• - Le moulin du Prat et sa très belle promenade

    La moulin du PratLa moulin du Prat

     

     

     

     

     

     

    Le moulin du Prat                                                   Le pont de Lessart

     

    Note :

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    Au moulin du Prat

     

     

    La Vicomté sur Rance ! Terre frangée par la Rance, belle, magnifique de naturel, elle est le prolongement de notre commune, séparée d’elle par un simple moulin de mer, celui de la Falaise. Nos promenades, jusque ce jour, étiraient nos pas silencieux et rêveurs sur le sol côtissois, sans jamais sortir de ses frontières fluides et limpides. Pourquoi ? Ourlé par la rivière sur bâbord, notre vaisseau empli de verdure, reçoit sur sa droite un long ruisseau, le Gué Parfond ; ce dernier, nous séparant de Saint-Hélen, nous ramène toujours à la rivière, prolongé qu’il est par le ruisseau de Ste-Suzanne. Notre monde pédestre ne pouvait-il pas aborder d’autres territoires nés ailleurs mais tout aussi visuels ? La rivière de Rance arrose et baigne d’autres terres et rivages. Elle contient aussi certains havres tranquilles dans lesquels, très souvent, vient se recueillir tout un monde de volatiles, aux vols discrets et sans bruit. Le monde des oiseaux est ici toujours merveilleux à redécouvrir ; sa quête aérienne, recherchant la plénitude des eaux pour se poser, ressemble alors étrangement à notre propre envol quand, tous réunis, notre groupe de promenade parcourt les longs sentiers naturels pour apprécier des moments de quiétude partagée, moments toujours trop tôt écourtés par des heures impératives, celles de nos retours respectifs. Notre dernière promenade, que nous voulions tous cependant être dans le prolongement de nos évasions coutumières, fut celle qui nous amena de l’autre côté. La frontière n’existant plus, nous avions alors choisi le port du Lyvet, très souvent amarré à un ciel bleu étiré, pour aborder notre nouvelle escapade et suivre, sur le prolongement de ses rivages, la rivière que nous aimons tant. Donc, le port du Lyvet nous attendait, empli de bateaux aux couleurs diverses dédoublées par les eaux ; nous attendaient aussi des visages nouveaux venant de terres plus lointaines, comme celles de Trévron ou d’Evran. Notre surprise fut grande et joyeuse quand nous découvrîmes ces têtes nouvelles emplies de nos mêmes envies, voulant partager un même moment, un même plaisir, un même bonheur. Notre cercle s’agrandissait-il ?

    Il n’y avait ce jour là qu’un seul enfant pour nous accompagner, mais un enfant au visage très souriant. Nous, qui n’étions que des adultes, avons cependant ressenti dans nos têtes respectives un bonheur identique au bonheur de cet enfant ; était-ce le fait d’être tous de nouveau réunis ? Le premier pas fut lancé sous un soleil présent ; il avait plu très tôt ce jour là, dès le jeune matin. Les premières vieilles cabanes de pêcheurs, certaines remises à neuf, aussitôt nous accueillirent. Images d’un passé pourtant pas si lointain, elles ressemblent toutes à de vieilles entités vivantes, lesquelles, ancrées dans les vases de la rivière, semblent ne plus vouloir quitter ce monde ici si naturel. Nos pas nous entrainant, nous aperçûmes ensuite un vieux sablier lequel hier, lui aussi, décida de venir en ce lieu pour pouvoir jeter une dernière fois son ancre, une ancre définitivement accrochée mais ancrée et offerte à la folle destruction de la déchéance. Avez-vous déjà vu le havre du Dic et son vieux sablier toujours appelé le Louis ? Il s’efface un peu plus, jour après jour, tout doucement, avalé par la solitude régnant en ce lieu telle une immense maîtresse. Il y a déjà longtemps qu’il ne descend plus la Rance ; son corps, désormais empli de vase lourde, ne jettera plus jamais, dans les seules journées ensoleillées, son ombre sur les berges qu’il a si longtemps suivies. Il ne restera bientôt de lui plus qu'une seule image, une image mentale née au plus profond de notre souvenir, laquelle demain peut-être disparaitra de nos mémoires, à l’inverse de nos visages.

    Reprenons le cours de notre promenade... Le sentier que nous suivons ici est souvent à la limite d’une eau sans écume ; le gravissant quelques fois, il devient alors aussitôt un peu plus sauvage et difficile. Mais il est si naturel, si pédestre ! Tout y est si calme et si beau ! Nous apercevons très tôt, au travers du feuillage dense d'arbres multiples, l’arche d’un pont suspendu lequel est accroché à ce ciel bleu déjà rencontré. Si ce pont aérien relie en cet endroit essarté de la rivière, deux communes aux rives séparées, il relia aussi, le temps d’un court instant, nos regards, lesquels en cet endroit s’emplirent subitement de mots devenus silencieux. Le sentier, à l'approche de l'arche se durcit, abordant des marches naturelles, notre groupe devint encore plus uni, comme soudé en une seule et même personne, les plus jeunes aidant les aînés à descendre un chemin devenu difficile. Mais quelle vue ! L'ombre grisée et projetée de l'arche dessine toujours en cet endroit de la rivière, un croquis déjà commencé par les vieilles cabanes de pêcheurs situées un peu plus haut, en amont. Est-ce, en cet endroit, la beauté du paysage qui nous a le plus ému ou bien le geste naturel de l’entraide offerte ? Le havre de Mordrec, à la sortie de ce long sous-bois, nous livra à son tour de vieilles maisons de pêcherie aux passerelles de bois ajourées et trop dangereuses pour pouvoir s’y aventurer. Comme d’anciennes prêtresses veillant sur un monde à jamais endormi, elles dessinent ici, dans le limon déposé à leurs pieds, une seule ligne conductrice menant vers l’horizon. Ce trait sans fin, tendu vers le loin, semble vouloir inciter toute chose à s’incliner dans sa longue prière silencieuse, la rivière de Rance disparaissant ici, avalée par la vie et le ciel infini. Tout au long de notre promenade les minutes s'égrainèrent, sans bruit, dans une suite ininterrompue et le temps passa aussi très vite. Le moulin du Prat se révéla dans toute sa solitude automnale, la fontaine ferrugineuse nous montra son eau colorée de teintes cramoisies quant à celle de la Ville Hervy, aperçue au détour d’un chemin boisé, elle nous montra une vouivre au ventre presque asséché. Nous avons traversé les champs de pommiers, lesquels, emplis de paniers entreposés et regorgeant de fruits, laissaient échapper dans l’air, l’odeur de leurs fruits sucrés. Nous avons aussi traversé la Vieille Vicomté, pénétrant ses cours anciennes pour mieux nous y arrêter. Si nous avions, dans ce dédale de cours internes, su prêter une plus grande attention autour de nous, nous aurions pu remarquer d’avantage les dates inscrites en creux dans de vieilles pierres séculaires, nous aurions presque pu entendre aussi les murs entre eux murmurer mais, dans cet après-midi d’automne naissant, nous étions alors tous trop heureux pour les entendre puisque nous étions ensemble, de nouveau réuni. Je me souviens personnellement d’une longue maison aux volets bleus, d’un vieux lavoir et d’autres choses aussi à l’image des ailes offertes au vent, de quelques oies battant l’air de leurs cris trop puissants, à l’image de ce visage d’enfant souriant aussi. Je me souviens de notre retour vers le Louis et de tous nos propos mutuellement échangés ; mais je me souviens avant toute chose de notre séparation aussi.

     

     

     

     

     

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