• - 1198. Litige entre Olivier III de Dinan et le prieur du prieuré du Pont

     1198

     

    Litige ayant opposé et Olivier III de Dinan et le prieur du prieuré du Pont

    L

    Au XII siècle le prieuré du Pont à Dinan possédait un droit de haute, de moyenne et de basse Justice. Cependant, suite à un conflit ouvert avec Olivier seigneur de Dinan, cela en le dit XII siècle, notre prieuré perdra certains de ses dits droits tous liés à sa "haute Justice". En contrepartie cependant, conservant toujours son droit dit de "haute justice" , le prieuré sera reconnu dans son bon droit lequel, reconnu malgré une petite contrepartie financière annuellement versée, demandait ni plus ni moins que l'exonération de toutes les "Coutumes seigneuriales" ancestrales versées de tous temps aux seigneurs de Dinan.  Voici ci-dessous cette charte "judiciaire" et son texte explicatif.

     

     

    En 1198 Olivier III de Dinan, fils de Geoffroy de Dinan et de Murielle ou Muliel de Poudouvre, [Il ne pas le confondre avec son oncle Olivier III de Dinan fils d'Olivier II et d'Agnorie de Penthievre lequel, fondateur de la seigneurie d'Hartland, fera "ériger" vers 1170 le prieuré du Saint-Malo de Dinan commencé hier par ses pères souhaitant y entrer à la fin de sa vie. Celui-ci pour ce faire se fera moine en son prieuré alors que celui-ci n'était encore pas terminé] petit-fils aussi d'Olivier II de Dinan et d'Agnorie de Penthièvre, sera en litige procédurier avec le moine prieur du prieuré du Pont à Dinan. En effet Olivier de Dinan souhaitait récupérer et faire de nouveau appliquer, toujours sur ce même prieuré, les coutumes anciennes que ces ancestres de tout temps avaient toujours exigé de percevoir sur cette petite entité religieuse, impôts féodaux très  probablement perçus depuis l'origine même de la fondation du dit prieuré fondé vers 1100. Ce procès sera tranché en cette même année 1198 par l'archevêque de l'évêché de Saint-Malo, monseigneur Pierre Giraud [Celui-ci sera évêque de cet évêché entre 1184 à 1218, l'année 1218 étant l'année qui fut celle de sa mort] . Dans le jugement rendu Pierre Giraud ou Pierre de Saint-Malo exigera des seigneurs de Dinan que ceux-ci arrêtent dorénavant toute exaction exercée envers le prieuré du Pont, exactions [ou pressions "féodales"] toutes relatives à ces mêmes coutumes ancestrales et seigneuriales. Toutefois, en compensation, ou en indemnité financière si l'on veut, les seigneurs de Dinan obtinrent de Pierre Giraud le fait qu'annuellement, cela chaque année et au jour le la fête de la bienheureuse Marie-Magdelaine, qu'ils soient en droit de percevoir du prieur alors en charge du prieuré du Pont à Dinan la somme de 8 sols de rente l'an. Sur un plan de "justice seigneuriale" les prieurs en exercices devaient aussi se reconnaître tous vassaux de la justice seigneuriale de Dinan. Dorénavant  il fut donc interdit à tous prieurs de notre prieuré du pont à Dinan de pouvoir faire appliquer toutes peines dites corporelles et d'autres interdictions liées au civile aussi. C'est ainsi par exemple qui leur fut interdit à partir de ce jugement rendu de retenir en la prison du prieuré les différents bourgeois habitant en la ville de Dinan. Cette interdiction sera reportée notamment sur tous les fils aisnés de tous les bourgeois vivant en les murs de la seigneurie de Dinan. Doit-on voir en cela, dans un sens "fiscal" et à la sortie de ce même procès, la reconnaissance d'une certaine ou d'un début d'indépendance seigneuriale du prieuré du Pont à Dinan et cela à l'encontre même des seigneurs de Dinan ? Les prieurs au Pont à Dinan deviendront ainsi fiscalement les seuls maitres sur les terres relevant de leurs fiefs religieux ne devant aux dits seigneurs de Dinan que la somme symbolique de 8 sols par an. Au lendemain de ce procès les vieilles coutumes ancestrales obligeant le prieuré envers les seigneurs de Dinan toutes s'éteignirent. Qu'elles étaient-elles au juste ?                                                                                                  Au regard du jugement de ce procès, lequel confirma la légitimité de la requête du dit prieuré celui-ci ayant été reconnu dans son droit [celui de ne plus reprendre le versement financier de ces dites anciennes coutumes jusqu'à lors dues et versées à la famille des seigneurs de Dinan], si la paroisse de Lanvallay et sa seigneurie existait déjà en 1198 relevait-elle alors des seigneurs de Dinan [cela au travers de l'une de leurs propres paroisses] ou bien de la seigneurie religieuse du prieuré du Pont sachant que celle-ci, dans le courant du 17ème siècle, possédera encore des dimes seigneuriales appliquées en cette même paroisse dite de Lanvallay ? Ou bien dans un sens général relevait-elle directement de la cour de Dol ? La lecture des actes nous apprendra qu'elle relevait en fait de la Cour de Chasteauneuf de la Noë laquelle, elle même, était placée sous l'autorité de celle de l'évêché de Dol (lEffectivement le prieur du prieuré du pont possédait des biens ou des terres afféagées en la paroisse de Lanvallay, comme dans d'autres paroisses aussi, le prieuré étant possesseur d'un bailliage  au port de Dinan lequel sera nommé "le Grand bailliage". Ce bailliage comprenait notamment des traits de dîmes situés en la paroisse même de Lanvallay. Le quartier du port de Dinan, lequel élève aujourd'hui son bâti sur la commune de Lanvallay, ne fut rétrocédé à la commune de Lanvallay qu'au lendemain de la Révolution Française. Cela se fit avec l'apparition de la notion même des communes lesquelles vinrent ainsi remplacer les anciennes paroisses celles-ci étant alors formées d'un ensemble de villages placés directement sous l'autorité d'une "Fabrique" {les Fabriques religieuses regroupaient  depuis des temps ancestraux tout un ensemble d'individus décideurs, laïcs et clercs, lesquels ensemble géraient et entretenaient les biens communs religieux relevant de leur propre paroisse tels les églises, cimetières, chapelles, calvaires etc}. L'ensemble du ou des revenus d'une même fabrique trouvait son revenu essentiellement dans les quêtes et offrandes religieuses, dons numéraires placés et gérés sous l'autorité première d'un Trésorier relevant de la dite Fabrique. Quant apparue pour la première fois le principe même de la Fabrique et notamment à Dinan ? Il est vrai que la ville de Dinan au travers de sa bourgeoisie très tôt s'émancipa elle aussi de ses propres seigneurs comme d'autres villes bourgeoises et marchandes le firent elles aussi et les différentes chapelles de l'église Saint-Sauveur de Dinan sont toutes là pour nous rappeler la puissance même des corporatifs professionnels. Lorsque furent édifiés en l'église de Saint-Sauveur de Dinan les colonnes devant supporter l'élévation du Choeur, le nom des trésoriers de la paroisse de Saint-Sauveur de Dinan fut inscrit dans la profondeur même de la pierre. Il en sera de même pour un pilier du Transept: Ce XX et unc jour du mois daougst sans faire sejour ce beau cueur firent comacer les tresoriers qls ece pilier sont nomez coe vous poures lire Guille.Picot, Guy de Saint Cyre, Thgn Touroudel, Geffroy Roquet et fut en lan mil VCC sept par le meste de cestuy art con apelloit Roll.Bougnart . Le pillier du transept quant à lui comporte le texte inscrit suivant : MILL 557 ET 58 ENSEMBLE PHI DEDUIT. P.DUBOUAYS. RE. LABERT.T.ARTUR .G.TAVEL : FABRIQUEURS THESAURIERS ONT FAIT ASSEOIR CES QUATRE PILLIERS. La ville de Dinan, très tôt, cela au lendemain même de son apparition, se constitua d'une deuxième paroisse devant ainsi faire face à sa démographie alors déjà croissante et c'est ainsi qu'apparue la paroisse de Saint-Sauveur de Dinan la première étant celle de la paroisse de Saint-Malo de Dinan. L'existence même de ces paroisses, toutes deux accompagnées de leurs propres professions corporatives, devaient donc très probablement déjà posséder leur propre fabrique respective. La paroisse de Lanvallei quant à elle est cité pour la première fois en 1205, ce terme étant repris dans une charte religieuse aujourd'hui toujours accessible.  En 1205, au lendemain de 1198 année en laquelle fut donc établi ce jugement opposant alors et le prieuré du Pont à Dinan et les seigneurs de Dinan, la paroisse de Lanvallay sous qu'elle autorité était-elle donc placée ?                                                       Les différents actes de baptêmes de la fin du 16ème siècle, actes tous réalisés au dit prieuré du Pont, nous montrent tous des officiants religieux exerçant et en l'église prieurale du Pont de Dinan et en l'église paroissiale de Lanvallay. Pour conclure ici ce texte nous devons donc bien prendre conscience que si en 1198 tout le territoire géographique prieural du Pont de Dinan continuait en quelques sorte de dépendre de la justice des seigneurs de Dinan, cela au regard de cette rente annuelle versée, au regard aussi de l'interdiction de l'application des dites peines corporelles, et bien que ce même prieuré, sur un tout autre plan, celui de la spiritualité, relevait d'une autre paroisse, celle de Lanvallay celle-ci étant assise en l'emprise géographique de l'archevêché de Dol. Rappelons ici que la ville de Dinan et ses seigneurs relevaient eux d'un autre évêché, à savoir celui de Saint-Malo de l'Isle).                           Une carte géographique que nous avons personnellementréalisé au tout début de notre travail, cela afin de mieux pouvoir expliquer par l'image l'ensemble de la transmission de l'héritage du couple "Hamon - Roianteline" lesquels furent en autre, au tout début du 11ème siècle, les parents de Josselin de Dinan, Hamon de Dol, Salomon du Guarplic, Riwalon de Combourg et de Guinguéné futur archevêque de Dol, aurait tendance à nous montrer très clairement aux travers du positionnement géographique des différentes paroisses assises en cette même et grande ancienne seigneurie que les terres de la future paroisse de Lanvallay étaient probablement quant à elles déjà enclavées en ce même Regaire dit de Dol.                   Aussi, toute cette même étendue de terre lesquelles hier formaient notre ancienne paroisse dite de Lanvallay, relevaient-elles au Moyen-âge de la dite puissance seigneuriale des seigneurs de Dinan ou bien relevaient-elles de la puissance temporelle de ce même dit "Régaire de Dol" ?

     

    1198. Litige entre Olivier III de Dinan et le prieur du prieuré du Pont

    Carte implantant la succession seigneuriale du couple "Hamon-Roianteline" à la fin du X siècle.

     

    1198. Litige entre Olivier III de Dinan et le prieur du prieuré du Pont1198. Litige entre Olivier III de Dinan et le prieur du prieuré du Pont 

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

     

    Première pièce sur la dite transaction

    P.D.G. Macloviensis Episcopus, etc. Cum controversia verteretur inter Abbatem et Monachos ex une parte, et Oliverium de Dinan et fratres et sorores ejus ex alia super quibusdam consuetudinibus quas idem Oliverius repetebat in domo Pontis de Dinan; compositum fuit in hunc modum. Oliverius , etc, quita verunt domum Pontis Dinanni ab omni exactione etc. ita tamen quod Monachi reddant ei VIII solidos annuatim festo B.M.Magd. etc. Et si Prior ceperi latronem Prior faciet eum judicare in curia sua, et tradet eum Oliverio crux poenam recepturum ab eo. Et ita Prior et homines ejus quitati fuerunt de procuratione annuali quam requirebat ab eis, et de auxilio ad ipsum et fratres suos faciendos milites et ad propriam corporis redemptionem et ad sorores maritandas, etc. Anno gratiae MCXCVIII. Titre de Saint-Florent.

     

    Traduction : Pierre par la Grace de Dieu évesque de Saint-Malo etc. Avec la contreverse entre l'abbé et les moines d'une part, et Olivier de Dinan et ses autres frères et soeurs sur certaines coutumes que le même Olivier repète en la Maison du pont de Dinan qui étaient composées de cette manière. Olivier etc. acquitte la Maison du pont à Dinan de toute exaction [de tous impôts] etc. Cependant que les moines donnent 8 sols annuels à la fête de la Bienheureuse Marie-Magdeleine etc. Et si le Prieur capture un larron il l'amènera en sa cour pour le juger et Olivier lui livrera le châtiment celui-ci  le recevant de lui. Et ainsi le Prieur et ses hommes seront quittes annuellement de l'approvisionnement requis d'eux et de l'assistance due à lui même et à ses frères soldats et pour la rédemption de son propre corps et pour ses soeurs mariées. Année de grâce 1198

     

     

      

     Le saint vocable de l'église prieurale du Pont

     

    1198. Litige entre Olivier III de Dinan et le prieur du prieuré du Pont

     

    Le prieuré du pont à Dinan, tout au long des 11ème  et 12ème  siècles, a toujours été présenté sous cette même appellation. Il nous ait aujourd'hui très difficile de savoir quand celui-ci ou son église prirent pour nom le vocable de Sainte Marie de la Magdelaine. (Il existe toutefois une lettre d'indulgence laquelle fut rédigée entre 1109 et 1138, lettre en laquelle Jean Archevêque de Saint-Brieuc promettait des Indulgences pour quiconque financerait la fin des travaux de l'église du prieuré du Pont lesquels tardaient. Dans cette lettre les Saints Patrons de l'église du prieuré son cités, à savoir 3 saints lesquels sont Florent, Gilles et Marie-Magdelaine. Cependant si celle lettre d'indulgence nous énumère les noms de ces "Saints-Patrons" elle ne nous indique pas pour autant lequel de ces trois noms était "porté" par notre petite église. L'église paroissiale de Tressaint, aujourd'hui en Lanvallay, porte toujours de nos jours, associés qu'ils sont, les noms de Philippe et de Jacques. En était-il de même entre 1109 et 1138 pour l'église de notre petit prieuré ? Sachant que celui de Marie-Magdelaine sera uniquement retenu, quand celui-ci fut seul choisi ?. Nous avons ici en notre prieuré une exception puisque ce prieuré à l'inverse de ses frères ne fut pour ainsi dire jamais nommé du nom de son église mais toujours du nom propre du Pont près duquel il avait été édifié au tout début du XII siècle, vers 1100. Pour illustrer cela à Combourg le prieuré dès sa première heure fut nommé : le prieuré "de la Sainte-Trinité"; le Grand Monastère de Mamoutier se nommait le monastère de Saint-Martin de Tours"; l'abbaye de Léhon fut appelée quant à elle: l'Abbaye de Saint-Magloire" de Léhon). Nous avons retrouvé, aux archives départementales des Côtes d'Armor, un acte juridique rédigé au tout début du 16ème siècle, en 1523, cet acte mettant en scène Christofle May (le patronyme May s'écrit aussi Moy et cela parfois pour désigner les différents membres d'une même famille, le nom du père s'écrivant May et le nom de certains de ses enfants s'écrivant alors Moy, ou l'inverse des deux aussi; ce nom apparait dans ma famille dès 1605 et semble être originaire de la région de Langast et de Plenée-Jugon. Il faut aussi noter que certains de mes premiers "parents", au XVII siècle, pendant plusieurs générations seront tous prénommés "Mathurin". Peut-il y avoir aussi "linguistiquement parlant" un rapprochement orthographique entre les patronyme "May - Moy" et le prénom Mathurin ?) alors prieur de ce même prieuré. Cet acte est important dans la mesure où le prieuré est alors toujours présenté, en cette même année 1523,  sous cette même appellation originelle : Christofle May prieur du prieuré du Pont à Dinan. (Télécharger cet acte archivé et rédigé en 1523, acte dont nous vous laissons le plaisir d’en découvrir, ici même, la teneur de son contenu).

     

    1198. Litige entre Olivier III de Dinan et le prieur du prieuré du Pont

     

    Les premiers actes de dénombrements, que nous étudierons ensemble un peu plus tard, le plus ancien en notre possession ayant été établit en 1556, présentent tous alors le prieuré sous le vocable de Sainte Marie Magdeleine ou Magdelaine. Nous pourrions donc presque en conclure que notre prieuré prit cette nouvelle appellation entre ces deux dates que sont les années 1523 et 1556 ; mais pourquoi le nom de cette "Sainte Magdeleine" lequel, nom très souvent fut attaché à l'établissement de léproseries, fut seul retenu au XVI siècle pour dénommer notre prieuré du Pont et cela au détriment des noms de Saint-Gilles et de Saint-Florent ? (Saint Magdeleine est très souvent représentée, dans l’art statuaire, comme étant la patronne des morts. Pour symboliser cette fonction spirituelle cette Sainte tient alors toujours, logé dans le creux de ses mains, un crane humain ). Certaines personnes bien pensantes de notre région, devant cette appellation laquelle, spirituellement, est donc rattachée à la mort et à cette cruelle maladie, ont même supposé la présence, sur le port de Dinan et proche de notre prieuré,  de l’une de ces nombreuses léproseries.  Quand est-il dans la réalité ? Y a t'il eu réellement une léproserie établie au port de Dinan ? [cette dernière effectivement au tout début du XIII siècle exista au bord de la rivière, proche des vignes  alors très nombreuses en la paroisse de Lanvallay. La présence de cette "maladrie est en effet citée ici même en 1219 dans le conflit ayant opposé et Olivier premier seigneur de Coëtquen et le prieuré du pont. Item clausum Hurel, vinea ante maladeriam...Voir cet acte en la rubrique: Les chartes judiciaires et religieuses; 1219 Transaction Olivier de Coëtquen]. 

     

    Mais revenons à notre acte ci-dessus lequel fut lui rédigé en 1198 (dans cet acte le prieuré est présenté comme étant la Maison du pont à Dinan le terme "maison" se retrouvant ainsi écrit dans différentes chartes. Il en sera ainsi vers 1200 quand Mathieu, fils d'Alain de Roux, reconnaitra les dons de Quencombre, dons offerts hier par feus ses ancestres au prieuré du pont à Dinan) et lequel est relatif à un contentieux opposant alors et Olivier III seigneur de Dinan et les moines résidant en cette même maison nommée la "maison du pont à Dinan". Cet acte de justice rendue demande, par le contenu même de son arrêt,  un abandon total de toutes les exactions commises alors par Olivier de Dinan à l’encontre de ces mêmes moines ce dernier devant toutefois recevoir, annuellement, une somme de 8 soldes versée alors régulièrement chaque année et au jour précis de la fête de la Béatifiée Sainte Marie Magdeleine. Nous retrouvons pour la seconde fois, cela grâce à cette même charte,  l'utilisation sur le port de Dinan de l’appellation de cette Sainte nommée Marie Magdeleine lequel nom, en 1198, était déjà celui de l'un de ses trois "Saints-Patrons". 

     

    Est-ce que le jour "Saint" qui fut choisi annuellement pour le versement de cet impôt seigneurial et féodal au XII siècle était celui alors déjà porté par notre petite église?     Etait-il de tradition de payer ses impôts seigneuriaux le jour même du  Saint-Patron de son église ? En lisant d'autres chapitres nous apprendront finalement que les redevances seigneuriales des fermes du prieuré étaient perçues plusieurs fois par an, cela en deux paiements distincts aux XVI et XVII siècles, lesquels paiements étaient dus soit au jour de "Nouel", soit au jour de Saint-Michel ou à celui de la Saint-Gilles aussi. Alors quand était-il ? Une "maladerie" ou léproserie ayant existé au plus près du prieuré, au bas moyen-âge, doit-on voir dans la présence de celle-ci l'origine même de l'appellation de notre prieuré dit le Magdelaine ?

     

     

     

    La 2ème pièce concernant la même transaction rédigée la même année

    Pierre, par la grâce de Dieu, évêque de Saint-Malo, etc. A la suite de discussions élevées entre l’abbé et les moines de Psalmurienses (Saumur), d’une part, Olivier de Dinan, ses frères et ses sœurs, de l’autre, au sujet des coutumes et redevance (les droits ou taxes) que ledit Olivier revendiquait sur la maison du Pont de Dinan et ses hommes, il a été transigé :

    Olivier de Dinan, ses frères et ses sœurs ont laissé à l’abbaye de Saumur la maison du Pont de Dinan quitte de toutes coutumes et charges, etc. Si le dit Olivier requiert le prieur de lui envoyer ses vassaux pour défendre sa terre, mais non pas pour envahir la terre d’autrui, le prieur les enverra sans observation. Si quelqu’un de ces hommes refuse d’obéir à l’ordre du prieur, celui-ci le fera juger par sa cour, et l’amende lui appartiendra. Si le prieur arrête sur sa terre un voleur, ou tout autre malfaiteur de ce genre, il le fera juger par ceux qu’il voudra au devant de sa cour, et après la condamnation le livrera à Olivier pour subir la peine corporelle encourue par la sentence. Le prieur ne retiendra pas dans le domaine de sa maison de bourgeois d’Olivier, non plus que le fils aîné d’un bourgeois, mais il pourra y recevoir toute autre personne. A ces conditions, le prieur reste quitte de la procuration annuelle qu’Olivier réclamait de lui, ainsi que l’aide pour sa chevalerie et celle de ses frères, pour sa rançon et pour la dote de ses sœurs : il en reste également quitte à l’égard de leurs héritiers, ainsi que du congé (?) qu’on lui demandait à cause de sa juridiction. Les hommes du prieuré acquitteront à Olivier, comme par le passé, les coutumes sur ce qu’ils achèteront ou vendront hors du fief prioral. Ces articles furent jurés par Olivier, ses frères et ses sœurs dans l’église Saint-Malo de Dinan, en présence de Pierre, évêque de Saint-Malo ; Pierre, prieur (du prieuré du pont) ; l’archidiacre de St-Malo ; Guillaume Rufin, prêtre ; Guégo Goion ; Geoffroy, sénéchal ; Hamon de Plern, R. son frère [Hamon et Raoul de Plouer. Raoul de Plouer sera avec Guegon Goion ou Guégon Gouyon aussi présent au côté d'Olivier lorsque ce dernier confirmera au prieuré de Saint-Alban le don offert à ce dit prieuré par G.Baluçon seigneur du Plessix], et beaucoup d’autres. Fait l’an de grâce 1198. Et pour cet accord soit authentique, nous, Pierre, évêque de St-Malo, et Olivier de Dinan, l’avons revêtu de nos sceaux.

     

    La traduction de ce deuxième acte et de celui-ci seulement est celle de l’historien Anatole Jean B.A. de Barthélemy. 1856

     

     

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  • Commentaires

    1
    Rozenn
    Jeudi 21 Avril 2016 à 08:52
    auriez-vous connaissance d'un cimetière de lépreux placé duguesclin . C'est ce qu' affirmait ma mère chartiste. Bravo pour ce blog passionnant.
      • Jeudi 21 Avril 2016 à 11:15

        Rozenn

        Bonjour,

        La grande place du Champ, occupée aujourd'hui par les actuelles places du Champ Clos et Duguesclin,  est citée ici "présente" dès la construction du château de Dinan. Sauf erreur de ma part il ne me semble donc  pas qu'il y eu ici même, en les murs de Dinan,  un cimetière des lépreux. La léproserie de Dinan, elle, sera établie au pont de Dinan assise qu'elle sera en contrebas de ladite place Duguesclin; le cimetière des lépreux de Dinan était-il au regard de cela lui aussi assis au pont à Dinan ? Lors de l'épidémie de peste ayant sévie à Dinan en 1778 il sera dit en les registres de Saint-Sauveur de Dinan que les pestiférés furent portés à l’extérieur de la ville de Dinan en les cimetières des pestiférés…A Dinan pour la lèpre et ses lépreux  y en a t-il été de même au Moyen-âge ?

        JP

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