• L'Epeire

     

    Les Epeires

     

     

    Sots. Trop épris de femmes aux vagues regards,

    Icônes maculées et par tous aimées,

    Mille viscères toujours brulent en ces naufrages...

    Et des destins seuls meurent assassinés.

     

    J’ai encore posé aux bords de mes lèvres

    Le vieux gout âcre de l'un de ces poisons,

    De l'un de ces baisés pleins de tous les fiels,

    Royaumes magiques où les plus vils démons

    Chaque jour s'abreuvent au noir de puits sans fond.

    Blessé, l’humeur suinte encore de mes plaies,

    Plaies creusées dans mon corps nu de sa chair... 

    Mon être résonne t-il encore de l’Immonde ?

     

    Serai-je une frêle brisure jetée au loin

    Comme meurt l'épi dans un torride été ?

    Suis-je l’ortie qui pousse sans aucun levain

    Ou bien la craquelure d’une terre séchée ?

     

    Je voulais m’abreuver à un tel Sein

    Comme une reine abeille gourmande de doux miels ; 

    Sentir deux corps s’aimer au bruit des reins

    Quand les plumes souples se courbent chaudes et douillettes,

    Dormir sur son ventre et d'un souffle serein...

    Mais mes chairs tant éventrées par l'Ogresse

    En des nuits débauchées par le Malin

    Toujours brulent au bûcher des seuls regrets.

     

    Mon Epeire au diadème, épris d'un monde,

    Laissa dans l’éther mon corps tant violé…

    Me faut-il sans fin sombrer dans l' Outre-tombe

    Sous  les regards laiteux des momifiés ?

     

    Septembre 1995. Jean-Pierre

     

    « Les Rivières d'automne- Vers le XIV Siècle. Gorrandus de Lanvelei »

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