• 1577-1582.L'affermage du bien du temporel du prieuré par Guillaume Ferron

     

    1577.L'affermage du bien du temporel du prieuré par Guillaume Ferron

     

    1577

    Les  affermages du bien du temporel du prieuré par Guillaume Ferron.              Images 3340-3341-3342-3343-3344-3345-3346-3347-3348-3349 

     

    Les origines du bailliage de la Jossaie en Taden et l'honorable famille de Gilles des Broces

    Le 20 avril de l'année 1577 le pape Grégoire III, né Ugo Boncompagni, accorda au roi de France, alors Henry III, jeune roi de 26 ans, le droit de prélever annuellement, et cela sur tout le clergé de France, une rente annuelle pour une somme de 50.000,00 écus d'or. Chacun de ces écus, à la lecture de cet acte, représentait donc en 1577 la valeur monétaire de 65 sous tournois. Pour permettre au roi de France cette levée financière en son royaume et sur son clergé ce pape autorisera donc l'aliénation d'une partie des biens religieux placés sous l'autorité des prieurs et abbés commendataires et cela à la seule fin de pouvoir mettre individuellement ces mêmes biens en "rente annuelle". Cette opération d'aliénation fera ainsi sortit de la manne de ces riches seigneurs religieux, tous  "commendataires ", tout un ensemble de leur bien hier alors en leur seul possession. La somme totale de ces mêmes aliénations, dans la continuité de cette décision,  fut donc estimée ou évaluée par les seuls cardinaux de Bourbon et de Guise accompagnés en cela d'Antoine Marie Salmon alors évesque de Saint-Papoul et parent du roi de France. Cette décision ici décrite, dont personnellement je ne connais pas l'origine avec certitude, sera elle enregistrée en une Bulle Papale [Henry III est dès son couronnement mis à mal par son propre frère François d'Alençon, futur duc d'Anjou,  mais aussi par son cousin proche Henry de Navarre futur roi de France, alors homme protestant, François à des fins politiques se rapprochant de cette nouvelle religion. Les prémices de la guerre de religion trouvent ici même leurs propres origines. Ce conflit guerrier naissant va mettre très tôt à mal les ressources financières du roi creusant de façon importante un déficit budgétaire. Faut-il voir en ce déficit des caisses du roi de France l'origine même de cette aliénation ici accordée par le pape ? Quelques années seulement après ce droit accordé par le pape Henry roi de France, cela au mois de septembre 1577, signera un paix toute fragile avec les protestants; cela sera la "Paix de Bergerac" laquelle sera suivie de l'Edit de Poitiers].                   En 1577 le prieuré du pont et son bien temporel sont alors placés entre les mains pieuses de Hamon Ferron lequel, assis à cette charge religieuse, succèdera à son propre cousin Pierre Ferron lui même hier prieur de notre prieuré en 1556. En  cette même année 1577 est alors "fermier général" du prieuré du Pont à Dinan Guillaume Ferron le propre frère de Hamon ici cité [ce dernier, seigneur de Chesne par ses parents, sera aussi seigneur de la Mittrie et de la Sigonnières toutes deux terres d'Evran et de Saint-Juvat] . Le prieuré du pont de Dinan possède cependant déjà en cette même année1577, cela en son grand bailliage, une grande partie des terres privatives composant le village de la Jossaie, village relevant de la paroisse de Tadain, aujourd'hui Taden. Comment ces mêmes terres fut-elles offertes au prieuré de la Magdelaine du pont à Dinan ? [Le prieur, moyennant une somme allouée annuellement,confiait en déléguant la gestion de son bien temporel à un fermier général. La gestion de ce bien temporel, ici certaines des terres du village de la Jossaie, était donc confiée à une tierce personne cela au travers d'un bail le prieur ne s'occupant nullement des taches matérielles de la gestion de ses biens matériels. Le village de la Jossaie, en 1577, se vit donc devoir au prieur relevant de Marmoutier, cela afin de pouvoir très partiellement financer les 50.000,00 écus d'or demandé par le roi, 7 boisseaux 7 godets et demi de froment. Pour gérer cette gestion, ce prélèvement en nature, une mise en enchère de cette charge fut faite afin de pouvoir trouver le fermier propre à cette charge alors que le prieuré possédait déjà un fermier général lequel gérait tout le bien temporel du prieuré; celui-ci était très probablement Guillaume Ferron seigneur du Chesne en Saint-Carné et frère du prieur en personne.                                                                 Alors pourquoi la recherche d'un second fermier propre à la seule gestion de ces 7 boisseaux et 7 godets 1/2 de froment ? Les enchères, pour allouer ces "fermes", duraient le temps d'une bougie le dernier fermier potentiel devant faire sa propre surenchère avant l'extinction de la dite bougie. D'ailleurs, en des "Salles de Vente" ce principe est toujours aujourd'hui appliqué. Ainsi, moyennant une rente annuelle versée au prieur et proposée par le fermier, cela lors de la dite mise aux enchères, celui-ci ayant acquis sa ferme gérait ensuite à sa façon les biens temporels du prieuré dont il avait alors et la charge financière et la charge matérielle pour une durée déterminée par le bail mutuellement accepté; le fermier général trouvera ses propres bénéfices dans le principe même du sous-fermage lui même déléguant sa tache en tout un ensemble de sous-fermiers. Quels pouvaient êtres les bénéfices éventuels pour le fermier ayant remporté les enchères de la gestion de ces 7 boisseaux 7 godets et demi de froment ? Ces enchères seront remportées par Guillaume Ferron en personne, seigneur du Chesne, celui-ci ayant déjà en charge les biens temporels du prieuré de la Magdelaine du pont à Dinan. Ce dernier voulait-il ainsi rester seul maitre à bord de la ferme du prieuré ? Nous devons ici remarquer que le frère de Guillaume, Bertrand ferron, le premier fermier du prieuré cité par un acte écrit, était aussi en 1568 le procureur de son frère Hamon alors prieur du prieuré. A ce titre Bertrand associait donc deux activés roturières, à savoir celle de procureur fiscal et celle de fermier général. Demain, dans l'ensemble des baux du prieuré étudié, le fermier général ne sera plus jamais aussi procureur fiscal du dit prieuré. Il est vrai cependant qu'au sein d'une même famille cela fut rencontré. Ainsi, Nicolas Rolland, sieur des Croix en Lanvallay, fut liu fermier général du prieuré quand son propre beau-frère Macé-Marot, sieur du Chemineuf et des Champsguerard, en Lanvallay, lui en sera le procureur fiscal. Nous voyons très bien ici les liens financiers ayant pu unir, cela aux XVI et XVII siècles, certains membres d'une même famille autour de la gestion et financière et juridique du dit prieuré du pont à Dinan ].           Ce bailliage nous le savons est cependant cité "bien du prieuré" dès l'année 1543 et cela lors du dénombrement fait sous la mandature du prieur Jehan le Clerc alors le prieur commendataire de notre prieuré. Ce village, nommé la Jossaie, cela en une très grande partie de ses terres, est alors déjà déposé entre les mains de l'honorable famille des Broces déposées notamment qu'elles sont entre celles de Gilles des Broces le montant total annuel de la rente due s'élevant alors à 70 boisseaux de fromant des récoltes faites, boisseaux pris directement sur le vantoir Item ung bailliaige ayant cours en la paroisse de Tadain au village de la Joussaye vallant communs ans soixante dix boixeaux de froment, mesure de Dinan, par espece et sans devoir de partaige, dont sont hommes les héritiers de Gilles des Brosses et sa femme, les héritiers de Guillaume Simon, Guillaume Razel le sieur de Plouer, Jullien Guenoir et plusieurs autres...[Le patronyme "Des Broces s'écrira aussi Des Brosses. Il sera ainsi orthographié en 1582 lors de la tenue des rentes du bailliage de la Jossaie laquelle sera rédigée 5 années après la rédaction de l'acte ici étudié. Si l'acte de 1582 cite ainsi Julien, Guillaume et Roberde des Brosses, Pierre et Jacques des Brosses aussi tous enfants ou parents probables de Gilles, il cite néanmoins d'autres patronymes tous possesseurs de terres en le dit bailliaige de la Jossaie. Ainsi seront aussi cités en la dite année 1582 Pierre Marry; François Couldray; Josselin Nicolas; Guillaume Journeaux; Jehan Nogues; Jehan et Jacquette Rouxel; Jehan Loreaux; Guillaume Poignant; Pierre Guillomatz; Guillaume Harel; Guyonne Grant; Jullienne Harel et Thomas Sebille. Si cette terre aujourd'hui est le bien seulement de quelques familles ont voit très bien à la lecture de ces quelques phrases la présence ici même au XVI siècle de tout un tissu"rural" alors présent et ici possesseur. Reprendre le chapitre intitulé : 1582. Extrait des Rentes au Bailliage de la Jossaie en Taden.                                        Gilles des Broces et femme ci-dessus, les sieurs Simon, Razel et Guenoir devant tous ensemble et annuellement, cela en la dite année 1543, les dits 70 boisseaux de froment de rente dus par la dite terre de la Jossaie. Cette terre relèvera au XVI siècle très probablement de la seigneur de la Garaye en la paroisse de Taden, seigneurie appartenant en propre en ce même XVI siècle aux seigneurs Ferré de la Garaye].                                                                                                    Bertrand Ferron ici présent n'est pas n'importe quel fermier général puisqu'il est aussi"écuyer" et seigneur des terres et chasteau du Chesne en la paroisse de Saint-Carné. Celui-ci, fils de l'escuyer Julien Ferron sieur du Chesne aussi, héritera et de son père et de sa mère Bertrane Ferré, née dlle de la Garaye, de la dite seigneurie du Chesne; il épousera successivement et Françoise de Saint-Cyre et Louise Boterel son fils né de Françoise de Saint-Cyre ayant été de son vivant recteur de la paroisse d'Evran.                                                                                                                                 La noble et seigneuriale de famille Ferré est alors seigneur en les terres de la Garaye en Taden et, à ce titre, sachant que les terres de la Jossaie sont-elles aussi toujours aujourd'hui assise en Taden, peut-on aussi penser que ce bailliage de la Jossaie fut offert au prieuré du pont à Dinan par Julien Ferron et Bertrane Ferré eux mêmes ? Cela surtout que ces derniers ont été tous deux les parents de Bertand, Guillaume et Hamon Ferron Bertrand et Guillaume ayant été respectivement fermier du bien temporel du prieuré et Hamon lui le prieur.  Cela se fit-il sous le mandat "prieural" de Pierre Ferron lequel fut lui le propre frère de Julien Ferron  ci-dessus ici cité ?  [Parmi les différents biens relevant du prieuré du pont à Dinan seront cités au XVII siècle plusieurs bailliages. Ainsi le prieuré comprendra alors le grand bailliage dit de Lanvallay, le bailliage de la Chandeleur et enfin le bailliage de Beaufort lequel lui relevait alors de la seigneurie de Beaufort la Garaye en Taden. Aussi, au XVII siècle, est-ce au travers de ce dernier que l'on doit ranger aujourd'hui celui qui, au XVI siècle, sera dénommé le bailliage de la Jossaie en Taden ? Les seigneurs de la Garaye, au travers de l'honorable famille des Marot des Alleux"  auront eux leur chapelle funéraire en l'église paroissiale de Tadain, aujourd'hui Taden. Bertrand, Guillaume et Hamon auront tous trois pour soeurs et Catherine et Janne Ferron lesquelles, respectivement, épousant et Jean le françois et Rolland Rolland, seront dites Dame des Rochettes et Dame des Salles toutes deux terres assises en la paroisse de Lanvallay. Catherine, Janne et sont époux seront tous trois possesseurs en commun du noble grand logis de la Croix-Verte, noble demeure située au plus près de l'église du prieuré de la Magdelaine du pont à Dinan].                                                                                      Pour répondre à cette nouvelle taxe laquelle fut donc accordée en 1577 au roi de France par  l'évesque de Rome il a fallu à l'ensemble des prieurs et abbés commendataires lever de nouvelles rentes lesquelles, inéluctablement,  vinrent s'ajouter aux taxes et rentes annuelles alors déjà existantes et appliquée sur leur bien respectif  [il aurait-été trop facile au prieuré du pont de prendre, cela par exemple, les dits 7 boisseaux et demi demandés sur les 70 boisseaux alors déjà annuellement versés en 1543. Il est vrai que cela aurait alors représenté un manque "à gagner" certain pour le prieur de notre prieuré ou pour son abbaye mère de Marmoutier. Il était donc beaucoup facile de lever un nouvel impôt ou une nouvelle taxe annuelle celle-ci s'additionnant à la première]. Ainsi certaines des terres privatives de la Jossaie se virent-elles devoir verser en 1577 une taxe annuelle de 7 boisseaux et demi de froment laquelle, représentant une valeur financière au travers de sa rente, vint donc très probablement s'ajouter au versement des 70 boisseaux de froment déjà demandé en 1543 lorsque que dit Jehan Le Clerc était alors prieur de notre prieuré. Pour lever cette nouvelle rente il devait alors, à la lecture de cet acte, créer une nouvelle rente et trouver aussi un nouveau fermier propre à la percevoir cela moyennant bien sur, pour le fermier retenu, une rémunération annuelle proposée aux enchères pour l'enlèvement de la dite rente par chaque futur fermier candidat.  Cette rente créée à la Jossaie fut donc mise aux enchères le 20 avril 1577.             Déjà probablement fermier général du prieuré en 1577 chargé du bon versement des dits 70 boisseaux de Froment, versement dû notamment par les sieurs des Broces, Guillaume Ferron seigneur du Chesne se présentera lors de la mise aux enchères pour enlever cette nouvelle rente celui-ci remportant cette rente à l'extinction de la bougie  allumée personne n'ayant surenchéri sur sa dernière proposition. La proposition faite par Guillaume sera construite sur une somme proposée annuellement de neuf fois vingt trois livres tournoys [Cette  nouvelle rente concernant que 7 boisseaux et 7 godets et demi de froment ne semble, toujours à la lecture de cet acte, n'avoir été appliquée à la Jossaie que sur les biens propres relevant de Julien et de Jacques des Broces tous deux fils de Gilles des Broces hier cité en 1543. Pourquoi ici à la Jossaie ce fait puisque cette nouvelle taxe sera en effet seulement appliquée sur les maisons et héritages de ces deux frères tous deux héritiers de feu leur père ? Ces derniers étaient entrés en possession des terres ayant en 1543 appartenu aux sieurs cités au côté de Gille des Broces leur père à tous deux ?]

     

    20 avril 1577

     Levée en rente de sept boisseaux de froment et sept godets en les maisons et métairie de la Jossaie

    - Comme il soict ainsin [que le sache que ci-devant il a été par notre Saint Père le pape accordé...] que sy

    - davant il aict este par nostre sainct pere [Gregoire XIII lequel fut pape de 1572 à 1585]

    - le pape acorde au roy nostre sire faire [Henry III roi de France de 1574 à 1589]

    - leve sur le clerge de son royaume le nombre [de faire lever sur le clergé de son...]

    - de cinquante mil escuz dor, sol de rante

    - c [Ici mot abbrégé : C = comme ?] revenu annuel franchissable chaicun [ ou : chacun de ces revenus annuel franchissable; franchissable : revenu qui peut être atteint chaque année]   pour vingt

    - quatre escuz chaicun vallent soixante cinq

    - soubz tournois et pour et faire permettre, faire [chaque écu représente ici une somme de 65 sous tournois]

    - faire rente et allienation des biens du  [pour permettre de faire cela;  autorisation d'aliéner et de mettre en rente les biens...]

    - temporel des beneficiers [bénéficiers : les prieurs commendataires] qui seront cottez [estimés]

    - et taxez par messieurs les reverandissimes

    - Cardinaux de Bourbon, de Guise, de Anthoine [Charles de Bourbon oncle du futur roi de France  Henry IV. Archevêque de Rouen, abbé commendataires d'une vingtaine abbayes il sera l'un des princes en Europe les plus riches. Emprisonné par Henry III de France à la mort de ce roi il sera par le Parlement proclamé seul héritier légitime. Toujours emprisonné il reconnaitra cependant son neveu Henry IV de Bourbon comme étant son légitime roi et proclamé roi sous le nom de Charles X. Il meurt un an après en 1590, toujours emprisonné, en sa prison de Fontenay le Comte. Probablement Louis II de Guise lequel, archevêque de Reins aussi, sera assassiné avec son frère le duc de Guise.]

    - Marye Salmon evesque de sainct Papoul [Anton Maria Salviati. Né à Florence, nommé évêque de Saint-Papoul en 1561 il sera fait cardinal le 12/12/1583. Il meurt à Rome en 1602. L'Abbaye de Saint-Papoul se trouve aujourd'hui en la département de l'Aude, en la région du Languedoc-Roussillon]

    - et aultres commis et deputtez [et d'autres personnes commises à cela ou nommées pour faire cela...] pour et faire 

    - par nostre sainct pere comme plus emplement

    - est raporte et contenu en sa bulle [comme cela est rapporté en sa bulle papale...] et

    - commandant ville saincte patrie de nostre pape [lequel commande Rome,  patrie et ville sainte de notre  Pape...]

    - gregorien episcopal saevoir ...[suit ici un texte en latin]

    - et en obaissant a celle qui sauroict estre [en obéissant a celle qui saurait être mise demain...]

    - mis, Jean Philippe sieur de Lande, procureur spécial

    - de noble homme frere Hamon ferron prieur

    - du prieure de la Magdelaine du pont a dinan

    - declare metre en rente le nombre de sept bouiessaux

    - [et] sept godectz et demy, godect de fromant [de] rante

    - mesure de Dinan deubz en especes venantes de sur

    - le ventoir au dit prieuré en juridiction seigneuriale

    - et obaissant [obéissant à la raison de ] par Jullien et Jacques des Broces [propriétaires avant Guillaume Mouton du village de la Jossaye en Taden Jullien et Jacques, tous deux parent l'un de l'autre étant les fils probables de Gilles des Braces lequel est déjà cité sur les terres de la Jossaie en 1543. Ils semblent tous deux devoir accepter en obéissant à la dite nouvelle rente de 7 boisseaux et demie demandée sur leur bien commun assis en le village et terres de la Jossaye.  Guillaume Mouton sieur des Salles, ici propriétaire héritier aussi en 1685, quelques quatre générations après Gilles des Broces, sera en litige avec le prieur celui-ci lui réclamant plusieurs années de non paiements. Lire ce chapitre...Comment a pu se faire la "transmission" de la terre de la Jossaie de l'honorable famille des Broces à celle non moins honorable de Guillaume Mouton ?]

    - sur lipotecque [sur l"hypothèque] de certains heritaiges situes en la

    - paroisse de Tadain despendant de partye [ en partie]

    - du revenue du baillaige [du balliage] de la jossaie et pris

    - le dict Pihel, procureur, a este et depuis este

    - procede a la rante dudict nombre de Rante,

    - sy devant declares, suivant lassignation au

    - jour donne  aux encherisseurs sellon quil

    - est plus emplemaict [plus amplement] contenu et lexploict

    - de ce faict [en l'écrit de ce fait...] est affixer aux portes deglyse

    - parassialle de Tadain [afficher aux portes de l'église ...] ou est situe le dit ban [le dit trait de rente. Ban = Bannier : se dit de celui qui est soumis à une banalité, celui qui tien ferme tel le fournier qui oeuvre en un four à ban ou à un four banal]

    - et affixe [et affixation faite...] faicte en la ville de Dinan a jour de

    - marche aux lieux acoustumes a faire exploict de justice [en le lieu habituel où la coutume veut que l'on affiche les écrits de justice...] dont la premiere fait faict faire [dont la première apparition fut faite...]

    - le jeudy quinziesme jour dapuril [d'avril] depuiz passe et les deux aux sub...faict

    - justiciables  comme....Morice Mesraye  (Morice Mezeray]

    - sergent, laquelle declaration a este remie

    - et affixe [afficher] en ceste ville de Dol au bout [de la]

    - poissonnerie lieu acoustume a faire exploit de

    - justices a jour de marche  [en le jour du marché] comme larrest [en conformité à l'arrêt]

    - jusque beneffice dernier sergent presant [en la présence du sergent]. Suyvant 

    - ce et acte sur datte et obaissant [obéissant] a icelle  

    - affin que les ditz deniers ne souainct retardez [afin ne soient retardés dans leur versement au roy

    les dits deniers] a estre procede aux encheres de la dicte rante sy [qu'il soit procédé aux enchères ci-devant énoncés ...] 

    - devent declaree a estainct de chandelle allumee [à l'extinction de la chandelle les ventes étant alors soumis à l'extinction d'une chandelle laquelle faisant office de temps alloué à la dite vente] 

    - laquelle rante a este ainssi a plussieurs boutz

    - et bannies [le ban ayant été proposé à la chandelle par...] par plussieurs et dernières personnes

    - et en aultre a estre mis apris [avoir mis à prix par une dernière personne, par...] par noble

    - homme Guillaume ferron sieur de beauchesne a la

    - somme de vingt quatre livres tournoys chaincun

    bouessaux [chaque boisseau] quest [laquelle est la somme pour...] somme pour le dit nombre de

    - sept bouessaux [Guillaume de Beauchesne prenant la rente de sept boisseaux et sept godets de froments pour la somme de 168 livres ou 923 livres ] sept godetz et demy de fromants . La somme - de neuff vingt trois livres [soit 207 livres les sept godets et demi de froment représentant eux  environ 39 livres] tournoys et cinquante soubz aulx prones de lopistal 

    - de Dol sans comprandre les fraiz de la sollution

    - et rante comme derniers encherisseurs

    - et plus faisant valloir la dicte rante cy

    - davant [ci-devant énoncée] appres plusieurs remises [proclamations]  faites sil [s'il] 

    - y auroict personne qui plus la veuille pour faire

    - valloir [pour surenchérir] et ny a eu personne qui aict voulle  [qui ait voulu...]

    - mettre dernier aultre la dicte somme [personne n'a voulu sur enchérir sur la dite dernière somme] en lendroit [au moment où le dernier bout de la chandelle s'est éteint...] du quel debout    - cest la dicte chandelle estainct, a estre partant la dicte rante sy davent  [à partir de ce moment la dite rente ci-devant présentée...] 

    - declare sollement au dict ferron a la dicte somme [alloue au seul ferron pour la dite somme...] de neuff vingt trois [neuf fois vingt trois...] livres tournoys et frais

    - oultre [outres les frais] et cinquante soubz au paement et

    - condempnation dicelle [à la condamnation du paiement de celle-ci] somme et dettention [et de la confiscation de ses biens ...] sur ces

    - biens et esplectation [la confiscation de ses biens mêmes ceux hérités] diceux de herites, en aultre

    - a estre emprisonnemaict de son corps et personne [a être emprisonné de son corps et de sa personne] pour les propres deniers et affaires

    - du roy et sans aultre formallite [sans autre formalité pour les deniers et les affaires du roi] gardez par les sergents royaux et de hault justice et

    - poira [et paiera] le dict ferron au recepteur pour et

    - après deputtez [l'envoi au gens concernés] et partant [et à partir de ce moment...] a estre

    - permis audict ferron allez prandre et

    - aprehandez [prendre possession de la...] la pocession et jouissance du dict

    - rantaige [prendre possession et la jouissance de la dite rante...] et faire faire a tour...de ceux

    - qui doibvent le dict rentaige [le sieur Guillaume Ferron prend la ferme ou la rente des biens relevant du prieur et tous assis en le village de la Jossaie notamment. Ces biens, bâtis et non bâtis, maisons, terres et jardins, sont cependant pour la plus part biens ici de l'honorable famille des Broces. Ces derniers, en tant que possesseurs, doivent annuellement un impôt ou rente au prieur. A ce titre, nouveau fermier des biens relevant du temporel du prieuré du Pont Guillaume ferron se doit donc dorénavant de lever et de percevoir, pour le dit prieur du prieuré, l'ensemble des rentes annuellement dû par chaque possesseur ou propriétaire d'un bien et cela quelque soit ce bien l'ensemble de ceux-ci formant le dit "Rentaige".]  sont cependant pour lequel ont este et

    - sont commis les subdellegues soubz signez,

    - faict par davent nous [par devant nous...] Jehan Bouttier sieur

    - de S...docteur aux droits, senechal

    - et sergent ordinaire de la court de Dol

    - en est present et assistant venerable

    - maistre Toussaint de la Mare, docteur en theologie

    - vicaire general du dict seigneur evesque de

    - Dol en lauditoire dudict Dol le vingtiesme

    - jour dapuril l'an mil cinq cent soixante

    - et dix sept par le commandement de nos dicts

    - sieurs les commissaires ainsin signe Jehan Boutier

    - et P.Salmon [maistre Jehan Boutier lequel, sénéchal de Dol, sera l'époux de Janne Uguet. Tous les deux sont cités dès l'année 1566 pour la succession de la dite Janne Uguet succession opposant cette dernière à son frère Guillaume Uguet et son épouse, Josseline Bardoul].

     

    28 juillet 1577

    L'attestation de la rente du 20 avril 1577

     

    Comme des le vingtiesme jour dapuril

    l'an mil cinq cents soixante dix sept noble

    homme Guillaume ferron sieur de la mettrie et

    et de la segonniere [de la Mitrie en Pays d'Evran (?) et de la Sigonnière en Saint-Juvat. Il sera donc cité aussi sieur de Beauchesne] auroict en lauditoire de la court [avait en l'auditoire de...] 

    de Dol acquis a lestainct [à l'extinction de .. .]  de la chandelle

    davecq frere Hamon [alors son véritable frère aussi] ferron, prieur du prieure

    de la Magdelaine du pont a Dinan le nombre

    de sept bouesseaux sept godetz et demy, godetz de frommant

    de rante, mesure de dinan, deu [dû en...] en especes et venant

    de sur le ventoir [outil pour sécher le froment ou le bled] au dict prieur en juridiction

    seigneurie et obeissanct par noble gens Jullien

    et Jacques des Broces sur [l'] hypotecq [sur l'hypothèque] de leurs

    maisons et hericttaige [ces derniers avaient donc vu tous deux entièrement "hypothèqué" l'ensemble de leurs biens] sittuez en la paroisse de

    Tadain au village de la Jossaye et aux

    environs, pour la somme de neuff vingt trois

    livres tournois cinquante soubz tournois aux

    par...... du dict Dol et les fraiz oultre

    a faire le dict acquierreur le poyment dans

    acquest [de ce qui a été acquis] au recepteur et deputte en lacquict

    du dict prieur pour la portion [cette rente relevant du prieuré du pont] et puy il

    auroict este taxe par messieurs [et puis il a été taxé par...] les

    du roy commissaires pour lallienation du temporel

    ecclesiasticque selon le contract du dict acquerreur

    faict devant maistre Jan Boutier senechal

    du dict Dol et Toussainct de La Lande vicaire

    general dudict seigneur evesque de Dol,

    subdeleguez des dicts sieurs commissaires, signe

    Jan Bouttier et P.Salmon adioinict (mot que je ne comprends pas ) suivant

    lequel contract le dict acquereur auroict le

    dix neuffiesme doctobre en suivant [le 19 octobre suivant] poye le prix

    du dict acquest [du dit acquis]  au dict recepteur [percepteur] par acquist

    signe Ollivier, et sur ce que annonciation de ce que le dict

    acquereur  voulloict appeller  le dict prieur

    pour luy atournez [pour lui retourner]  les dicts la Broces du dict

    rantaige en juridiction seignerie et obeissant.

    De ce jour par devant nous nottaires

    royaux soubz signant de la Court de Rennes du nombre

    de cinq etabliz a Dinan [les cinq notaires établis à Dinan et représentant la Cour de Rennes] a comparu en droit

    en personne le dict frere Hamon prieur

    du dict prieure de la Magdelaine du pont a Dinan

    lequel en vertu du dict contract de vendredi cy

    devant mentionne [ci-devant mentionné] a faict comparoir [comparaitre] noble

    homme Jacques des Broce qui a confesse estre

    homme et subjet [qu'il était son vassal] dudict prieur et de luy

    tenir prochement [prochainement] entre aultre chosse leurs

    maisons et herittaige qui ensuivent [et tout ce qui s'en suit] situez ainsi

    paroisse et villaige [en la paroisse et le village, à savoir...] seavoir une maison,

    une maison avec yssue [sortie] et deport de jardin

    le tout contenant en fons [en fond]  environ dix ouict

    seillons [dix huit sillons de terre ou dix huit traits de terre] de terre joignant a terre de Pierre Marin

    et Jacquette Hervy sa femme, daultre a terre [de]  Jullien

    et Guillaume la des Broces, aultre maison

    et jardin [au] deriere le tout contenant en fons

    environ trois seillons joignant de touttes partz

    a terre du dict Jullien des Broces et en ung

    jardin appelle le courtil tiou contenant environ

    trois seillons et demy de terre joignant a terre

    dudict Jacques [des Broces] daultre a terre dudict Jullien

    des Broces et une piece de terre en jardin et pre

    nommes les preaux contenant environ douze seillons

    de terre joignant dune part a terre dudict Jullien

    des Broces daultre au chemin conduisant de la dicte voie

    au moullin du Mottaiz et en une piece de terre

    appellee le grand Clos contenant ung journal

    [de terre] joignant a terre dudict Jullien des Broces daultre

    a la terre dudict Guillaume des Broces, une piece

    aultre piece de terre appellee les Fosses contenant

    environ trante quatre seillons de terre joignant

    des deux costez a terre dudict Jullien

    des Broces et en une aultre piece de terre

    appellee le Clair des Ruelles [?] contenant ung journal

    joignant a terre [de] Guillaume Poignart daultre

    a terre de Robert des Brouces [des Broces], aultre piece appellee

    le Clos du Reveil [?] contenant dix ouict seillons

    de terre joignant a terre dudict Jullien des Broces

    et au chemin conduissant de cest ville a la chapelle

    Sainct-Samson, aultre piece de terre appellee

    le Clos de sur Lestang contenant vingt trois

    seillons de terre joignante a terre dudict Jullien

    des Broces et daultre a terre et enffans [de] feu

    Robert Legorbusier [?] , une autre piece de terre 

    appelle le Clos Tessainct contenante environ trois

    journeaux joigant au grant chemin conduisant de

    de cette ville a Sainct Malo et d'aultre [côté] a aultre

    chemin conduissant de ceste ville a la maison

    de Carhel [l'actuel ancien manoir de Careil assis en l'ancienne paroisse de St-Samson] . Sur et par cause des quelz herittaige le dict Jacques [des Broces] aconfesse debvoir chacun an de

    rante en juridiction seigneurie et obaissant

    au dict prieur le dict nombre de sept bouesseaux

    sept godetz et demy de fromment en espece

    venant du vantoir, mesure de Dinan [chaque ville ayant alors ses propres mesures pour les grains]  poiable [payable]  audict villaige de la Jossaie au jour de sainct

    Michel mont garganne [Saint-Michel du Mont Gargan] duquel rantaige et obaissant

    le dict Jossaie sest a la request et du commandement

    du dict sieur prieur atourner et admict avecq les

    coppies du contract de rante et dassignation

    du bailliage de la Jossaie

    adjuge a Guillaume ferron.

    28 juillet 1577. Liasse R cotte 3.

     

    le 19 octobre 1577

     Attestation du paiement de la rente due; paiement acquitté à Dol de Bretagne le 19/10/1577

     

    Jay receu de honorable personne Guillaume

    ferron sieur de Beauchesne la somme de sept

    vingtz saize livres tournoys  et deux sols  neuff deniers

    tournois pour substans fraictz et pour ordonnez 

    estre louer avec le principal du temporel par

    luy acquis du prieuré de la Magdelaine du pont

    a Dinan pour aider et par faire de cent quarante 

    neuff escuz de rante ordonnez estre loue sur

    levesche de Dol de laquelle somme de sept

    vingt saize livres et quicte le dit sieur de

    Beauchesne faict a Dol le dix neuffiesme

    octobre mil cinq cens soixante dix sept

    huissier signe Ollivier

     

     

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  • Commentaires

    1
    JB
    Samedi 3 Mai 2014 à 17:04

    Bonjour,

    Reste t il des Ferron?

    2
    Mardi 6 Mai 2014 à 00:20

    Bonsoir,

     

    Oui il existe toujours aujourd'hui des membres de cette famille sur la région de Dinan

    JP

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