfort et de Notuella. Cette donation sera faite en l'église de Saint-Malo de Dinan, les mains jointes au dessus de l'Autel. Geoffroy 1er ne paraitra plus jamais dans aucune autre charte au lendemain de cette même année 1123. Plus tard, vers 1150-1160, Geoffroi II de Dinan, fils d'Olivier II, petit-fils de Geoffroy 1er et neveu d'Alain fera édifier, en la même seigneurie de Helfort ou d'Helpefort, une abbaye nommée Abbaye d'Helfort Geoffroy II confirmant également en 1179 les aumosnes que feux ses parents avaient fait en faveur de l'abbaye de Saint-Jacut. Absente en Angleterre sous le roi Guillaume de Normandie au lendemain de la bataille d'Hasting, puisque les seigneurs de Dinan ne sont point cités dans le Domesday-Book, la famille seigneuriale de Dinan est donc à l'inverse présente en Angleterre dès les premières années du règne du dit roi Henry 1er. La famille seigneuriale de Dinan semble avoir été elle aussi l'une de ces nouvelles familles seigneuriales lesquelles ensemble, dans le début du 12ème siècle,  ont su former une nouvelle classe sociale seigneuriale prédominante en Angleterre. Parmi ses familles seigneuriales nous pouvons citer les maisons seigneuriales de Fougères, de Mortain ou de Vitré. Certaines cependant sont citées dans le Domesday-Book  dès la fin du 11ème siècle et cela à l'image des seigneurs de Montfort lesquels ont eu pour parent premier Raoul de Gaël (1) 1er ce dernier ayant recu au lendemain de la bataille d'Hasting, en 1066, des mains propres de Guillaume le Conquérent, pratiquement tout l'Est de l'Angleterre. Raoul de Gaël possédera ainsi et en autre les grands comtés de Norfolk et de Suffolk. Seigneur aussi de Gaël et de Montfort, près de Rennes, ce seigneur breton sera l'un des plus riches propriétaires terriens au lendemain d'Hasting. Il en ira de même aussi avec les différents neveux d'Alain III duc de Bretagne, tous fils d'Eudes de Penthièvre lesquels, tous beau-frères présumés d'Olivier 1er de Dinan successivement posséderont des terres très étendues dont notamment l'Honneur dit de Richemont seigneurie assise dans le futur duché d'York (2). Certains Pipe Rolls implantent Alain 1er de Dinan dans les comtés de Bedfordshire, de  Gambridgeshire, de Northamptonshire, de Hamshire, Cornwall, Dorset, Hertfordshire ou encore de Huntingdonshire, le Devon et le Somerset. La famille seigneuriale des sénéchaux de Dol, les Fitzflaad, cela au travers d'Alain fitzJordan fut elle aussi très largement possessionnée en Angleterre puisque quant Alain fils de Jourdan fit édifier l'abbaye du Tronchet, près de Dol, il offrit à la même abbaye et cela en donnation des terres anglaises alors lui appartenant de droit. Déposée à la Librairie royale le Cartulaire de la famille seigneuriale des Dynham contient une charte laquelle est assez éloquente présentée qu'elle est par Olivier de Dinan vers 1190 : [de tota terra quam pater meus Galfridus de Dynham tenuit in Britannia et in Anglia scilicet quod tota terra quam predictus Galfridus pater meus tenuit in Britanniam quieta remanebit imperpetuum mihi et heredibus meis , tota vero terra quam idem pater meus tenuit in Anglia quieta remanebit imperpetuum predicto Olivero avunculo meo et heridibus suis. Traduction : Sur l'ensemble des terres que mon père Geoffroy de Dinan possède en Bretagne et en Angleterre, à savoir toute la terre que mon père tient en Bretagne sera à moi et à mes héritiers, pour toujours et dans la tranquilité quant toute la terre que mon père possède en Angleterre, pour toujours et dans la tranquilité sera à mon oncle Olivier et ses héritiers].

    Alain de Dinan deviendra peu après 1123 [cela suite au partage de la seigneurie de Dinan laquelle fut donc faite entre lui même et son frère Olivier II de Dinan, au lendemain même de la mort de Geoffroy 1er de Dinan leur père à tous deux] le seigneur de toute une nouvelle seigneurie laquelle étendra son étendue, au lendemain de cette division seigneuriale, entre la paroisse de Saint-Sauveur de Dinan et les terres de Bécherel. Sur celles-ci Alain fera construire le château dit de Bécherel. Seigneur de Léhon aussi, neveu de Riwalon dit le Roux [celui-là même qui participa en 1096 à la première croisade, celui-là même qui fit commencer l'édification d'une nouvelle église paroissiale positionnée en face de celle de Saint-Malo de Dinan, à savoir celle de Saint-Sauveur de Dinan], Alain procèdera très probablement aux derniers travaux de construction de cette même église devenant, suite à ce même partage seigneurial, seigneur à part entière de cette nouvelle paroisse [la première croisade s'étant déroulée en 1096 et 1099 les premiers travaux d'édification de cette nouvelle église semble donc avoir été commencés au tout début du 12ème siècle, vers 1100-1110. La présence d'un cimetière déjà existant et propre à cette église, en 1131, semble pouvoir nous confirmer de l'existence même d'une paroisse ici même et cela dès les premières heures de l'édification de cette même église]. La charte ci-dessus rédigée en 1131 confirme le fait qu'Alain de Dinan-Becherel, dit aussi Alain de Richemont ou Alan of Becherel, donnera bel et bien la nouvelle église commencée et le cimetière de la paroisse de Saint-Sauveur, donc les dîmes seigneuriales relevant de cette même église aussi, aux moines de l'abbaye de Saint-Jacut de l'Isle. Alain, à l'instar de son père Geoffroy, à l'instar aussi et de ses frères Olivier et Josselin, participera lui aussi au "Lendemain" de la bataille d'Hasting puisqu'il prendra fait et cause pour Etienne de Blois lorsque celui-ci s'opposera à Mathilde l'Emperesse, fille d'Henry 1er roi d'Angleterre. Cela se fera lors de la guerre de sucession laquelle éclatera en ce royaume au lendemain de la mort de ce roi [Alain de Dinan sera un seigneur pro anglais par les possessions acquises hier par son père en Angleterre, à savoir les possessions des manoirs de Helfort et de Notuella que Geoffroy 1er de Dinan reçu personnellement au lendemain du couronnement d'Henry 1er d'Angleterre, roi sacré en 1100. Alain nait très probablement vers 1090; en effet, Alain dit aussi de Dinan-Bécherel ou encore Alan de Richemont sera présent en France, en 1113, aux côtés de ce même roi Henry lorsque ce dernier passera à Gisors un traité avec le roi de France, Louis VI dit le Gros, celui-ci reconnaissant, en ce même traité,  toute la région du Maine comme ne relevant seigneurialement que de la seule autorité du roi Henry 1er : Heredes Nicolai Malemayns et Christiana Leddet tenent in Burton de Baronia Alani de Dynant, qui habuit terram illam de dono domini Regne Henrici avi domini Regis Ricardi, qui pugnavit contra Regis francie intra Gysors et Trie. Bien des années plus tôt Alain, alors enfant, sera au côté de son frère Olivier II présent lors de la fondation du prieuré du Pont à Dinan, prieuré fondé par son père vers 1100. Josselin ou Josce de Dinan lequel meurt en 1168, leur frère puisné à tous deux, celui -ci n'étant pas cité lors de la fondation de ce prieuré, semble donc avoir vu le jour beaucoup plus tard que ses deux aisnés, probablement au lendemain de 1110 puisqu'il participera pleinement au conflit successoral ayant opposé Mathilde l'héritière du roi Henry à son cousin Etienne de Blois, conflit ouvert en 1135 au lendemain de la mort d'Henry 1er. Geoffroy Plantagenest, époux de Mathilde, entrera lui aussi en coeur même de ce conflit puisqu'il essayera d'enlever par un siège la ville de Lisieux, en 1136,  avant de s'emparer ensuite des villes Caen, Bayeux; la ville de Bayeux verra combattre sous ses murs, comme fidèle lieutenant d'Estienne de Blois, Alain de Dinan-Becherel lui même. Lors de ce conflit Josce, lequel nait peut-être en Angleterre, prendra à l'inverse de son frère Alain, alors homme quadragénaire, fait et cause pour la dite Mathilde, mère du futur roi Henry II d'Angleterre, devenant capitaine  du château de Ludlow et de ses terres seigneuriales dont il reçu ainsi la garde militaire. Sa fille Hawise de Dinham, enfant née en Angleterre, dans le Shropshire, prendra pour époux Foulques II  Fitzwarin seigneur de Wittington. De leur union naitra Foulques III Fitzwarin lequel, outlaw sous le règne de Jean sans Terre, roi fils du feu roi Henry II, sera l'une des origines de la légende de Robin Hood. Peu après le décès de Josce de Dinham survenu vers 1166,  lors de sa succession sera présente sa seconde fille Sybille et son mari, Hugues de Plugenet , de Plukenet ou de Pleugueneuc, terre sise en Bretagne, mais sera aussi présent William de Lanvallei alors sénéchal de Rennes. Ayant vu son château de Ludlow repris par la force des armes Josce de Dinan recevra plus tard en compensation, offert par Henry II, les terres et manoir de Lambourn terres et manoirs situés dans le comté du Berkshire lesquels terres et manoir seront reçu au lendemain de sa mort par Foulques fitzwarin l'époux d'Hawise sa fille]. Alain de Dinan-Bécherel de son union supposée avec Alienor de Penthièvre, soeur d'Agnorie la propre femme de son frère Olivier, sera père de deux enfants, à savoir Emma (ou Agnoria aussi) et Rolland de Dinan. Emma prendra pour époux Robert de Vitré et de cette union naitra Alain dit de Dinan-Vitré lequel sera choisi par son oncle Rolland ci-dessus pour lui succèder à la seigneurie de Dinan-Becherel puisque Rolland, sans héritier, le choisira pour seul héritier légitime (Dignum etc.Ego Rollandus de Dinanno concedente Alano de Vitreo nepote meo post obitum meum terrae mea haerede futuro...) . Rolland sera l'un des plus grands capitaines de Bretagne luttant ouvertement contre le roi Henry II d'Angleterre lorsque ce dernier prendra directement la direction politique du duché de Bretagne au nom de son fils Geoffroy, enfant encore mineur mais promis en mariage à Constance de Bretagne, Constance fille de Conan IV duc de Bretagne et de Marguerite d'Hundigdon princesse anglaise. En opposition ouverte avec Henry II ce dernier l'assiègera en son château de Léhon qu'il prendra et qu'il fera démolir en 1168 [le château actuel de Lehon est la reconstruction de ce même château lequel fut reconstruit au lendemain de cette bataille par Rolland lui-même]. Au cours de ce conflit Rolland perdra une grande quantité de ses fiefs anglais hérité de son père Alain; ayant toutefois rendu hommage au roi Henry II après cette lutte guerrière livrée,  fidèle à son sermont prêté, Rolland [Après ou avant d'avoir offert les dimes de l'église de Plouasne au Grand Monastère, le jour même qu'il fit de son neveu Alain de Vitré son héritier, Rolland fera édifier au pied oriental du château de Becherel un prieuré lequel prendra le nom de Prieuré de Becherel. Lors de la fondation de celui-ci Rolland, dit fils d'Alain, le placera sous l'autorité première du Grand Monastère de Marmoutier. En 1170 il fera édifier en présence de son neveu Alain et de Pierre de Dinan aussi, son parent, moine du Grand Monastère, une seconde abbaye assise quant à elle en la paroisse de Mégrit. IL fera cela après avoir offert en 1163 sa terre dite de Beaulieu aux chanoines réguliers. Assise sur cette terre hier lui ayant appartenue l'abbaye de Mégrit prendra pour nom l'abbaye de Beaulieu. Cette abbaye fut édifiée proche de Jugon, terre en laquelle Geoffroy de Dinan son ancestre avait déjà fait édifier un prieuré. Note : Pierre de Dinan deviendra évêque de Rennes de 1199 à 1209, année de sa mort, après avoir été aussi archidiacre de Westrig en la cathédrale de York. Homme d'église moine de Marmoutier, prieur de Combourg en 1167, Pierre sera en autre le frère d'Olivier III de Dinan celui-là même qui sera présent à Dinan lors de la fondation du prieuré de Saint-Malo de Dinan, celui-là même qui se fera moine en ce nouveau prieuré. Lire le chapitre : 1120-1177. La charte de la fondation du prieuré de St-Malo de Dinan] deviendra pour ce même roi sénéchal de Bretagne, fonction laquelle demain sera reprise pour le même roi par son neveu Alain de Dinan-Vitré. Alain toutefois entrera en conflit contre le fils héritier d'Henry, le roi Richard, prenant entre autre aussi fait et cause pour le roi de France Philippe-Auguste puisqu'il manquera, lors d'un combat livré au corps à corps, de tuer le roi Richard. Cela se déroula à Aumale, en Normandie, en 1197 [Richard avait fait procéder à l'enfermement de la duchesse de Bretagne, Constance, épouse de feu son frère Geoffroy, et mère du jeune prince Arthur de Bretagne. Cet ordre fut éxécuté en personne par Raoul de Chester le propre nouveau époux de la duchesse Constance. La mort de Raoul ou Ranulf de Chester, mort survenue avant 1199, permettra à Constance de se marier, cela pour la troisième fois, avec Guy de Thouars lequel, ainsi, sera l'aieul de Jean 1er duc de Bretagne dit Jean le Roux]. Cet enfermement provoqua le soulèvement de toute la noblesse du duché de Bretagne. Uni à Clémence de Fougères Alain de Dinan-Vitré, mort quelques mois seulement après son combat livré à Aumale, sera le père de Gervaise de Dinan dite Dame de Lehon [Alain de Dinan-Vitré assistera en 1177 à une donation que fit Geoffroy Boterel dit le Jeune à l'abbaye de Saint-Aubin des Bois]. Ci-dessous voici maintenant cette charte confirmant la donation de l'église et cimetière de Saint-Sauveur de Dinan qu'Alain de Dinan-Becherel offrit aux moines de Saint-Jacut :

     

    Voici cette charte

    In nomine Patris et Fili et Spiritus Sancti, ego Donaldus, Dei gratia Aletensis episcopus, presenti scriptio notificare curavi qualiter Majoris Monasterii monachi de consuetudine piscium quam dominus Gaufredus de Dinanno esi dederat, et monachi Sancti Jacuti invaserant, in presencia nostra nec non et venerabilium cardinalium Willelmi Prenestini episcopi, Johannis Cremensis cardinalis presbiteri Guidonis diaconi itidem cardinalis, Ulgerii Andegavensis, Hamelini Redonensis episcoporum , abbatum etiam , Odonis Majoris Monasterii, Mainonis Sancti Jacutii , Gaufredi Vindocinensis , Petri Sancti Sergii, Gualterii Trecensis , egerint et ab eisdem personis ex precepto domini pape Innocentii adjudicatum suerit , jussione se quidem domini pape cum reverentia nominandi Honorii inter prefatos monachos de ecclesiis de Dinanno concordia facta fuerat , de qua utrique parti apostolice littere  facte et date sunt. Quam tamen monachi Sancti Jacuti non tenebant lectis itaque concordi e litteris a prefatis venerabilibus cardinalibus et episcopis, Urgerio videlicet Andegavensi qui Rome concordie facte interfuerat et Hamelino Redonensi, adjudicatum est ut Majoris Monasterii consuetudinem piscium et omnia que ante concordiam habebant in perpetum quiete possideant , exceptis  dumtaxat his que in concordie litteris monachis Sancti Jacuti de nominatim concessa, ecclesia seilicet Sancti Salvatoris cum , et juribus parrochialibus ad eam pertinentibus in parte tantum que cedit Alano. Huie definitioni et judicio exceptis prefatis personis intersuerunt : De Hugo de  clericis Alureus Turonensis archidiaconus, Hugo de Lavarzino , Cenomanensis archidiaconus, Buamundus Andegavensis archidiaconus , David Aletensis archidiaconus, Riwallonus Redonensis archidiaconus, Tiso Nannetensis archidiaconus, Gobio et Heuveus Sancti Martini Turonensis canonici,  Johannes Lugdunensis, Ricardus nepos Aletensis episcopi. De monachis Majoris Monasterii, Tetbaldus de Columbis, Hugo Hospitalarius, Rainaldus de Castrogunterii prior Carnoti, Laurentius bajulus , Guarnerius armarius, Bernerius Sparnonensis prior. De aliis Fromundus prior Vindocinensis, Rogerius ejusdem monasterii monachus. De laicis Paganus Camerarius et Johannes Hadvise et alii plures utriusque ordinis quos pro multitudine enumerare perlongum est. Hoc etiam nobis domino papa et a cardinalibus injunctum est ut si monachi Sancti Jacuti contra per finitum  judicium piscium consuetudinem invasere presumerent, de invasoribus plenariam justiciam faceremus. Actum Remis in palatio archiepiscopi sexta feria concilii celebrati sub eximio ac reverentia digno papa Innocentio.

    Traduction : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, je Donald par la Grâce de Dieu evesque d’Aleth, par le présent écrit notifie, par mes soins, comment les moines du Grand monastère ont Coutume des pêcheries que le seigneur Geoffroy de Dinan avait, et que les moines de Saint-Jacut ont envahi, en notre présence ou non et en celle du vénérable Cardinal Willelmi Prenestini évêque, Jean Cremensis prêtre du Cardinal, Guy diacre aussi du Cardinal, Ulgerin d’Anger, Hamelin évêque de Rennes, aussi ses abbés, Eudes du Grand Monastère, Main de Saint-Jacut, Geoffroy Vindocinensis, Pierre de Saint-Serge, Gualterii de Troyes, et fait par ses mêmes personnes sur les ordres voulus de sa Seigneurie le Pape Innocent , le Pape ordonne en effet avec respect la nomination d’Honorii entre les dits moines (ceux du Grand Monastère) de l’église de Saint-Malo de Dinan pour que puisse se faire l’accord entre ces deux parties par lettre apostolique datée. Néanmoins les moines de Saint-Jacut non pas respectés la lettre d’entente du dit vénérable Cardinal et évêque, à savoir l’accord de Rome passé entre Urgerio d’Anjou et Hamelin de Rennes, lequel (accord) a adjugé au Grand Monastère les Coutumes de pêcheries ainsi que tout ce qui précédait cet accord, pour tranquillement toujours posséder cela à l’exception de ce qui ait dans la lettre d’entente expressément accordé au nom des moines de Saint-Jacut, à savoir aussi l’église de Saint-Sauveur (de Dinan) avec son cimetière et les droits de cette paroisse qui s’y rapportent, (à savoir) la partie seule que donna Alain (de Dinan). Cette terminaison et jugement pour toutes les personnes mentionnées ci-dessus y compris : Alureus archidiacre du clergé de Tours ; Hugues de Lavarzino archidiacre du Mans ; Buamundus archidiacre d’Anger ; David archidiacre d’Aleth ; Riwallon archidiacre de Rennes ; Tiso archidiacre de Nantes ; Golio et Hervé canons de Saint-Martin de Tours ; Jean de Lyon ; Richard petit-fils de l’évêque d’Aleth ; les moines du Grand Monastère ; Tetbaldus de Colombes ; Hugues Hospital ; Rainaldus de Castrogunterii prieur de Carnoti ; Laurent porteur ; Guarnerius chevalier ; Bernard Sparnonensis prieur ; Fromendus prieur de Vindocinensis ; Roger moine du même monastères ; les laïcs Payen Camerarius et Jean Halvise et beaucoup de plusieurs ordres que vous considérez comme une multitude de longues listes à énumérer. Ceci est imposé par notre Pape et ses Cardinaux aux moines de Saint-Jacut pour finir le jugement des Coutumes de pêcheries, à supposer qu’elles soient attaquées, pour rendre pleinement justice à l’agressé. Fait par Remi dans le Palais de l’archevêché le sixième lundi en le célèbre Conseil avec l’extraordinaire vertu et révérence dues au Pape (Le pape Innocent II lequel régnera de 1130 à 1143. Ce concile se tint en 1131. Concil.Reg.Coll.XXVII.III)

     

     

    L'intérieur de Saint-Sauveur de Dinan

     

    Autres chartes complémentaires relatives à Rolland de Dinan fils d'Alain

     

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreAlain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

     

    L'intérieur de l'église Saint-Sauveur de Dinan. De part et d'autre de l'unique porte principale, au derrière du narthex roman, se dresse aujourd'hui sans utilité apparente deux colonnes romanes dont celle de droite, accolée à la grande porte, contient taillée dans sa pierre la représentation de deux dromadaires, probable vaste souvenir de la présence chevaleuresque de Riwallon [Rolland] lors de sa présence personnelle à la première croisade. Supportant un départ de pierre, à la droite des dromadaires, un visage scuplté semble vouloir sans fin pousser un long cri silencieux dans un O parfaitement dessiné. A noter toutefois, sous le regard des deux dromadaires en vis à vis, la présence sculptée d'une fleur de Lys, emblême entre autre de la royauté française; que peut-elle bien vouloir signifier ici en la pierre de ce châpiteau roman ?

     

     

     

     

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreAlain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreL'art Roman et l'art Gothique. Le mur roman, ici aux arcatures multiples, est surmonté de fenêtres en plein cintre dont les cintres sont en appui sur de fines colonnettes ouvragées. La porte de la Chair aujourd'hui est aveugle; hier, donnant sur l'extérieur, elle assista à la comdamnation de son débouché. Ce mur roman fut au 15ème siècle lui aussi partiellement profané par la réalisation d'une chapelle l'ayant éventrée. A gauche sur le terrain, adossée au Narthex, face au Choeur, se trouve être la côtale gothique réalisée au 15ème siècle en remplacement du mur nord roman originel.

     

     

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    Les murs intérieurs aux Midi et au Nord. En 1847 les arcades pleines ont reçu des peintures dites en "Grisaille". Réalisées pour quatre d'entre elles par monsieur Jamet elles représentaient toutes respectivement la Samaritaine; la Femme Adultère; la Sainte-Famille; les Marchants du Temple et Daniel dans la fosse jeté aux Lions.

     

     

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreAlain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreLe bas côté gothique sous deux éclairages différents. Ces deux photographies sont très explicites pour nous faire comprendre le principe même des arcs de voutes, pour nous montrer aussi toutes les différérences de luminosité pouvant exister entre l'art roman et l'art gothique

     

     

     

     

     

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    La Choeur en 1847 avant la réalisation de son Autel. A droite l'extérieur du Chevet regardé en son Nord. Lithographies mêmes références.

     

    Edifié au transept de l'édifice le Choeur de l'église fut commencé le 21/08/1507 et cela 50 ans avant que les quatre pilliers devant supporter le clocher soient posés, cela en 1557. Le Choeur fut donc réalisé avant le dit transept... Mil 557 et 58 Phi.Deduit, P.Dubouays, Re.Labert, T.Artur, Guy Ravenel Fabriqueurs thésauriers ont fait asseoir cestz quatre pilliers - Le XX et un jour du mois d'aougst sans faire sejour ce beau cueur  firent comacer les trésoriers qlx ece  pilier sont nomez coe vous pourez lire Guill. Picot , Guy de Saint Cire , Xgn Tourondel , Geoffroy Roquet  et fut en lan mil Vcc sept par le meste de cestuy art con apelloit Roll.Bougnart. [lire Guillaume Picot et Christophe Tourondel]

     

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    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreAlain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreSaint-Sauveur et ses vitraux. Les ateliers de Louis Barillet, Lechevallier et TH.Hanssen, tous trois associés réalisèrent vers 1949 certaines des vitres de l'église. A gauche, dans la chapelle des Confréries, leur travail est un émouvant travail de mémoire pour l'ensemble des différentes confréries lesquelles, ici même et hier à Dinan aussi, possédaient toutes leur propre chapelle. Cette vitre montre en effet certaines de ces confréries ayant possédées en ce Lieu Saint leur propre siège. Ainsi sont représentées en leur travail commun les confréries des Cordonniers ayant pour patron St-Crespin, la confrérie des Apothicaires et Saint-Roch, la confrérie des jardiniers représentés par Saint-Fiacre. La parti supérerieure de la verrière est originelle et possède en sa partie la plus haute les vitraux les plus anciens de l'église, vitraux que certaines sages personnes font remonter au 15ème siècle. A droite le vitrail des évangélistes représentant Saint-Maturin, Saint Armel, Saint-Yves et Saint-Brieuc, chacun de ces Saints étant accompagné d'un épisode relatant la vie du même Saint-Mathurin. Ce vitrail entier est aujourd'hui le plus ancien de l'église de Saint-Sauveur malgrès le fait qu'il ne porte aucune date et inscription patronymique; ce vitrail serait peut-être le dernier des vitraux restaurés vers 1850 par le maitre-verrier René Echappé lorsque celui-ci entrepris, dans la seconde moitiè du 19ème, une restauration importante de certains des vitraux du 15ème siècle.

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    Au transept Nord l'ancienne chapelle de Saint-Crespin en laquelle, jusqu'à la Révolution,  les ouvriers du cuir possédaient le siege de leur confrérie. Ici repose les Coeurs de Bertrand du Guesclin et celui de son épouse, Tiphaine Raguenel. Le coeur de Messire Bertrand, retrouvé en 1804 au sein même de l'église des Jacobins de Dinan, fut transféré en ce lieu le 24/08/1804 sur la demande de monsieur Néel de la Vigne alors maire de Dinan.Si le mausolé du 19ème siècle à Dinan ne possède aucune qualité spécifique, cela pour l'historien M.E. Monier, les lames noires comportant dans leurs textes respectifs les épitaphes de sa vie, la lame funéraire du Puy et celle de Saint-Sauveur de Dinan, sont originelles et belles . Voici pour celle du Puy : [Cy gist tres noble he a vaillat messire Bertrad Claikin conte de Logue ville jadis connestable de france. L tres passale XIII jour de uillet  l'an mil CCCLXXX .] Et maintenant pour la lame de Dinan : [Cy gist le Cueur de missire Bertrand du Gucaqin en son viuat conestable de Frace qui trespassa le XIII jour de uillet lan mil III IIIIxx dont son corps repose avecques ceulx des Roys a Sainct Denis en France]. Le vitrail de cette verrière relatant la Crucifixion et la Vierge Marie comporte quant à lui la date de 1810; cette verrière est l'oeuvre aussi du maitre-verrier Barillet même si en sa partie basse, à gauche, en le prédelle, il fit inscrire en effet la date de 1810 cela probablement en témoignage de la translation du dit coeur de Bertrand. Voici une fondation rédigée avant Juillet 1380 que Bertrand du Guesclin fit en faveur de l'église de Saint-Sauveur de Dinan : [Messire Bertram de Glesquin conestable de France fonda en l'église de ST-Saulueur de Dinam pour le salut de son axme et ses predecesseurs troys messes a être dictes par troys jours de la sepmaine c'est assauoyr le lundi, le mardi, le vendredi à l'aultier Saint-Saulueur par ung chappelein, y donet et fere les prières au bout de l'aultier pour ledit fondeur comme il appartient, et en cas de deffault de chaiscune messe desdits troys jours ledit chappelain est tenu poyerà la main des tessoriers le numbre de doze deniers pour réparation comme dict est, et recouprer la messe lendemain. Et celle chappelainie est en la donaison du seigneur de Bron qui fut doné en l'an de grace mil troys cents cinquante ouict].

     

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreAlain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreChapelles absidiales de Saint-Sauveur, chapelles aux fines nervures entrelacées ornant et supportant leurs voutes de granit. Ces chapelles au 17ème siècle aussi, très souvent, devinrent des enfeux familliaux privatifs en lesquels les grandes familles bourgeoises de Dinan se firent inhumer et cela tout au long de plusieurs générations. Il en ira ainsi des Apurils, des Ferron du Chesne, des Lambert-Ernault ou même des nobles gens Gigot-Mouton lesquels, unis à Lanvallay le 30/06/1614, furent tous deux propriétaires de l'actuel ancien noble logis sis au 18 de la rue de L'abbaye en Lanvallay. Fondé en 1652 au décès d'Olivier mort le 13/09/1652 leur enfeu à tous deux, ouvert ici même en 1845, ne comportait pas moins de 14 cercueils tous en une totale décrépitude [Olivier était par sa mère le petit fils Artur Jan lequel, en 1553, est cité propriétaire au Port de Dinan devant pour cela impôt seigneuriaux au prieur du Prieuré de la Magdelaine du Pont. Ce dernier, né vers 1530 était-il déjà propriétaire de l'actuelle maison sise au 18 de la rue de l'Abbaye ?]. Ce caveau sitôt ouvert  fut aussitôt refermé. Si le sol de l'église de Saint-Sauveur fut depuis entièrement refait, les pierres tombales originelles déplacées et alors souvent réajustées, il n'en a pas été de même pour les chapelles latérales les actes d'inhumations faisant foi pour ces dernières. Elles sont ici toutes en leur emplacement premier et privatif [Les inhumations successives au sein même des églises apportaient des nuissances certaines dues notamment aux odeurs permanentes des corps en décomposition ainsi que des problêmes lies aussi au déplacement permanent des dalles de Sol. Un arrêt de la Chambre du Parlement, émis en 1754,  interdira du jour au lendemain la continuité de cette pratique séculaire hormi pour cette même loi des enfeus et des chapelles prohibitives]. Certains auteurs ont pensé que ces mêmes chapelles, et cela dès leur réalisation, au 15ème siècle, avaient toutes été, aussitôt terminées, l'objet d'achat de droit d'inhumation pour des enfeux privatifs. Les actes du décès des nobles bourgeois Ollivier Gigot et Carize Mouton son épouse, possesseurs tous deux de leur propre chapelle, sont tous deux très clairs sur ce sujet et sans équivoque possible :

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    GY EST LA SEPVLTVRE DE NOBLES GENS OLLIVIER GIGOT ET ZACHARIE MOVTON SA COMPAGNE SR ET DAME LA LANDE. FAI. PA.LEVRS HOIRS

     

     

    - Du vendredi 13 septembre 1652 deceda noble bourgeois ollivier Gigot sr de la Lande du jour de la Magdelaine et fut ensepulturé le jour suivant en ceste église en sa chappelle au Choeur et esté le premier corps ensepulturé de la dite chappelle;

    - Mourut et fut inhumée dans nostre eglise Dame Carize Mouton Dame de la Lande Gigot et mis dans la tombe de leur chappelle le samedi 18. [la date précise est le 18/02/1668]

     

     Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreAlain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand MonastèreToujours au derrière du Choeur ci-contre est la sépulture de Nicolas Lambert né le 05/01/1600 et de Simone Ernault son épouse. Leur neveu et écuyer, Nicolas Lambert, fils de Julien, sera apparenté à Macé Marot procureur fiscal du prieuré du Pont. A ce titre Nicolas, écuyer, né vers 1620, entrera par son mariage contracté avec Jeanne Guérin en possession des Champsguerards terre sise en la paroisse de Lanvallay et venant mourir sur la seigneurie de Saint-Piat, terre toujours existante aujourd'hui et ayant appartenue, vers 1600 au dit sieur Macé Marot. Jean Lambert, frère du dit Nicolas, sera lui aussi propriétaire d'une grande propriété assise en la rue du Four, au port de Dinan, terre relevant financièrement  de la seigneurie religieuse du Prieuré du Pont. Riche propriétaire auprès du prieuré du pont il sera de son vivant sieur du Pré, syndic de Dinan et doyen des procureurs au Siege de Dinan. Son épouse Laurence Lechapellier naitra au port de Dinan dans l'actuelle maison sise au 39 de la rue de la Madeleine en Lanvallay. Nous voyons très bien ici l'importance sociale de tout un nombre de familles ayant vécues en la paroisse de Lanvallay et au plus près du prieuré du Pont cela tout au long des 16 et 17ème siècles. Cette chapelle appartenait de droit à ce couple l'année 1665 correspondant au décès d'une tiers personne puisque Nicolas Lambert décédera plus tard, le 11/08/1677, à l'âge avancé de 77 ans [ces deux chapelles toutes deux "enfeu famillial" ne posséderont longtemps aucun autel. En effet en l'année 1857 ces deux mêmes chapelles ne sont aucunement encore consacrées et elles sont toutes deux citées pour ne posséder encore aucun autel religieux].

    CY EST LA CHAPPELLE ET SEPre DE NOBLES GENS NICOLAS LAMBERT ET SIMONE ERNAULT SA COMPAGNE SIEUR ET DAe DE LA COUSDRAYE PA.LEURS HOIRS 1665 [lire : chapelle et sépulture de nobles..]

     

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    Les Chapelle absidales des enfeux de la famille Lambert -Ernaut et Gigot-Mouton.  Crédences en pierre du pays.

     

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    Est-ce ici ci-dessus les Armoiries de seigneurs "Ferron de la Ferronnaye" ? [Merci ici à Mr A.N. de m'avoir permis de corriger partiellement  une erreur importante il est vrai. Les billettes ici sans nombre et les 3 anneaux rappellent le sceau de la famille de Ferron de la Ferronnaye lequel est : Six Billettes d'Argent, 3,2,1; au Chef cousu de Gueule chargé de 3 anneaux d'Argent. Geoffroy Ferron lequel sera Capitaine de la ville de Dinan, en 1381, aura pour Armoiries présumées quant à lui une composition composée de Billettes sans nombre à la Bande d'Hermines. Les Billettes sans nombres de ces Armoiries ici photographiées ainsi que la bande d'Hermines apparentent-elles cette famille ici inhumée au seigneurs nés Ferron de la Ferronnaye ?                                                                  Modification apportée le 13/06/2013. Monsieur Arnaud Nyme, très recemment, à eu l'extrême gentillesse de m'apporter un début de réponse et de corriger ici même une nouvelle fois une erreur. Par respect pour sa franchise, et sa gentillesse aussi, je me devais de remettre ici en évidence sa dernière correspondance. Je le remercie maintenant très sincèrement. Voilà son courrier :

    Monsieur.                                                                                                                                                      Concernant l'enfeu des Ferron dans l'église Saint Sauveur de Dinan, les armoiries que vous presentez ne sont pas celles des la Ferronnays. La photo que vous exposez est mal orientée. Si vous l'a tourné à 90 degré a gauche, vous le constaterez. On voit très bien qu'il y a des billettes sans nombres et non 3 2 1 comme chez les La Ferronnays, de plus le blason est brisé avec quatre hermines (que l'on remarque d'aiileurs très bien), caractéristique de la Famille Ferron du Chesne. L'enfeu appartient donc bien à cette dernière.                          En revanche on remarque également trois ronds. Il s'agit en fait de trois roses. Dans le pays de Dinan, il existe une association très discrète, qui effectue un travail remarquable sur l'histoire locale. Vous ne devriez pas avoir trop de mal à la trouver. Elle vous informera sur ce blason, qui est une branche des Ferron du Chesne.           A propos des La Ferronnays avec un S, il y a deux branches les Ferron de La Ferronnays et les Ferron du Quengo. Les armes que vous dévrivez : "Six Billettes d'Argent, 3,2,1; au Chef cousu de Gueule chargé de 3 anneaux d'Argent" appartiennent au Ferron du Quengo, les Ferron de La Ferronnays ayant 3 anneaux d'or!. Il n'existe actuellement plus de représentant de ces familles. Le dernier Ferron du Quengo est décédé en 1905 à Mauron, le dernier La Ferronnays, Henri de Ferron, Marquis de La Ferronnays, Ancien président du Conseil Général de Loire Atlantique comme son père est décédé en 1946. Les deux ne laissant aucun enfant. Arnaud Nyme

     

    Au midi, accolée au transept, à droite du Choeur, la chapelle Saint-François des enfeux de la famille seigneuriale de Ferron contient plusieurs armoiries quadrilobées de cette très vieille famille seigneuriale remontant quant à elle qu'au 13ème siècle, à la 6ème croisade, et cela au travers de Payen Ferron lorsque celui-ci sera présent en 1249 au côté de Guillaume de Lanvallay lors de la réalisation du traite dit de Nymocium lequel eu lieu à Chypre lors de cette croisade qui fut voulue par Louis IX ou Saint-Louis roi de France [la famille seigneuriale de Ferron n'apparait que dans le courant de ce 13ème siècle alors que l'origine de la famille seigneuriale de Lanualei apparait quant à elle avec certitude dès la fin du 11ème siècle. Lire le déroulement du procès d'Abington Lanvallei-Le Bret]. Le prieuré du Pont de Dinan, au 16ème siècle, sera déposé entre les mains religieuses ou autres de certains de ses enfants, à savoir entre les mains de Pierre Ferron prieur de ce prieuré en 1556, oncle de Hamon et, quelques années plus tard, entre les mains aussi de Hamon neveu du dit Pierre, lui aussi prieur de ce même prieuré mais vers 1580. Bertrand Ferron frère du dit prieur Hamon, seigneur du Chesne et de la Mittrie, fermier général en 1568 du prieuré du Pont baillera ou donnera en sous-fermage certains des revenus du prieuré du Pont à Jean Ledean et Laurence Agan, son épouse, tous deux parents de Gilles lequel viendra au monde le 22/06/1571; Gilles Ledean pour parrain aura Gilles Agan alors prieur de l'église paroissiale de Tressaint, hier fief de seigneurs de Lanvallay-Tressaint.

     

     

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    Le Chevet au Nord. Mêmes références. Merci ici à Mr Philippe Busson lequel, très gentiment, m'a prêté ce livre original.

     

     

     

     

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    Acte de baptême de Gilles Ledean. Archives de Saint-Sauveur de Dinan. Image n°126

    Gilles Ledean fils de nobles gens Jehan Ledean et Rollande Agan sa compagne sieur et dame de la Pichonnay a esté baptisé sur les fonds de l'église paroissiale de Saint-Sauveur de Dinan par vénérable et discret messire Jehan Agan recteur de la dite église et l'a tenu sur les saints fonds vénérable et discret messire Gilles Agan prêtre prieur de Tressaint et pour témoins honneste bourgeois maistre Jehan Bertin et honneste bourgeoise Olline Agan et fut le vendredi (?) 22 juin 1571.

    [Gilles aura pour frère Pierre sieur du Vaudrouet celui-ci prenant pour épouse Hardouine Lerenec; Barbe laquelle épousera écuyer Pierre de Tremereuc; Andrée laquelle épousera noble homme Victor Jamet; Julienne laquelle épousera maistre Guillaume Brebel. (Hardouine Lerenec était fille de Macé Lerenec et Françoise Hamon demoiselle du Lesvay tous deux sieur et dame de la Touche en pays d'Evran]

    Ci-dessus le contrat de sous-fermage établit en 1568 entre Bertrand Ferron et Jehan Ledean Archives départementales des Côtes d'Armor. Ce contrat de "sous-fermage" portera sur des dîmes relevant de Miniac ainsi que sur les terres relevant de la métairie de Quincoubre en Pleudihen, biens appartenant au Prieuré du Pont à Dinan et placés sous la responsabilité de Bertrand Ferron alors fermier général en fonction du dit prieuré [21 may 1568. Pour troys ans quy ont comencé des le premier jour de janvier dernier et qui finiront a pareil jour d'iceilx revoluz honorable homme maistre Bertran Ferron sieur de la Meterie fermier du revenu du prieure de la Magdhelaine du pont a Dinan lui garentyra a baille et soubz ferme a messire Jehan Ledean sieur de la Pichonnait present et acceptant les debvoirs de dixmes oblations meugnues  dy quoy le sieur prieur  dicelluy prieuré  ou ses fermiers et soubz fermiers sont fondes a prendre levez et recueillez de chacun an tant par bled aignaulx laines et le fruit de vente bretons et tout aultre quelconcque revenu ordinaire et extraordinaire dont a acoustume de jouir le dict sieur prieur ...   

    Hamon Ferron, prieur du prieuré du Pont, nous sommes alors en aoust de l'année 1576, aura toujours pour fermier général son frère Bertrand  puisque nous voyons celui-ci être reconduit pour une période de trois années pleines et entières dans sa charge de Fermier général Bertrand acceptant de nouveau pour lui même, moyennant bien sur une rente annuelle qu'il verse au prieur son frère, de gérer en totalité le bien foncier de ce prieuré, biens que nous retrouvons assis sur plusieurs paroisses, Lanvallay, Taden, Pleudihen, Crehen, Miniac etc. Bertrand sera donc à ce titre le procureur général et fiscal du prieuré de la Magdelaine du Pont. En 1582 Bertrand ne sera plus le fermier général du prieuré mais sera remplacé à cette fonction "financière" par son frère Guillaume lequel acceptera de prendre en fermage à Hamon, son frère aussi, tous les biens du prieuré pour une période de six parfaites cueillettes, période pendant laquelle le prieur Hamon laissera à son frère la totalité des fruits de son prieuré sans qu'Hamon puisse annuellement rien recevoir; cela se fera ainsi afin qu'Hamon puisse rembourser financièrement à son frère aisné Guillaume tous les frais scolastiques que ce dernier avait volontairement accepter d'assumer pour sa formation religieuse. Soeur de Hamon, soeur de Guillaume, soeur de Bertrand aussi, Jeanne Ferron prendra pour époux le noble bourgeois Rolland Rolland lequel sera l'un des plus riches propriétaires positionnés à la Magdelaine du Pont. Sieur des Croix, terres étendues s'étirant en la paroisse de Lanvallay, Rolland sera aussi sieur de la Croix Verte soit une très grande partie des terres entourant le dit prieuré de la Magdelaine et sieur des Salles également terre assise au dessus de la Rivière au Port de Dinan. Rolland Rolland et Jeanne Ferron auront entre autre pour enfant Guillemette Rolland laquelle prendra pour époux Macé Marot, le propre cousin germain de Raoul Marot des Alleux seigneur de la Garaye, des Alleux, du Petit-Paris et du manoir de la Grand-Cour en Taden. Propriétaires Macé et Guillemette seront tous deux possesseurs de toutes les terres dites du Chemineuf au port de Dinan et des Champsguérard aussi, terres situées quant à elles sur le haut du plateau de Lanvallay, terres venant buter sur la seigneurie des Seigneurs de Saint-Piat; leur pierre tulumaire à tous deux est exposée aujourd'hui en le bas de la rue de l'Abbaye là où hier, au 16ème siècle, se dressait la dite Maison de la Croix-Verte, noble demeure géographiquement appuyée au Prieuré de la Magdelaine du Pont. L'église de Saint-Sauveur de Dinan reçu en ses pierres froides et plates certains des enfants seigneurs en la paroisse de Lanvallay mais Seigneurs aussi autour du prieuré de la Magdelaine du Pont puis que le dit Macé Marot sera lui aussi, à son tour, le procureur fiscal de ce même prieuré. A ce titre les archives de l'église de Saint-Sauveur nous révèlent ainsi certaines de ces chapelles "funéraires" allouées aux sieurs du Colombier [ces derniers auront pour représentant en 1563 Bertrand de Lescu lequel, seigneur du Colombier et de la Sansonnaye, toutes deux terres assises en la paroisse de Lanvallay, sous-affermera lui aussi à Bertrand de Ferron les biens du prieuré] et aux sieurs de Lanvallay aussi. Ces derniers quels étaient-ils ?                                                                                                                                         Sachez aussi qu'en cette églises furent inhumés des parents proches de cette noble famille dont les enfants nés Ferron lesquels sont les suivants : Anne-Marie-Auguste sieur de la Vairie en Saint-Solen jeune homme décédé le 20/04/1718 à l'âge de 23 ans; Marie-Renée-Angélique dlle du Chesne et de la Vairie et épouse de messire Anne-Nicolas Botherel de la Bretonnière. Mariée le 16/02/1722 elle fut en ce saint lieu inhumée agée le 17/01/1783 et fut la mère de René-François-Dinan Boterel de la Bretonnière lequel fut, en 1749, gouverneur des ville et château de Dinan comme le furent d'ailleurs, avant lui son père et aussi son parent et aieul Gille Boterel de La Bretonnière lequel le fut en 1693;  messire François-Louis, chevalier, seigneur du Chesne, de la Vairie, du Boutron, chef du nom décédé en son château de Saint-Carné le 08/10/1766; Pierre-Victor son fils, lieutenant de vaisseau de sa majesté lequel décéda en son château de Saint-Carné le 14/07/1761 à l'âge de 21 ans seulement. 

     

     

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    Le Trésor de l'église de Saint-Sauveur.

    Cette Sainte-image fut envoyée d'Assise en Italie par Saint Bonaventure [Docteur de l'église, évesque, il mourut à Lyon en 1274] à Henry d'Avaugour, seigneur de Dinan et fondateur du couvent des Cordeliers à Dinan lequel couvent fut fondé vers 1260. Faite au 13ème siècle et nommée Notre Dame des Vertue cette Sainte Image sculptée est aujourd'hui en cette église.

     

     

     

    Les chartes

     

     

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    1148. Abbaye de Boquen. Charte de Geoffroy Gouyon et de Rolland fils d'Alain
    In nomine Patris & Fili & spiritus Sancti. Amen Omnibus manifestum sit quod égo Gaufredus Guillelmi Goion filius confirmo donationem quam pater meus fecit J.D.G. Alensis Episc. manifestum est quod Rollandus filius Alani de Dinan monachis cisterciensibus de Boquian concessit suum molendinum de Chemeele  per manum meam quem pater ipsius prius eis dederat pro suae a parentum suorum anima redemptione. Testes fuere Kennacorus Prior praefari loci. J.Halanaus commissus ejus. Gauterius Prior de Leun , Herbertus Capellanus ejusdem loci. Oliverius Gwion. Bertrannus filius alterius. Thomas de Trediarn. Eudo de Guite. Guithonocus filius Normanni, &c, Actum anno Dom. XCXlVIII. Titre de Boquen.

    Traduction : Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Pour que tout soit clair, sachez que moi, Geoffroy fils de Guillaume Gouyon, je confirme les donations que mon père fit. J.D.G. Evesque d'Aleth. Clairement que Rolland fils d'Alain de Dinan concède aux moines cisterciens de Boquen son moulin de Chemeele que son père leur avait donné pour la rédemption de l'Âme de ses propres ancestres. Les témoins sont Kennarocus prieur du présent endroit. J.Halanus son comis. Gautier prieur de Leun (Lehon). Herbert aumosnier du même endroit (Lehon). Olivier Gouyon. Bertrand un autre de ses fils. Thomas de Trédias. Eudes de Guitté. Guithonocus fils de Norman. Etc. Fait en l'année du Seigneur 1148. Titre de Boquen [les seigneurs de Gouyon remontent à Eudes de Gouyon ou Gobio, autre forme grammaticale de Gouyon, celui-ci apparaissant aux côtés d'Olivier II de Dinan quand ce dernier procédera à la fondation du prieuré de Jugon, vers 1010. Eudes est le père probable de notre dit Olivier Gouyon ce dernier ayant eu lui même pour enfant Bertrand.  Eudes de Guitté quant à lui est le premier seigneur cité de cette famille laquelle perduera plusieurs siècles, la paroisse de Guitté plongeant ses racines proche de Plouasne, Tréfumel ou Ivignac la Tour. Olivier de Gouyon et la famille seigneuriale de Guitté, cela au travers d'Hervé de Guitté seront aussi tous deux présents aux côtés de Rolland de Dinan quand celui-ci procédera à la fondation du prieuré de Becherel; Dom Morice tome I colonne 660. Proche de ces mêmes paroisses nous trouvons assis géographiquement aussi la paroisse de Trédias démembrement de l'ancienne paroisse de Plélan]. 

     

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

     

    1164. Alain de Vitré choisi comme héritier de Rolland de Dinan; donation des dîmes de Plouasne au Grand Monastère de Marmoutiers.

     Dignum , etc. Ego Rollandus de Dinanno concede Alano de Vitreo nepote meo post obitum meum terrae meae haerede futuro, pro salute  animae  meae et pro salute Alani de Dinanno patris mei dono et concedo Deo et Monachis Majoris - Mon. meam partem decimae de Ploasne quae me contingit, etc. Hoc autem totum factum est in Camera mea aulae Becherelli, et ibi feci hoc donum et illud traditi in manu Petri de Dinanno Monachi Majoris Mon. cum cultello. Loisel famulei mei ; Hujus rei testes sunt isti : Ego Rollandus de Dinanno ; Herveus de Guiteo ; Boisellus filius Rufferii ; Matheus le Goz ; Radulfus de Quibriac ; Olivier de Bellac ; Robertus de Corceio ; Radulfus Gruel ; Radulfus Pied de Rat ; Alanus meus nepos ; Ogerius meus Capellanus ; Johan Loisel ; De Monachis Petrus de Dinanno ; Radulfus Prior de Becherello. Etc. Titre de Marmoutiers.                         Traduction : Il est juste etc. Moi, Rolland de Dinan, accorde à Alain de Vitré mon neveu, mon futur héritier, après ma mort ma terre . Pour la sécurité de mon âme et pour le salut de mon père Alain de Dinan je donne et concède à Dieu, et aux moines du Grand Monastère mes parts de décimes de Plouasnes lesquelles sont les miennes, tout cela a été fait en ma cour de Becherel et là j'ai livré ce don en la main de Pierre de Dinan moine du Grand Monastère avec le coutelas de Jo.Loisel mon serviteur. Les témoins de cela sont : Moi même Rolland de Dinan ; Hervé de Guitté ; Boisel fils de Ruffier ; Mathieu de Goz ; Raoul Querbriac ; Olivier de Bellac ; Robert de Corceio ; Raoul Gruel ; Raoul Pied de rat ; Alain mon neveu ; Oger mon Aumônier ; Jean Loisel ; Pierre de Dinan moine ; Raoul Prieur de Becherel etc. Titre de Marmoutiers (pour sceller cette donation Rolland de Dinan offrit au moine Pierre de Dinan son parent le couteau de son serviteur).

     

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

    Reconnaissance par Rolland de Dinan des terres offertes hier au Grand monastère, terres proches du village de Becherel, donation que firent ensemble son père Alain et son aieul Geoffroy 1er de Dinan.

    Ego Rollandus Dinanni dominus monachos egregii confessoris episcopi S.Martinii majoris monasterii, quos Gaufridus Dinannensis avus meus vir illustrissimus et filius ejus Alanus pater meus propter religionis et probatae conversasionis integritatem plurimum dilexerant , ad me feci venire et dedi eis quamdam terram juxta castellum quod Becherel vocatur a parte orientali sitam cum stagno adjacenti , ad ecclesiam et officinas monachis competenter aedificandas , burgumque faciendum ab omni consuetudine absolutum. Testes Bermundus prior Majoris Monasterii, etc. Les Blancs Manteaux, XXXVI colonne 132                     TraductionMoi Rolland seigneur de Dinan confesse à son éminence évêque et au Grand Monastère de Saint-Martin que Geoffroy de Dinan, mon illustre grand-père et Alain de Dinan son fils, mon père, en raison de leur religion et en preuve de leur intègre conversion très aimée, sont venus à vous et aussi je vous offre les terres proches du château de Becherel situées à l'orient, avec l'étang adjacent, pour y faire une église, pour que les moines puissent avec compétence construire des ateliers autour et en faire absolument tout usage.                               Alain de Dinan, héritier par son père de cette terre dite de Becherel, semble hériter de ce fait d'une ancienne forteresse alors déjà présente ici même et cela avant même que son fils Rolland y fasse plus tard y bâtir son propre château. En effet, avant 1143, Alain de Dinan-Becherel fera édifier en l'intérieur même de cet endroit fortifié et existant une chapelle qu'il placera sous la protection de la Vierge Marie, chapelle qu'il offrira, toujours vers 1143, aux moines du Grand Monastère de Saint-Martin de Tours. Cette chapelle quAlain fera donc édifier bien avant que Rolland autorise l'édification d'une église au plus proche de son castel semble donc être antérieur à la présence ici même de Rolland (...capellam sanctae Dei genetricis Marie in Becherello castro sitam rogatu et assensu illustris viri Alani Dinannensis fundi possessuris...Chapelle de Sainte-Marie mère de Dieu dans le chateau de Bécherel demandé avec l'approbation de l'illustre possesseur Alain de Dinan...). Peu de temps après la mort de son père, mort survenue en 1148,  Rolland prendra vers 1164 et avec brutalité l'église ou la chapelle hier fondée par son père. A la demande du grand Prieur de Marmoutier, nommé Etienne, il acceptera de restituer peu de temps après aux moines du Grand monastère l'église de Becherel alors toujours assise en la paroisse de Plouasne puisque la paroisse de Becherel n'existait pas encore. Rentrés en possession de leur église les moines de Marmoutiers demanderont à Albert, alors évesque de Saint-Malo (il le fut entre 1163 et 1184), de séparer Becherel de la paroisse de Plouasne et de l'ériger en une nouvelle paroisse entièrement indépendante de celle de Plouasne. L'évesque de Saint-Malo accèdera à leur demande et obtiendra de ce fait un droit régulier de visite et de repas : (...ecclesiam sanctae Mariae de Becherello abbati et monachis Majoris Monasterii concessinus...salva redditum episcopalium integritate sinodi scilicet et circuitionis et prandii...)

     

    Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

    Vers 1164. Charte de la fondation du prieuré de Becherel par Rolland de Dinan

    Ego Rollandus Alani Dinannensis filius memorie tradere curavi qualiter ex abundantiis  ex permissione divina et jure  patrimonii mihi concessis statui Deo temporaliter aliquid offerre.Optimatum igitur meorum adhibito consilio , Monachos egregii Confessoris Christi  Martini Majoris Monasterii, quos antecessores mei Gaufridus scilicet  Dinannensis  avus meus vir illustris, et filius ejus Alanus pater meus propter religionis et probate conversationis integritatem plurimum dilexerunt , ad me rogans venire feci. Dedi ergos eis in eleemosinam quandam terram , quae pro prii mei juris erat juxta Castellum meum , quod Becherel vocatur , a parte Orientali ejusdem Castri sitam cum stagno ipsi terrae adjacenti ad  Ecclesiam et officinas Monachis competentes aedificandas burgum que faciendum aptam, ita duntaxat ab omni  consuetudine , calumnia vel exactione prorsus absolutam . Sicut eam liberam  et quietam tunc temporis in manu mea tenebam . Omnes praeterea consuetudines et forifacturas burgensium  suorum ,qui ibidem hospitabantur , ita plenarie sicut de burgensibus mei habeo, eis in perpetuum  habendas concessi, undecunque Monachi eosdem burgenses adducant : hoc tamen excepto , quod burgenses meos non nisi ex permissione mea recipient. Donavit etiam eisdem omnem quam circa praedictum Castrum habebam. Hujus rei testes sunt Bermundus Prior ; Oliverius Gobio ; Herveus de Guteio ; Thomas Bagacin ; Robertus de Beillac et mutli alii.                                                             Traduction : Moi Rolland fils d'Alain de Dinan, parce que j'ai beaucoup de soin envers la mémoire, par la permission divine Dieu a décidé de m'accorder le droit d'hériter le temps d'offrir quelque chose. Donc, avec ma meilleure délibération , l'excellent moine confesseur dans le Christ du Grand Monastère de Saint-Martin, que de mes ancêtres de Dinan Geoffroy mon grand-père, homme illustre, et Alain son fils mon père, par leur religion et l'intégrité de leurs conversions très aimées, me demandant de venir j'ai fait : Donc je donne les aumônes d'une quantité de terres lesquelles de droit sont miennes et qui jouxtent mon château que l'on appelle Becherel, situées en partie à orient de ce château avec l'étang et la terre adjacente pour faire une église pour que les moines puissent y faire construire (un bourg) proche avec compétence et pour tout usage, juste et sans limite dans le temps et cela aussi libre que je les tiens en ce moment dans ma main (cela sans que les moines soient soumis à un impôt féodal, quel qu'il soit). Toutes des coûtumes reviendront à la paroisse, qu'elles viennent des bourgeois ou des hospites, pour toujours je leur ai accordé cela, d'où que proviennent les bourgeois. Une exception toutefois, que pour mes bourgeois puissent partir (les bourgeois de Rolland souhaitant probablement quitter la forteressse de leur seigneur pour aller vivre en le nouveau bourg des moines) que cela soit fait seulement avec ma permission de prendre. Je donne aussi toutes les décîmes que le château mentionné ci-dessus possède. Pour cela sont témoins Bernard prieur ; Olivier Gouyon ; Hervé de Guitté ; Thomas Begace ; Robert de Bellac et plusieurs autres.

    (1) Note sur Raoul de Gaël ou Raoul seigneur de Montfort                                      Raoul I de Gaël-Montfort, sire de Gaël, de Montfort et du Largez en Louargat, puis roi d'Estrangles, comte de Norfolk et de Suffolk en Angleterre, vit d'abord en Angleterre où il manifeste lui aussi, dans un premier temps, une grande fidélité vis à vis du Conquérant qu'il aide dans sa conquête ; celui-ci n'hésite pas à lui confier, à la mort de son père en 1070, l'earldom de Norfolk. Il épouse Emma de Breteuil, fille de Roger de Breteuil lequel est le fils de Guillaume Fitz-Obern, comte de Hereford. (Pour certains historiens, Emma serait la fille de Guillaume Fitz-Obern et non sa petite-fille. Raoul, mécontent de son mariage avec Emma, entre alors en coalision avec son beau-frère, Roger de Breteuil, pour conspirer contre son beau-père, lequel ici est donc Guillaume Fitz-Osbern. Assiègé dans le castel de Norwich par Guillaume de Normandie, il quitte ses possessions anglaises pour retourner sur ses terres de Gaël et de Montfort).                                                        Mais la bonne entente entre le roi et Raoul ne dure pas. En 1075, Raoul se révolte et entraîne avec lui son beau-frère Roger de Breteuil, earl seigneur d'Hereford. L'insurrection échoue. Raoul se réfugie en Norvège puis au Danemark et enfin en Armorique où sa famille, surtout maternelle, possède de nombreux alleux autour de la forêt de Paimpont. Une partie d'entre eux avaient sans doute été donnée par Alain III, duc de Bretagne à son père Ralf l'Ecuyer. Installé en Bretagne, Raoul se montre particulièrement remuant. Peut-être construisit-il le château de Gaël ! Des textes connus font remonter à cette époque la première présence d'un habitat fortifié à Gaël. Il envisage de construire également une défense à Montfort afin de protéger un point stratégique essentiel sur la voie romaine Rennes/Carhaix. De même et pour la même raison, c'est lui qui décide de construire le donjon de La Gacilly sur la butte où sera bâti un peu plus tard le château. Puis Raoul s'assagit, il ne cherche plus à se venger du duc de Normandie, Guillaume, qui meurt en 1087. Il accepte également l'autorité du duc de Bretagne, Alain Fergent. Il devient un grand seigneur breton. En 1093, il témoigne dans un jugement entre les moines de Redon et les chapelains du duc. Pour la première croisade, il se croise avec le duc de Bretagne, Alain Fergent et ses 2 fils et cela en la compagnie des seigneurs de Vitré, de Fougères et de Dinan; le sire de Chateau-Giron participera également à cette croisage; Raoul décéde lors du siège de Nicée, en 1097. (Geoffroy 1er de Dinan, fils de Josselin de Dinan, épousera Radegonde Orieldis, fille de Giron de Chateau-Giron).                                                                                                         Il est permis de penser que Raoul de Gaël et son fils, Raoul II de Montfort, furent les deux premiers seigneurs de La Gacilly puisque, quelques années plus tard, leur petit-fils signera son acte de mariage comme étant sire de La Gacilly.

    (2) Les enfants puisnés d'Eudes furent notamment Brient, Alain dit de Niger, Alain dit le Roux et Estienne de Penthièvre. Celui-ci aux décès de ses frères respectifs tous morts sans héritiers légitimes connus  héritera de toutes les terres anglaises hier successivement en leurs mutuelles possessions. Leur frère aisné à tous les quatre, Geoffroy Boterel, [Geoffroy serait le père d'Aimericii lui même dans une charte rédigée à la fin du 11ème siècle présenté comme étant le père d'Alanus et de Gaufridus Boterel filius d'Aimerici. Aimerici ici, par cette charte laquelle énuméra ou confirma l'ensemble des biens du prieuré de Combourg en cette fin du 11ème siècle, est donc un enfant attesté de Geoffroy Boterel auquel on ne prête cependant encore aujourd'hui aucun enfant héritier légitime. Tout laisse entrevoir la possibilité que Aimerici Boterel aurait eu aussi pour enfant un dénommé Henri lui même père d'Alain ce dernier étant le grand père de Jean de Lanvalei et le père de William 1er de Lanvalei. Reprendre le chapitre consacré aux seigneurs de Lanvalei et au procès d'Abington] trouvera en 1093 sous les murs de Dol, héritier aisné et légitime de la seigneurie comtale de Bretagne qu'il était par son père Eudes.                                                                                                                      Du fait de la mort respective de tous ses frères Estienne se verra ainsi, et cela par la force des choses, possesseur d'une seigneurie très importante aussi bien anglaise [l'Honneur dit de Richemont lequel sera transmis au sein même de la famille ducale de Bretagne] que bretonne. Ses deux filles Agnorie de Penthièvre et Eléanore respectivement prendront pour époux et Olivier II de Dinan et Alain de Dinan-Becherel tous deux fils de Geoffroy 1er de Dinan.

     

     

     

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  • Gorrandu de Lanvalei ou Gregoire de Lanvallay

    14ème siècle

     

    Gorrandus de Lanvelei

     

     

    Noverint presentes et futuri quod ego Herveus Gironis veniens in Capitulum Monasterii concessi Deo et S.Martino pro redemptione anime mee, et uxoris mee N...unam minam frumenti in Bulia annuatim habendam. Huic  donationi  ego Joscius cocus dum interessem partem illam que mihi contingebat de vinea S.Vincentii, fed post obitum tamen meum, totam et integram in perpetuum habendam dedi. His donis ego G. de Dinanno interfui, qui mandatus et rogatus ab utroque hoc scriptum sigillo meo confirmavi. Affuerunt etiam testes...Rabellus miles. Gorrandus de Lanvelei, etc.

     

     

    Sachez pour le présent et le futur que moi, Hervé Giron (Hervé de Châteaugiron est vivant en 1379 puisqu'il est cité comme ayant été l’un des chevaliers d’Olivier de Clisson. Il signera notamment le 04/04/1381 le célèbre Traité de Guérande. Ayant pris pour épouse une fille de Péan III de Malestroit leur fils à tous deux, Jean V de Châteaugiron, dit aussi de Malestroit,  épousera entre autre quant à lui Jeanne de Dol laquelle, alors veuve depuis 1352 de Jean de Tinténiac, lui apportera ainsi la seigneur de Combourg dont il deviendra par cette union le 11ème seigneur) arrivant au Chapitre du Grand Monastère (le monastère de Saint-Martin de Tours) accorde à Dieu et à Saint-Martin pour la rédemption de mon âme et celle de ma femme une livre de froment de Bulia, à avoir annuellement. Ce don fait pour la cuisine de Josce a été fait avec celui attribuant la vigne de Saint-Vincent , mais après ma mort, ensemble et tout en entier et pour toujours que je devrai. Ces dons ont été confirmés en présence de G. de Dinan (peut-être Guillaume de Dinan lequel, vicomte de Dinan au 14ème siècle décéda en la paroisse de Lanvallay en 1337. Il eu pour enfant Philippe et Jeanne laquelle épousera Robin III Raguenel) par écrit et confirmé de mon sceau. Présents aussi les témoins Rabennus chevalier, Gorrandus de Lanvelei  (Grégoire, Georges…Nous n'avons malheureusement pas d'autres informations sur Gorrandus de Lanvallay ne sachant non plus de qui il était le fils. Nous avons cependant la confirmation ici même de l'existence de liens unissant la famille de Lanvallay à la maison seigneuriale de Dol-Combourg) etc.

     


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    Les Epeires

     

     

    Sots. Trop épris de femmes aux vagues regards,

    Icônes maculées et par tous aimées,

    Mille viscères se brulent et dans ces naufrages

    Des destins seuls meurent assassinés...

     

    J’ai encore posé aux bords de mes lèvres

    Le vieux gout âcre de ces infâmes poisons,

    Ces baisers amers pleins de tous les fiels,

    Royaumes magiques où les plus vils démons

    Chaque jour s'abreuvent au noir de puits sans fond.

    Blessé, l’humeur suinte encore de mes plaies 

    Creusées tôt dans mon corps nu de sa chair ;  

    Mon être résonne t-il encore de l’Immonde ?

     

    Serais-je une frêle brisure jetée au loin

    Comme meurt l'épi dans un torride été ?

    Suis-je l’ortie qui pousse sans aucun levain

    Ou la craquelure d’une terre séchée ?

     

    Je voulais m’abreuver à un tel sein

    Comme une reine abeille, gourmande de doux miels ; 

    Sentir deux corps s’aimer au bruit des reins

    Quand les plumes souples se courbent chaudes et douillettes,

    Dormir sur son ventre et d'un souffle serein...

    Mais mes chairs tant éventrées par l'Ogresse

    En des nuits débauchées par le Malin

    Toujours brulent au bûcher des seuls regrets.

     

    Mon Epeire au diadème, épris d'un monde,

    Laissa dans l’éther mon corps tant violé…

    Me faut-il sans fin sombrer dans l' Outre-tombe

    Sous  les regards laiteux de momifiés ?

     

    Septembre 1995. Jean-Pierre

     


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    Les Rivières d’Automne

     

    Ô nos vies ! Livres sans âge, recueils enfiévrés,

    Vous êtes toutes les flots de longues eaux intrépides

    Et sans fin ; le Nil serpente-il l’Eternité ?

    Mais vos ires enragent, écument, roulent et expirent

    Sur tous les sables. Chimères ! Quand le noir m’oppresse

    Et que  sourcent des bruits d’enfants alors paresse

    Mon cœur, seul. Et je puise dans l’hymne de leurs joies

    Mes heures, ces calmes troubles d’où naissent mes émois.

     

    Je me souviens de mon trop jeune temps, si frêle;

    Des doux mots de Maman et de mon seul père ;

    De nos pas dans les froids chemins d’écoliers;

    De nos classes tiédies par des poêles parfumés.

     

    Les pages de nos livres s’envolent, pleines et si ivres !

    Et le vieux temps, à la jeunesse éternelle,

    Mène le soleil vieillissant dans son couchant

    Quand les ciels flambent sur la berge ; alors brillent les Soirs

    L’Automne nous parant de mille couleurs sereines.

    Soyez dans nos heures de tendres doux sentiments

    Ou le seul reflet bleu où puisent nos espoirs ;

    Soyez la seule source fraiche où s’abreuve la Vie.

     

    Il est des jours jeunes, puis anciens et soudain

    Il est de grands rêves restés inachevés ;

    Mais il est un amour, mon corps qui brule sans fin…

    Cherchez ! J’ai tant pour vous de si tendres pensées.

     

     

    1997. Pour l’anniversaire de Marcelle. Tendrement.

    Jean Pierre

     


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    L’Eternité

     

    Je voulais dessiner sur l’air Fripon

    Le tendre mot, soulever le voile nu

    Du jeune jour étirant sa brume

    Et verser en terre le chant d’un songe ;

     

    Je voulais creuser le lit des rivières

    Pour semer dans une eau limpide et claire

    Le reflet d’une saison couleur de neige,

    Pour parsemer au vent l’onde pâle d’hier ;

     

    Je voulais plier le temps mécréant

    Et flotter dans l’averse des jours sans bruit,

    Tailler l’épine où tombe le cheveu blanc,

    Vendre les heures passées à trop vieillir ;

     

    Je voulais cueillir le rêve à la berge

    Elevée, entendre le bruit céleste

    Du vent soulevant l’oiseau dans ses ailes,

    Ecouter la pluie d’où l’on tire la grêle ;

     

    Je voulais aimer le monde altier

    Et frustrer le sol de sa sève sans nom ;

    Parfumer la terre où reste seul l’aiglon

    Quand l’aile tirée, sur la glèbe tombe blessée

     

    Mais je ne puis qu’aimer la douce tête

    Penchée sur mes heures fragiles et si frêles ;

    Je ne puis qu’aimer le sein éternel

    De ma tendre Maman, toujours si belle.

     

    Pour ma tendre Maman. Octobre 1993.

     

    Jean-Pierre

     


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