• - Le manoir de la Grand-Cour et Mr.Robert Zunz, François Decorchemont et Henry Horacio Kitchener

    Le manoir de la Grand-Cour de Tressaint au travers de

    Messieurs Robert Zunz, François Decorchemont et le lieutenant-colonel Henry Horacio Kitchener.

    Peut être une image de arbre et plein air

     Lanvallay -  CPA -Tressaint - Foyer de charité - Salle à manger

    François Decorchemont et Robert Zunz

    Le manoir de la Grand-Cour au travers du mécénat de Robert Zunz. et le lieutenant-colonel Henry Horacio Kitchener.

    Le manoir de la Grand-Cour ayant possédé en sa cour métairie, hier château seigneurial des seigneurs de Lanvallay-Tressaint au XV siècle, fut en l’année 1966 racheté par l’Ordre Religieux des Foyers de la Charité lequel en a fait depuis l’un de ses Foyers cet Ordre religieux depuis moult années étirant à l’extérieur même de l’Europe sa présence spirituelle.

    Le manoir en 1939 était la propriété de Robert Zunz, né en 1880. Celui-ci fils de banquier, riche banquier lui même, était passionné par les Arts et cela peut-être même avant toute chose puisqu’il fut un grand mécène aidant ainsi financièrement plusieurs artistes aujourd’hui universellement reconnus pour certains ; il semble devoir acheté le manoir de la Grand-Cour vers 1925.

    Aimant autant la Peinture que les Poésies il passera commande au peintre français Max Jacob plusieurs Gouaches appréciant beaucoup son art ; celui-ci, peintre français, juif de naissance, se convertira au catholicisme âgé de 40 ans, en 1915. Arrêté pendant la seconde guerre mondiale à Orléans, en février 1944, Max Jacob sera enfermé à Drancy dans son camp d’internement en lequel il décèdera 2 semaines après son internement avant même d’être convoyé à Auschwitz.

    Enfant de la bourgeoisie juive il en sera de même pour Robert Zunz (Né le 9 avril 1880 à Paris, décédé le 6 mars 1944 à Paris), son ami artiste, juif français lui aussi lequel s’était également converti au Catholicisme ; Robert sera arrêté un peu plus tôt que son ami, le 12/12/1941, pour être emprisonné au camp de Compiègne. Libéré en 1944 Robert mourra peu de temps après son retour, très miné, très usé et très malade à cause de son internement. Mais avant ces années d’une excessive cruauté manifestée envers tout un peuple les années seront belles et aimées. Passionné donc par l’ensemble des arts, quels qu’ils soient, Robert Zunz, alors propriétaire du manoir de la Grand Cour en Tressaint, rencontrera peu avant 1933 un artiste verrier lequel en Maître est en train de révolutionner son art appris en créant une nouvelle façon de travailler la pâte de verre dans l’Art des Vitraux religieux ; cet artiste sera François Decorchemont aujourd’hui universellement reconnu en son travail.

    …François Émile Décorchemont (1880-1971) est un céramiste et maître verrier français. Issu d’une famille d’artistes, il étudie à l’École nationale des arts décoratifs de Paris, et réalise ensuite de nombreux objets en pâte de verre qui lui apportent la notoriété. Décorchemont invente une matière nouvelle, la pâte de cristalCatholique fervent, c’est en fréquentant l’église de son village, dotée de vitraux de la Renaissance, que lui vient l’idée d’appliquer sa technique à l’art du vitrail dans les années 1930. François Décorchemont met alors au point une technique unique pour concevoir des vitraux non pas en verre peint mais en pâte de verre colorée dans la masse. Sa nouvelle activité débute avec le chantier de l’église Sainte-Odile à Paris pour laquelle il réalise les 300 m2 de verrières. Au sortir de la guerre, il travaille essentiellement dans l’Eure, où il pose pas moins de 130 vitraux répartis dans une trentaine d’églises, dont les ensembles remarquables de Beuzeville, Etrépagny ou Ménesqueville. François Décorchemont est également intervenu à l’abbaye Saint-Wandrille à Saint-Wandrille-Rançon (Seine-Maritime), à l’ancien couvent de la Folie Couvrechef à Caen et à l’église paroissiale de Fontaine-Henri (Calvados). Personnage très discret et peu communiquant, François Décorchemont garde secrètes ses découvertes et ses techniques. Peintre, céramiste, verrier, il crée lui-même l’ensemble de ses œuvres, le dessin, le moule, la finition. Son œuvre se caractérise par un dessin épuré, aux lignes simples et par l’éclat, la transparence et la luminosité des couleurs. Ses créations n’ont pas de valeur fonctionnelle mais seulement esthétique de par leur fragilité et leur coût de production. Il éditait ses œuvres en petites séries et ne cherchait pas le rendement mais l’esthétisme...Jean-François Bourriaud. Expert CNES.

    François Decorchemont demandera à Robert, homme riche et banquier mécène une aide financière de 25.000 francs, somme toutefois assez IMPORTANTE pour l’époque ; François nait à Conches en Ouche le 26/05/1880 et il poussera entouré d’une famille vouée corps et âme aux Arts professant notamment la sculpture sur bois sa mère voyant elle aussi le jour à Conches ville déjà très célèbre pour ses vitraux présents en son église vouée à Sainte-Foy.

    François sera-t-il influencé par la ville natale de sa mère ? Nous pouvons en effet le supposer.

    Au tout début du 20ème siècle, en 1903, âgé d’à peine 23 ans, François découvre la Pâte de Verre avec laquelle il va bientôt révolutionner l’art des vitraux ; en effet il travaillera d’une nouvelle façon une pâte de cristal qu’il fera fondre dans un moule de cire perdue, cire enrichie d’oxydes métalliques un par couleur souhaitée. Cette pâte de verre, ou pâte de cristal, une fois cuite François la casse en l’émiettant finement avant de la recuire à nouveau dans des moules en terre cette fois appropriés à la forme voulue ; les éléments de pâte de verre, cuits et recuits puis retirés des différents moules, étaient alors assemblés les uns aux autres par des cordons de ciment finement réalisés. En cette façon de faire, de procéder, résidera toute l’unicité de son travail.

    Vers 1929, âgé d’environ 50 années, il va se diriger vers une vie plus « pleinement chrétienne » en résidant en sa ville natale, en la ville natale de sa mère ; Conches me voici a dû t’il dire ! La paix dans l’âme et l’envie dans son art Conches ainsi le recevra.

    Nous devons donc à la grand générosité et au grand humanisme de Robert Zunz, hier propriétaire de manoir de la Grand-Cour, hier décédé dans le camp de concentration de Drancy, d’avoir aujourd’hui en notre commune, en l’ancienne église seigneuriale de Lanvallay, des vitraux à la pâte de verre relevant tous d’un travail exceptionnel caractérisé en effet par une très grande unicité (Ce procédé possède toutefois une fragilité propre au ciment lequel par nature vieillit et devient donc fragile ayant toujours tendance tôt ou tard à se désagréger. Je ne sais si ces vitraux ont été répertoriés à défaut d’avoir été classés).

     

    Peut être une image de 2 personnes

    Eglise de Tressaint. Le Baptême du Christ dans le Jourdain symbolisé par la rivière de Rance ; au derrière de Saint-Jean se profile le manoir de la Grand-Cour.

    En 1939 François Decorchemont, en remerciement de l’aide financière que lui avait apporté un peu plus tôt Robert Zunz, alors propriétaire du manoir de la grand-Cour, demain le foyer de Charité, procédera en notre petite église de Tressaint à la réalisation de trois vitraux en pâte de verre, 1 vitrail par petite chapelle et un grand vitrail au derrière du Chœur dans la double baie trilobée.

    La chapelle, située au Nord, comprend elle un vitrail dédié au Christ Pasteur celui-ci étant entouré par l’ensemble de ses brebis dont l’une est portée par ses propres épaules ; ce vitrail daté porte en contrebas le remerciement personnel alors exprimé de François envers Robert.

    La chapelle positionnée au Sud comprend elle un vitrail beaucoup plus beau, beaucoup plus personnel, empli de tout un symbolisme et d’une pensée profonde aussi qui font tous deux de ce vitrail un objet tout à fait unique. En effet il s’agit du baptême de Jésus dans le Jourdain, Jésus étant baptisé par Jean dit le Baptiste ; cependant le vitrail réalisé, si nous l’étudions de plus près, avec une profonde attention, représente une scène tout autre. En effet le manoir de la Grand-Cour de Tressaint en cette œuvre est représenté et très reconnaissable par la présence même de sa grande tour ronde ; l’église de Tressaint est également montrée. Elle est effectivement reconnaissable au loin par sa tour contenant les deux clochetons si uniques en notre région. François Decorchemont n’aurait-il pas voulu représenter ici même en la rivière de Rance le baptême de Robert de Zunz lorsque celui-ci décida de se convertir au Catholicisme tout comme le fit hier son ami Max Jacob ? Les eaux bleues du vitrail en ce cas là ne seraient alors plus celles du Jourdain mais bel et bien celles de notre si chère rivière laquelle passe et baigne en contrebas les terres mêmes de la Grand-Cour.

    Celui qui regarde et celui qui voit. Le vitrail de la double baie trilobée comporte quant à lui une Pomme de pin et une grappe de grains de Raisin chacun de ces éléments inondés de sa propre auréole, tache immaculée laquelle semble vouloir composer de part et d’autre de la Pomme de pin et du Raisin (le Pain et le Vin); toutes deux symbolisent t’elles un cœur éclairé par sa propre lumière ou bien le visage de celui qui sait ? Le profil d’une tête en effet peut se deviner contenant tout l’Essentiel, profil tendant à créer un regard tourné droit devant soi même, tourné droit devant vers ce que nous pourrions finalement tous être; le tout se trouve être inondée de cette lumière bleue claire, beaucoup plus vaste, beaucoup plus importante, beaucoup plus symbolique rappelant étrangement l’Aura du corps humain transfiguré. Avec les Lettres du Christ l’ensemble du tout est ourlé par un bleu plus soutenu, plus profond symbolisant peut-être les limites de toute chose, nos propres limites personnelles et celle de la connaissance aussi.

    Les vitraux en pate de cristal de François Decorchemont doivent être regardé des deux côtés, des deux faces tel un visage de Janus.

    Peut être une image de 1 personne

    Peut être une image de intérieur

    1939. Les vitraux ci-dessus en pâtre de cristal de François Decorchemont : La Baptême. Le Christ Pasteur. En la double baie Trilobée les vitraux à la Grappe de Raisin et à la Pomme de Pin.

    Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 6fTf5ZriIdriSzSdH1nCNVn827o.jpg

     

    L'ancienne chapelle seigneuriale des premiers seigneurs de Tressaint-lanvallay, hier église paroissiale de Tressaint.
    La chapelle seigneuriale de Tressaint en son pignon occidental avec sa porte d'entrée principale. D'une architecture à double cintres propre au 17ème siècle la porte et son pignon durent tous deux êtres probablement réédifiés après 1698, année en laquelle fut construite la Sacristie latérale par madame la Marquise de la Hautonnière. Ce mur fut de nouveau reconstruit dans la seconde moitié du 20ème siècle, en 1969, après qu'il ai été très fortement fragilisé par une très violente tempête ayant entrainée la chute du mur à clochetons surmontant extérieurement ce même pignon.

    Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 5gSQ3pdLV00l90lOBj4SueGsRWY.jpg

     

    Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est Zm_CAp8lM4a21tKXVTb0X352iBo.jpg

    Le manoir de la Grand-Cour et le lieutenant-colonel Henry Horacio Kitchener.

    Avant de devenir en 1966 le bien du Foyer de la Charité, et avant même d’être le bien personnel de Bernard Zunz en 1933, le manoir de la Grand-Cour en 1870 sera occupé par le lieutenant-colonel Henry Horacio Kitchener (1805-1894) celui-ci prenant pour première épouse Frances Ann Chevallier fille du révérend Jean Chevallier et d’Elisabeth Cole (Tous installés en Suisse en 1864 pour soigner la maladie de Frances-Ann celle-ci décèdera cependant la même année en ce pays de la tuberculose, sa maladie ; par sa propre famille Frances-Ann plongeait ses racine dans une famille huguenote qui prendra les chemins de l’exile lors la Révocation de l’Edit de Nantes). En 1870 lorsque éclatera la guerre Franco-prussienne le manoir de la grand-Cour aura entre ses murs le Lieutenant-colonel Henry Horacio Kitchener et sa seconde épouse Mary-Emma-Green ainsi que leur fille à tous deux, Kawara, née en 1868 en Nouvelle Zélande. que certains des enfants d’Henry Horacio nés du premier lit ; parmi les 5 enfants nés de son premier lit sera le futur lord Kitchener « Horatio Herbert Kitchener » militaire célèbre dont l’une des rue de Dinan porte toujours aujourd’hui son nom (Se destinant à l’Armée comme son père Horatio Herbert sera présent quelques temps en la grand-Cour de Tressaint avant d’obtenir le 15/01/1871 le grade de Lieutenant ; de simple soldat de Napoléon III il deviendra Maréchal de l’Empire Britannique la guerre des Boërs faisant de lui un « Général en chef » lui offrant même l’anoblissement. Anoblit il deviendra Baron et Comte sous le terme : Lord Kitchener de Kartoum et de Broom. Il disparaitra en mer le 05/06/1916 lors d’un retour qui devait le menait en Russie).

    Le père Henry Horacio, William Kitchener, aïeul d’Horatio Herbert lord de Kitchener, de sa charge était marchand de laine et de thé à Londres ; il semble avoir été le fondateur de l’opulence financière de cette riche famille anglaise. Remarié en seconde noce Henry Horacio son fils, avec sa seconde épouse demeura en le manoir de la Grand Cour il est vrai pendant 3 ans, trois toutes petites années, avant de quitter les murs séculaire du manoir ayant le 18/10/1873 acheté à Dinan, sis au 7 de la rue Saint-Charles, l’ancien presbytère de la paroisse de Saint-Malo de Dinan. Henry Horatio rentrera en Angleterre décédant en celle-ci le 14/08/1894, à Bossington, en le comté de Leicester ; son épouse restera cependant à Dinan ville en laquelle elle mourra le 11/01/1918; elle était née en Angleterre le 25/01/1837.

     

    Henry Horacio Kitchener

     

    Peut être une image de 1 personne

     

    Horatio Herbert Kitchener Lord Kitchener de Kartoum et de Broom

     

    De mémoire d’un ancien petit garçon rencontré, aujourd’hui agriculteur et fermier à la retraite, monsieur Zunz ne fut plus jamais aperçu en son château au lendemain de la 2ème guerre mondiale. Et pour cause ! Le camp de Compiègne et le nazisme c’étaient accaparé de sa vie…

    Dans la mémoire du petit garçon seule madame Zunz au lendemain de la guerre viendra régulièrement en son domaine et cela simplement en la période des beaux jours d’été. De sa mémoire de petit garçon le manoir de la Grand-Cour tout au long de l’année, cela sous le vivant de madame Zunz, était simplement occupé par un couple faisant office de « gardiens, couple dont le mari était donc à l’année rémunéré par madame Zunz elle même (Epousée en 1906 à Paris Olga Spanjaard 1885-1961; lors des fiançailles de Jean Zunz, leur fils, M. et Mme Robert Zunz seront tous deux dits être de la Grand-Cour, en Tressaint ) ; ce couple de gardiens avait pour enfant un petit garçon.

    Ce petit garçon, aujourd’hui fermier à la retraite, garde toujours au plus profond de sa mémoire le souvenir des très grandes réceptions d’été que madame Zunz organisait alors en son manoir, réceptions lesquelles parfois comprenaient plus de 40 ou 50 convives la femme du gardien ayant quant à elle, pour seule ou principale occupation, de pourvoir au bon déroulement de tout ce petit monde…

    B.M.S de Tressaint : Le corps de Marc Coudray fils Guillaume métayer au château de Tressaint âgé d’environ 26 ans décédé dans la dite métayrie de la Grand Cour muny de tous les sacréments par moy sousigné prieur de Tressaint inhumé dans le bas de l’église en présence de Bernarbé Leforgeoux, de Jan du Verger, Julien et Endré Josselin qui ne signent et autres le 15 juin 1742. Pinot prieur de Tressaint…

    Lanvallay -  CPA - Tressaint : Foyer de charité - bâtiment

     

     

    Peut être une image de 1 personne

    Aucune description de photo disponible.

    « - L’ancienne métairie des Clos.- La noble maison de Baudouin à la Courbure »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :