• Philippe Bacquer. Le Bailliage d'Avaugour à Dinan

    Bonjour Jean Pierre,
     Voici, en pièce jointe, comment je compte exploitez le document ANP 1571, il est relié à mon site Geneanet pour la généalogie :
    http://gw.geneanet.org/philippebac_w?lang=fr

    Je vois fréquemment, sur Dinan, une rente "sur le baillage d'Avaugour" qui a toujours cours à la fin du XVIII° siècle...Auriez vous une explication et qui la percevait?
    A vous lire,
    Philippe

     

     

    Bonjour Philippe

    - Suis très sincèrement impressionné...

    Pour le bailliage d'Avaugour (ou celui de Quergolay ?)  voilà ce que je sais :

    - Le bailliage d'Avaugour à Dinan  je sais qu'il s'étirait derrière la fontaine de l'Ecuyer, au delà de l'actuelle Gendarmerie la fontaine de l'Escuyer étant approximativement là où il y a aujourd'hui le patio face au cinéma. D'ailleurs la petite chapelle d'Avaugour est celle qui se trouve en face de la gendarmerie, juste au pied du pont de la voie de chemin de fer.

    De mémoire ce bailliage s'étirait vers la porte de Saint-Malo puisque qu'il reprenait l'actuelle rue du Petit Hotel à Dinan proche de la dite porte. Maintenant je ne sais pas de qui ce bailliage relevait lorsqu'il était dit "d'Avaugour" dans les temps anciens. Je sais qu'à Dinan au XVIII siècle  il y en avait encore plusieurs dont un qui s'étirait au derrière de la rue de l'Ecole [Hormis les bailliages de Beaufort et d'Avaugour, ou de Quergolay, ils existaient en effet d'autres bailliages assis eux aussi à Dinan et proches de Dinan. Ainsi en 1667 sera cités deux de ces autres bailliages s'entretenant  et ayant cour en la paroisse de Saint-Malo de Dinan, biens de Jean Chauchard seigneur de la Vicomté en la paroisse de Saint-Enogat, aujourd'hui Dinard . Le premier sera le fief et bailliage d'Argentel quand le second sera lui le fief et bailliage des Conguelais tous deux bailliages hérités de son père Noël Chauchard de son vivant seigneur aussi de la Vicomté Saint-Enogat; le bailliage de la Conguelais ou de la Conjelais lui relevant de sa seigneurie du Mottay. Le fief et bailliage d'Argentel, assis proche des moulins d'Argentel, proche aussi du moulin Beaudoin, semble avoir compris les terres descendantes sur la paroisse de Taden à l'extrémité du quai occidental de Dinan puisque Laurent Aoustin, noble homme sieur des Vignes, sera lui l'un des tenants de ce fief et bailliage. Semble aussi avoir relevées de ce même fief les terres de la Penessais lesquelles, situées en face des dits moulins d'Argentel, elles étaient le biens de Gilles Durand et Françoise Lerenec tous deux sieur et dame de la Penessais et possesseurs aussi de la métairie de la Ménardais. Le manoir actuel de la Penessais ne semble alors pas encore exister en 1677 puisque seules les terres elles sont citées en les Papiers du Terrier de Dinan; déjà veuve Françoise Lerenec en 1677 demeure alors en sa maison au port de Dinan.                                             Les moulins d'Argentel hier possessions des seigneurs d'Avaugour, puis celles des seigneurs de la Garaye de Taden en 1617, confiés aux bons soins des chanoines du Chapitre de Saint-Malo de Lisle  par le roi Louis le treiziesme, semblent en la dite année 1677 devoir également relever du même bailliage d'Argentel des "Chauchard" puisque ces derniers percevaient à cette même époque, et cela pour chaque année, sur les moulins de Suzain, de Méen et de la Roche une mine de froment de rente ou quatre boisseaux. Les "Chauchard"  percevrons en effet cette rente laquelle était aussi versée en même tempts et à l'archidiacre de Dinan et au prieur de Saint-Malo de Dinan aussi. Nous avons donc ici au travers du dit bailliage d'Argentel un bailliage relativement important puisque étaient donc "teneurs" de ce bailliage les sieurs de la Vigne, de la Penessais et ces messieurs du Chapitre de Saint-Malo de Lisle eux-mêmes. Etaient donc en 1676 entre autres sujets et vassaux de la seigneurie "Chauchard" les sieurs Aoustin de la Vigne possesseurs eux de la maison Beaudoin aussi cette dernière relevant également de la seigneurie de la Vicomté Saint-Enogat.                                                                 A noter qu'il sera spécifié en les papiers du terrier que ces deux bailliages et fiefs  n'avaient aucunement le droit de Haute et Moyenne justice. Ce fait sera cependant contesté à cause de l'existence même des fiefs d'Argentel et de la Conquelais contestation portée par le sieur Chauchard lequel réclamait en effet un droit de Basse et de Moyenne Justice. Sa réclamation portera notamment sur le fait que son ancestre Bertrand Chauchard en 1530 possédait semble t-il ces deux droits ainsi que son autre ancestre Julien Chauchard lequel lui sera cité "escuyer du Mottay" en l'année 1599]. Il est fortement  possible que ce bailliage dit "d'Avaugour" soit celui-ci, celui qui sera nommé à la même époque le bailliage de "Quergolay" puisque celui-ci à la même époque, au XVII siècle, s'étirait sur une terre comprenant la rue du Jarzual; le Bignon Guy ; la rue de l'Ecole et l'Escuyer tout cela au plus près de la dite porte de Saint-Malo. A défaut, cela alors en son origine, le dit bailliage de Quergolay n'aurait-il pas pu faire partie intégrante du dit bailliage d'Avaugour ?

    - D'ailleurs il sera dit ceci du bailliage de Quergolay au XVII siècle: ...de la terre et seigneurie de Quergolay en Dinan membre dependant de la seigneurie de Rennes et que tient possede noblement Dame Guyonne de Montboucher veuve de feu messire Sebastien René de Cahideuc seigneur du dit lieu...A raison de la quelle ditte seigneurie Quergolay la ditte Dame de avouante a droit de sépulture et enfeu prohibitiff dans leglise des Cordeliers de cette ville de Dinan dans un tombeau de pierre eslevé  sittué tout aupres du grand hostel au costé de levangille sur lequel tombeau sont peint les ecussons et armoiries et alliances des anciennes seigneuries du Cour de la Motte et de Quergolay du nom de Beaumanoir et Davaugour, comme aussi davoir sur armes dans la grande vittre derrière le grand autel dans les colonnes armoyées des Armes Davaugour et de Beaumanoir aux droits des quels autres seigneurs la ditte Dame avouante est fondée presentement...Item la ditte Dame est en pocession davoir plusieurs ecussons de ses armes et de celles de ses predecesseurs seigneurs du Bois de la Motte... Item la ditte Dame tient  comme dessers un four sittué pres la porte de Saint-Malo de cette ville pour le service de ses vassaux de la dite seigneurie de Quergolay avec un jardin au derrière , chambre au dessus du dit four...A raison de laquelle seigneurye de Quergolay la ditte dame a droit de haute, moyenne et basse justice ...

    Voila Philippe. J'espère avoir su répondre à votre demande. Tres bonne soirée.

    Jean-Pierre

     

     

    A : "Jean-Pierre"
    > Copie à :
    > Objet : Bonsoir
    >
    > ..Ne pas confondre Kergolay..avec d'Avaugour...
    > Je sais que Peter Measey  a voulu le démontrer..mais je ne suis pas d'accord...Car nous le voyons aussi bien à Dinan Ouest ou Est (Saint Malo ou Saint Sauveur)...et au
    > début  du XVIII° siècle... et qui touchait cette rente???...Nombre d'acte font mention de cette rente dans tout Dinan (notamment rue de de l'Horloge...et Dinan Saint Malo)...
    > Mais pour moi, il faut séparé d'AVAUGOUR et Kergolay..d 'ailleurs... le Jerzual dependait de Beaufort......
    > Je pense que lorsque nous nous rencontrerons nous aurons plusieurs "débats" amicales...Je suis un "passionné"....
    > J'ai rencontré Frédéric GAUDIN et la Tendaye...
    > Je connais votre passion pour le jumelage que vous souhaitez, si je peux y apportez ma participation n'hésitez pas...
    > Amicalement
    > Philippe BACQUER

     

     

    Bonsoir Philippe,

    - Vous avez peut-être raison...Tout débat relatif à ce bailliage reste entièrement ouvert. D'ailleurs dans mon explication je dis "il est fortement possible". Il est vrai aussi que les alliances ayant réunies les familles du Bois de la Motte de Trigavou, de Quergolay, de Beaumanoir et d'Avaugour laissent elles aussi le débat grand ouvert ...des autres seigneurs du Bois de la Motte du nom de Beaumanoir que ailleurs ...la ditte Dame de Cahideuc demeurante en son chasteau du Bois de la Motte paroisse de Trigavou...Les liens de généalogies ayant unir la famille de Quergolay à la famille seigneuriale d'Avaugour, cela au travers de la Dame de Cahideuc, Guyonne de Montboucher, femme de Sébastien -René de Cahideuc, Dame résidant au château du Bois de la Motte en Trigavou, seigneur de Quergolay, sont eux mêmes attestés par Jean Laurent d'Avaugour lequel sera dit au XVII siècle "seigneur du Bois de la Motte et de Tremereuc".[Guyonne de Montboucher était en effet la cousine  de Jean d'Avaugour de Saint-Laurent ses père et mère ayant été François de Montboucher et Bonaventure de Bellouan Dame d'Avaugour par son second mari, "Robert d'Avaugour" pour le citer. Au regard de cette seule information pouvons nous faire une identification entre le dit bailliage d'Avaugour et le dit bailliage de Quergolay ?]                                                                              - Tout le Jerzual ne dépendait pas forcément du seul bailliage de Beaufort puisque la seigneurie de Quergolay en la fin du XVII siècle était aussi maitresse en cette même rue croisant en icelle celle de la Garaye-Beaufort. Elle était à ce titre "seigneur" de l'Hostellerie de l'Etain, hostellerie située en le bas de la rue du Petit-fort ...et baillage de la dite seigneurye de Quergolay ayant cours dans la ditte ville et faux bourgs de Dinan , dans les rues du Jarzual, du Bignon Guy, de lescolle et lescuyer...

    Pour le Plat d'Etain en le bas de la longue descente du Jerzual : Rue du Petit Fort Jean Vallée sieur de la Ville Hervy tient de la ditte seigneurye de Quergolay une portion de maison sittuée en la ditte rue au desrrière de Lhostellerie du Plat Destain consistant en la grande escurye  au bout de la ditte maison contenant de longueur trante pieds et de laize dix sept, la petite escurie en croizée au costé de la cour contenant quinze pieds de long et huict pieds, les greniers et combles au dessus, la grande cour au devant des dittes escuryes contenant de longueur vingt sept pieds a prendre depuis la grande escurye jusque a la petitte, un jardin au desrière de la ditte escurye contenant trois cordes, un cellier appellé le celier du rocher, autrement la prison contenant quinze pieds de longueur et de laize sept pieds, un apentiff au desrière de la ditte cour contenant treise pieds de longueur et neuf pieds de laize, une chambre appellée la chambre dessus le rocher qui tient quinze pieds de longueur et traise pieds de laize avecq la cour pavé au devant, la vallée dessus le rocher contenant huict cordes  de terre joignant au reste de la ditte maison du plat destein appartenante au dit Vallée du costé aux enfants de Gilles Durand sieur de la Pennezais dautre costé a terre de Gilles Le Hardy  et autres, plus la grande cour et allée estant au costé  de la ditte maison et vers la cour et maison des enfants  de Macé Mesnage sieur des Morandaye uniceint et la rue du Petit Fort et du devant au chemin qui conduit à la rue Saint-Malo un transport entre deux...  lavons aussy maintenu dans la quantité et portion de maison de Macé Mesnage sittuée rue du Petit-Fort jusqua letandue de six pieds de laize joignant la maison du plat Destain...

     Je vous remercie très sincèrement aussi pour votre aide proposée pour le jumelage.                                                                                                               Très sincèrement merci.                                                                                            A bientôt Philippe.                                                                                                     Jean-Pierre

     

    Bonsoir Philippe

    Relative au XVII siècle et aux seigneuries d'Avaugour et de Quergolay [la famille seigneuriale de Quergolay, seigneur au XVII siècle de la seigneurie du "Bois de la Motte en Trigavou", possesseur du bailliage de Quergolay en Dinan, trouve certaines de ses racines premières en la personne d'Alienor de Quergolay laquelle, dite fille de Jehan de Quergolay, prendra pour époux Jehan de Beaumanoir seigneur du dit Bois de la Motte ce dit Jehan ayant eu pour père Raoul de Beaumanoir du Bois de la Motte et pour aïeux Jehan III de Beaumanoir et Marie de Dinan-Montafilant Dame du Guildo tous deux nés vers 1280. Alienor et Jehan tous deux ci-dessus cités auront pour enfant notamment "Jehan" lequel lui prendra pour épouse  "Isabeaud deTremereuc" ce même mariage apportant ainsi au sein même de la dite famille de "Beaumanoir du Bois de la Potte " la seigneurie de Tremereuc". Julienne de Beaumanoir du Bois de la Motte, petite-fille des dits Jehan et Alienor ci-dessus nommés, prendra elle pour épouse "François de Coëtquen" ce même mariage déposant ainsi entre les mains des dits "Coëtquen"  la dite seigneurie du Bois de la Motte et la transmission aussi du dit patronyme "de Quergolay" leur enfant à tous deux nommé "Jean" devenant ainsi "Jean de Coëtquen seigneur du Bois de la Motte et de Tremereuc".  Guyonne de Coëtquen née vers 1515,  fille du dit jean de Coëtquen, prendra elle pour époux "Michel de Bellouan seigneur du dit lieu celui-ci recevant ainsi à sont tour les dites seigneuries du Bois de la Motte et de Tremereuc". Tous deux auront une enfant prénommée "Bonnaventure du Bois de la Motte"; celle-ci prendra elle pour époux "Robert d'Avaugour" amenant ainsi au sein de cette seconde famille des "Avaugour" issue de Jehan de Bellouan et de Blanche d'Avaugour  les dites seigneuries du Bois de la Motte et de Tremereuc" les enfants mâles de ce dernier couple prenant eux le dit nom des "Avaugour". Bonnaventure du Bois de la Motte et son époux le dit Robert de Bellouan d'Avaugour de leur vivant assisteront à l'élévation au titre de "marquisat" de leur dite terre du Bois de la Motte et à ce titre Robert d'Avaugour sera dit "marquis du Bois de la Motte" ; tous seront les parents de Jean d'Avaugour de Saint-Laurent héritier du dit "marquisat". Au décès du dit Robert d'Avaugour  son épouse et veuve Bonnaventure née Bellouan prendra pour autre époux François de Montboucher tous deux ayant pour enfant Gabriel de Montboucher et pour petite-fille Guyonne de Montboucher.  Guyonne de Montboucher au décès de son parent "fils direct" du dit Jean d'Avaugour de Saint-Laurent, fils décédé sans postérité, recevra à son tour les dites seigneuries et du Bois de la Motte et de Tremereuc" celle-ci recevant aussi le dit bailliage et fief  de Quergolay, seigneurie vassale ou dépendance de la dite seigneurie du Bois de la Motte Le fief  d'Avaugour à Dinan au XVII siècle, maître du dit fief de Querlogay, semble devoir être le même que celui du dit Bois de la Motte. Le bailliage de Quergolay en Dinan, seigneurie vassale donc de celle du dit Bois de la Motte, bien hier des dits seigneurs "d'Avaugour" possédait ainsi des droits seigneuriaux assis pour certains en les halles même du marché de Dinan et pour d'autres en les actuelles rue de l'Ecuyer, rue de l'Ecole, rue du Bignon-Guy, rue du Jerzual et l'actuelle rue du Petit-fort.] je reviens ce soir sur votre pensée concernant la propre pensée de Mr Peter Measey dans sa démarche personnelle. Dans sa recherche, sa démarche,  monsieur Meazey a eu pourtant pour lui la "raison" puisque en effet nous ne pouvons plus détacher aujourd'hui la seigneurie d'Avaugour, alors seigneurie "possesseur" de la seigneurie du Bois de la Motte en Trigavou, hier bien des Beaumanoir, des Coëtquen, des Bellouan et des Avaugour,  de celle de Quergolay puisque cette dernière aussi bien "généalogiquement" que "féodalement" était reconnue pour être au dit XVII siècle la continuité, le prolongement même, de celle des dits seigneurs d'Avaugour. Ce lien familial et féodal fut en effet très implicitement cité lors de la tenue en 1682 du Dénombrement de la dite seigneurie de Quergolay, ou de Kergolay, alors bien ou fief seigneurial  de Guyonne de Montboucher laquelle, par son aïeule "Bonnaventure du Bois de la Motte", était la propre cousine de  "Jean d'Avaugour de Saint-Laurent de Bellouan" celui étant le descendant par ses aïeux de la famille des "Beaumanoir" et de la famille d'Avaugour cela pour cette dernière via Juhael d'Avaugou fils d'Henry II d'Avaugour mais aussi petit-fils de Gervaise de Dinan Dame de Lehon [en effet Juhael est le frère puisné d'Alain d'Avaugour. Juhael ici cité sera à l'origine de la seigneurie de Kergrois en Remugol.  ] . Voici en effet ce que l'on peut lire en le terrier décrivant ce même "Dénombrement" et à ce titre il nous ai donc impossible aujourd'hui de séparer au XVII siècle ces deux seigneuries alors si intimement liées et reliées puisque celle d'Avaugour en effet était en le même XVII siècle  déposée"entre les seules mains des dits seigneurs "du Bois de la Motte" seigneur aussi deTremereuc: Laquelle seigneurye de Quergolay est une depandance  de la seigneurye du Bois de la Motte et a toujours  esté joincte et unie et une terre laquelle  est escheue a la ditte Dame avouante par les  deces de feu Messier Jan d'Avaugour vivant  seigneur des dits lieux et pour raison de quoy  la ditte Dame confesse devoir a son dit seigneur [ici le roi]  foy, hommage, rachapt... Jean d'Avaugour de Saint-Laurent décèdera laissant au monde qu'un seul héritier sans descendant lequel sera lui aussi inhumé en l'église de Trigavou au côté de son dit père. Au décès du cet enfant unique Guyonne de Montboucher entrera en possession de la dite seigneurie d'Avaugour ainsi que de celle du Bois de la Motte et de celle de Quergolay, de celle de Tremereuc aussi   possédant en ses seigneuries le droit de Haute, de Moyenne et de Basse justice mais  possédant aussi  également de droit de dresser sur ces terres des croix patibulaires.

     

     

     

     

     

     

    « 1676. L'auberge des trois Rois bien de Jan Lechapelier- XI-XII et XIII siècles, faits et gestes des seigneurs de Lanvallay »

  • Commentaires

    1
    BACQUER Philippe
    Mardi 3 Janvier à 16:20

    Bonjour Jean-Pierre

    Je lis dans le dictionnaire historique et géographique...

    "

    "Par édit du roi Charles IX, du 29 mars 1564, la juridiction royale de Jugon et celle du faubourg de la Madeleine du pont de Dinan furent transférées, unies et incorporées au siège royal de la même ville."

    Je ne vois pas bien la signification de cet édit..Qu'en pensez-vous?

    Philippe

      • Mardi 3 Janvier à 20:39

        Bonsoir Philippe

        D'abord "juridiction ducale puis royale" Jugon, à l'instar des autres juridictions royales relevant de la sénéchaussée de Rennes, relevait donc du roi et de son sénéchal établi ici en cette ville, ville hier comtale. Au XVI siècle la ville de Dinan, tout en relevant elle aussi de la seigneurie de Rennes, relevant donc de la sénéchaussée royale de celle-ci, fut cependant dès l'année 1509 établie comme juridiction présidiale possédant dès lors ainsi, et elle aussi, son propre tribunal civil  (Présidial(e) : Sous l'Ancien Régime, tribunal et juridiction qui ont été établis dès l'année 1551 dans certains baillages importants pour juger en dernier ressort les affaires peu graves). Lors des conflits ayant très durement divisés l'unité de la Bretagne à la fin du XVI siècle la sénéchaussée de Rennes semble devoir perdre son propre siège "présidial" puisque celui-ci en effet sera en l'année 1589 transféré à Dinan ville reconnue "place forte" par le roi lui même Rennes au profit de Dinan perdant aussi provisoirement sa Cour des Monnaies. Le roi Henry III dès l'année 1585 en effet livrera Dinan au Duc de Mercoeur permettant ainsi à celui-ci d'y exercer la justice au seul nom du présidial de Rennes. Rennes cependant au lendemain du calme retrouvé semble devoir récupérer son dit "siège présidial" puisque en 1677 la seigneurie de Quergolay en Dinan, seigneurie assise entre L'Escuyer [terre aujourd'hui toujours assise au plus près de l'ancienne chapelle d'Avaugour. La seigneurie ou baillage de Quergolay semble avoir contenu dans sa très grande partie tout un pan de l'actuel quartier de St-Malo de Dinan puisqu'au XVII siècle, l'ensemble des habitants  "possesseurs" en la rue de l'Ecole, en la rue du Bignon, en la rue de Jerzual, devaient presque tous "rente annuel" au dit baillage der Quergolay. Ainsi une très grande  partie nord de Dinan, zone géographique desservie depuis l'ancestrale rue de Saint-Malo, était ainsi assise en ce même baillage. Guyonne de Montboucher, possesseur de ce baillage percevra également au XVII siècle sur les viandes vendues en les halls de Dinan des droits dits de fauconnerie. En plein centre de cette ville le dit baillage de Quergolay possessait donc aussi certains droits ] et la rue du Jerzual, sera dite "membre relevant de la seigneurie de Rennes placée sous le ressort de son siège présidial de Rennes". Charles IX, frère aisné d'Henry III, dès l'année 1564 souhaitera rattacher au Siège présidial de Dinan, siège présidial donc créé en la dite année 1509, la juridiction royale de Jugon celle-ci devant alors logiquement perdre sa propre cour de Justice; il agira de même pour la juridiction royale du faubourg de la Magdelaine du pont à Dinan cette même juridiction étant toujours en cette dite année 1564 le bien propre de la seigneurie du prieuré du pont à Dinan. On a présenté cette seigneurie "ecclésiastique" assise au plus près du Pont de Dinan comme étant une "petite seigneurie religieuse". Un acte juridique originel présente cependant cette même seigneurie comme possédant un droit de "haute, de moyenne et de basse justice" ce même prieuré et sa paroisse de Lanvallay étant tous deux dès le XII siècle la seule enclave de l'évêché de Saint-Brieuc assise ici en le pays de Dinan. Au travers du rattachement au siège présidial de Dinan de la juridiction ecclésiastique du faubourg de la Magdelaine du pont à Dinan je pense qu'il nous faut voir aussi le fait que les affaires judiciaires propres à la paroisse de Lanvallay, paroisse elle aussi relevant hier du seul évêché de Saint-Brieuc, affaires elles jugées en le dit prieuré puisque celui-ci au XVI possédait encore sa prison ecclésiastique furent, elles aussi, confiées au seul siège présidial civil de Dinan alors qu'elles relevaient semble t-il avant cette même décision de la seule autorité ecclésiastique du dit prieuré du Pont. Cette décision prise en 1509 par Charles IX à l'encontre du dit faubourg de la Magdeleine et de sa seule juridiction royale et ecclésiastique, juridiction relevant avant toute chose de l'autorité première du roi,  fut-elle annonciatrice de la disparition de certains des pouvoirs judiciaires religieux détenus aux seins de certaines abbayes ou prieuré  certains de ces mêmes pouvoirs échappant ou sortant ainsi de ces mêmes prieurés ou abbayes pour mieux être "déposés " entre les seules mains des tribunaux présidiaux et laïc ? La volonté échouée du roi Charles IX de vouloir déplacer la juridiction royale de Jugon sous la seule aile du tribunal présidial de Dinan n'allait-elle pas, elle aussi, dans une volonté de "recentralisation" de certains de ces mêmes pouvoirs judiciaires ?

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :