• - 1478. Enquête de fouage du Pays de Dol

    1478. Enquête de fouage du pays de Dol ou origine orthographique de la paroisse de Saint-Solen            

                                                                                               

         Nous avons expliqué un peu plus haut, dans le chapitre consacré à l'église de la paroisse de Saint-Solen,  les origines éventuelles de l'appellation de Saint-Solen, hier écrit Saint-Solain, et cela au travers de deux personnages relevant tous deux de la Tradition dite Populaire. D'après l'une de ces deux mêmes origines ou Traditions, Saint-Solain serait donc lié aussi avec Saint Sulyan ou Sulian lequel, moine né dans le pays de Galles vers 570, arrive en Bretagne à la fin du 6ème siècle en abordant une terre proche d'une rivière laquelle demain sera nommée Rancia. Recevant d'un seigneur local une quantité de cette même terre, la légende très tôt s'empare de la vie de ce petit homme en lui prêtant un simple miracle, celui d'avoir réussit à ensemencer sa terre et récolter les fruits de son travail sans avoir pris le soin, au préalable, de protéger sa terre salvatrice par une palissade que cette dernière soit de bois ou autre. Cette terre, laquelle fut donc déposée entre ses seules mains, sera à l'origine de la paroisse de Saint-Suliac. Quand est-il alors réellement de l'origine orthographique de notre actuelle commune de Saint-Solen ? Est-elle liée elle aussi, toujours par la Tradition, à ce même petit moine gallois prénommé Sulyan ou bien est-elle liée à Saint-Solem lequel fut l'évêque de Chartre ? La première apparition écrite de notre paroisse apparait dans un pouillé de l'évêché de Dol, cela au 14ème siècle. Quand est-il de sa deuxième apparition dite orthographique ? Hervé Torchet, spécialiste des écrits médiévaux, a travaillé sur des textes très anciens et notamment sur un acte lequel fut rédigé le 6ème jour du mois de juin de l'année 1478, donc année relevant quant à elle de la seconde moitié du 15ème siècle. Cet acte est relatif à une enquête laquelle fut faite au titre des exemptions de fouage du pays de Dol, enquête qu' Hervé Torchet eu l'extrême gentillesse de mettre en ligne au travers de sa traduction: http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=778

    Qu'était-ce un fouage ? Un fouage était un impôt provincial lequel, direct, était dû pour tout feu ou foyer non noble; ces impôts étant également connus sous le non de Taille (peut-on voir, au travers de ce terme judiciaire, l'origine patronymique de Taillefer le deuxième propritaire de la maison noble de Beauvais ayant été Guillaume de Taillefer lequel sera cité en 1513 lors de l'une des premières réformations faites en Bretagne). Etaient donc exemptés de payer cette Taille, tous feux ou maisons nobles lesquels étaient tenus à des devoirs militaires, devoirs tenus par eux mêmes mais aussi au travers de certaines autres obligations toutes greffées de leurs applications respectives. Ces nobles gens, possédant de nobles demeures, possédaient aussi, pour chacune de ces mêmes nobles demeures, des métairies lesquelles étaient reliées, quant à elles, directement à la charge de l'exploitation des terres relevant de ces mêmes nobles domaines. Les métairies dites nobles, puisque ces dernières étaient attachées à de nobles maisons, étaient elles aussi, pour la plus part d'entre elles, exemptées de fouage; leurs métayers pouvant eux aussi, de cette même façon, êtres ainsi quelques fois exemptés (Rapport fait par les trésoriers de Lanvallay du nombre de maisons nobles étant en la dite paroisse en mains de nobles gens et esquelles selon le rapport desdits trésoriers, les nobles gens sont en possession de tout temps d'avoir et tenir en icelles metayers francs et exempts de fouages). Nous verrons cependant, souvent à l'inverse, offrir la charge d'une métairie noble à un métayer de bas état, ce dernier n'étant pas exempté de fouage quand la métairie, quant à elle, le sera en ses propres revenus.

    - En effet, relevant de l'étiquette de bas état, de basse condition ou de condition roturière, ces derniers devront donc tous, et cela sans exception, payer cette Taille ou ce Fouage pour cette même terre qu'alors, respectivement, ils entretenaient pour leurs nobles propriétaires mutuels. (il faut faire ici la distinction entre le fait qu'une métairie pouvait être noble sans que son métayer le soit pour autant) L'enquête de fouage, ici livrée, nous livre le nom de certaines des métairies dites nobles de Lanvallay mais aussi le nom de certains de leurs métayers. Nous apprendrons ainsi qu'en 1478 la seigneurie de Beauvais, alors possession de noble homme Alain le Provost, possédait une métairie de 40 journaux de terre et un métayer en la personne de Perrotin Caro lequel, homme roturier, boucher à Dinan, devait s'acquitter de ses fouages à Dinan. Celui-ci cependant semble être, de son propre côté, également possesseur d'une même métairie possédant elle aussi ses propres métayers en la personne de Guillaume Ogier ainsi qu'en la personne du fils de ce dernier, celui-ci étant prénommé Guillaume aussi. La métairie de Perrotin Caro semble représentée, quant à elle, une valeur de 20 journaux de terre roturière, valeur que le dénommé Perrotin semble vouloir peu de temps après associé à la noble métairie de Beauvais quand celui-ci souhaite voir ses propres métayers devenir francs (exonérés) de fouage. Pour obtenir ce fait, il passe un accord avec les paroissiens de la paroisse de Lanvallay (Lanvallay en tant que paroisse est en 1478 citée dans un acte écrit pour la quatrième fois dans son histoire, la deuxième étant les différentes donations relatives aux moulins de Brachesac et la troisième fois le litige judiciaire relatif aux dîmes de Kalou lequel opposa, en 1291, et le Chapitre de Dol et l'écuyer Robertus de Vayer. Lire le chapitre consacré aux moulins de Brachessac et bientôt le litige relatif à la dite dîme de Kalou alors en vigueur en la paroisse de Lanvallay en l'année 1291) moyennant 3 boisseaux de froment (Perrotin Carohomme de bas état, boucher du duc, contributif es tailles à Dinan, à une métairie nommée Beauvoirs (Beauvais) maison noble, quelle il a acquise d'Allain Provost, noble homme (ce dernier semble être le premier possesseur connu de la terre noble de Beauvais), pour lors elle contenait 40 journeaux de terre, il y a adjoint les héritages qui ensuivent, savoir 24 journeaux de terre roturière, et ses métayers en icelle metairie Guillaume Ogier l'aisné et Guillaume Ogier son fils, et les a tenus francs et exempts de fouages. Ledit Caro, afin de les y tenir francs pour tant qu'esthomme partable transigea les paroissiens à 3 boisseaux de rente, ce que le dit Caro a reconnu) Il en sera de même pour la Landeboulou dont les noms du métayer et du noble possesseur seront tous deux cités au travers de la personne de Jean Brugallé et au travers de celle du noble homme messire François Ivete, alors propriétaire de la Landeboulou en 1478. Jehan Burgalle ou Brugallé sera quant à lui, par la suite, exempté de fouage ce dernier devant, en tant que nouveau métayer d'une métairie noble, servir dans l'Ost ducal en tant qu'archer (Jehan Burgalle, homme de bas état, payant les fouage en ladite paroisse, a en icelle acquis de Messire Françoys Juete une métairie nommée Landeboulou, bien noble maison, contenant le tout environ 24 journeaux de terre en bon pays et a joint le dit Burgalle depuis celuy acquêt les terres qu'il a acquis de gens de bas état, montant 3 journeuax et trois quart de journal de terre, tient celui Brugalle, Alain Corbelin et sa mère francs et exempts de fouages et dit vouloir défendre sa métairie par son droit, pour ce qu'il et autres gens de bas état et condition sont en possession de tenir leurs métayers francs et exmepts de fouages, et que par raison de ce il sert à la guerre le duc en habiment d'archer lorsque les gens de bas état tenant fiefs nobles sont mandés) En continuant la lecture de cette enquête, laquelle rappelons le ici est relative aux nobles famille de Lanvallay ayant été exemptées de fouages en cette année 1478, nous apprenons que le seigneur de Coëtquen fait lui aussi parti de ces mêmes familles celui-ci assumant financièrement, en autre, les frais d'entretien d'un sergent lequel, par sa personne, a été attitré quant à lui à la paroisse de Lanvallay  (Le sire de Couesquen a en ladite paroisse de longtemps et puis trente ans un sergent franc et paravant celui temps, n'y avait point). Lire ou relire à ce sujet le procès de la Petite église d'Abington, procès tenu en 1209 et en lequel on apprend que Jehan de Lanvallei peut garder la moitié des dixmes de l'église de la dite paroisse d'Abington à la condition, toutefois, qu'il accepte d'assumer financièrement les frais d'entretien pour un demi-chevalier. Mais quant est-il de Saint-Solen et de l'origine de son orthographie dont le nom, ici, ici resté noyé dans ce texte ? Voilà la phrase de cette enquête de fouage laquelle cite, en 1478, le nom notre paroisse de Saint-Solen ainsi que le nom de la paroisse de Tressaint aussi, mot écrit semblant vouloir rattacher le nom de notre ancienne paroisse à celle du petit moine et non pas à celui de l'évêque de Chartres :Le sire de Chateauneuff a de tous temps un sergent franc en ladite paroisse (de Lanvallay) et es paroisses de Saint-Sulyan et Tressaint au tour et au rang en chacune (le seigneur de Coëtquen avait alors sa cour en le château de Chateauneuf de la Noë, aujourd'hui Chateauneuf sur Rance)  

     

     

     

     

    1631

    Baptême des cloches de l'église paroissiale de Lanvallay

     

    1478. Enquête de fouage du Pays de Dol

     

    Registre des B.M.S de Lanvallay. Années 1622-1656. Page manuscripte n° 53. Bénédiction de la cloche de l'église paroissiale de Lanvallay faite en 1631. Le Dimanche vingt six iesme jour de Juillet mil six ceix centz trante et ung apres la grande messe de minuit de la paroisse de Lanvallay / la benediction des cloches de la dicte paroisse a este faite par discret et honnorable religieux Jan Clys frère prieur du prieuré de la magdelaine du pont a dinan, docteur en religion et a ete nomme du nom de Anne par honnorable bourgeois Guillaume de Serville sieur des Vieilles-Navières (terre alors en Evran) et honorable bourgeoise Carize Mouton (elle fut la propriétaire de notre actuelle maison, sise au 18 de la rue de l'Abbaye au port de Dinan) femme et compagne d'honnorable bourgeois Ollivier Gigot sieur de la Lande (Catherine Gigot leur enfant, aussi propriétaire par voie d'hérédité de l'actuelle maisons sise au 18 de la rue de l'Abbaye, sera en procès contre son seigneur le prieur, auquel elle refusait de verser ses impôts seigneuriaux que ses parents et aieuls, de tous temps, s'étaient toujours acquités. Elle sera déboutée de sa requête lorsqu'elle intentera un procès envers le prieur). Presant moi Charles Bodin cure paroissaile, dom Thomas Levavasseuret plusieurs autres. Charles Bodin - Ollivier Gigot - Guillaume Desserville. Simon Desserville - A.Rolland - Ju.Levavasseur - Carize Mouton - Jan Clys - (cette cloche sera déposée probablement dans le courant du 18ème siècle, à une date toujours inconnue aujourd'hui. Toujours est-il qu'elle sera retrouvée au côté d'une autre cloche laquelle, appartenant elle aussi à notre commune, fut fondée quant à elle et bénite aussi en 1672, Jan Gigot alors officiant religieux. Elles furent toutes deux retrouvées dans les magasins de la marine de la ville de Brest, en octobre de l'année 1829. Une lettre, rédigée par le sous préfet, lettre rédigée au lendemain de cette découverte, sera adressée au maire de Lanvallay afin que celui-ci puisse confirmer, par réponse écrite, de l'origine et l'appartenance exacte de ces mêmes deux cloches. Que sont-elles toutes deux devenues depuis ? Seraient elles encore aujourd'hui dans un recoin reculé des anciens arsenaux de la ville de Brest ? Etaient - elles gravées comme toutes les cloches d'églises ? Ce courrier, adressé depuis la sous-préfecture de Brest à monsieur le maire de Lanvallay est très important dans la mesure où cet écrit nous donne la réponse à cette dernière question et où monsieur le sous-préfet énonce également, et cela entièrement, les inscriptions gravées dans le bronze même de ces cloches. Voici maintenant ces deux textes, l'un gravé en 1631, l'autre en 1672 et associés lors de la rédaction de ce courrier alors adressé à monsieur le Maire en l'année 1829:

      

    Les Prestres et les recteurs

    Voici liste de différents prestres et recteurs de l'église paroissiale de Lanvallay et de l'église du prieuré de la Magdelaine du Pont à Dinan; noms retrouvés lors de notre propre dépouillement des registres BMS de Lanvallay; dépouillement en cours et non terminé... [une même période pouvait posséder en même temps plusieurs officiants...].
     

     - Jéhan Le clerc Prieur du prieuré de la Magdeleine du pont en 1543.

     - Pierre et Hamon Ferron, prieurs du prieuré de la Magdeleine en 1556

     

     - Jan Brunart honorable preste messire et subcuré de la paroisse de   Lanvallay en 1580

     

     - Antoine Garnier subcuré de Lanvallay en 1599, recteur de 1600 à 1618.

     

     - Robert Jehan discret prestre curé de la paroisse de Lanvallay vers 1600.

     

    - François Longlé, subcuré, curé et recteur; 1607-1609.

     

    - Robert Garnier. Prestre de l’église de la Magdeleine du pont en 1608

    - Robert Ebouaissart, subcuré de Lanvallay en 1612.

     

     - Charles Bodin recteur de Lanvallay  ( l’Eglise ancienne de Saint-Méen…); 1619-1632.

     

    - Thomas Levavasseur, prestre en 1623.

     

    - Messire Mathurin Mangouay , prestre en 1626.

     

    - Robert Sotier prestre en 1628.

     

    - Guillaume Poidevin prestre en 1632.

     

    - Rolland Pignon curé de la paroisse de Lanvallay en 1632.

     

    - Pierre Robert subcuré et recteur de l’église paroissiale de Lanvallay; 1632-1638.

     

    - Pierre Guérin prestre en 1633.

     

    - Jean Vaugrenatz recteur; 1638-1656.

     

    - Dom Jacques Defais dernier religieux bénédictin présent au prieuré; 1656.

     

    - Noble et discret messire Jean Gigot, recteur de Lanvallay pendant 46 ans; il fut inhumé dans le Coeur de l'églisse paroissiale de Lanvallay en juillet 1705. A.R. de Lanvallay image n° 360.

     

    - Messire Vincent Rouault, recteur; 1706-1715.

     

     

     - Vénérable et discret maistre Alain Aubry, prestre, inhumé en l’église de la Magdeleine en 1711. A.R. de Lanvallay image 430.

     

    - Guillaume Bousin curé et chapelain de la Magdelaine de 1711 à 1723.

     

    - Samson La Marié, recteur recteur en 1715.

     

    - Messire François Prioul, prestre et recteur  de 1715 à 1735.

     

    - Julien Hiart, encore recteur en 1745.

     

    - Alexandre Le Gallais, recteur de 1745 à 1754.

     

    - Gilles Moncel recteur de 1779 à 1786.

     

    - Julien-François Delepine, recteur de 1786 à 1792; premier maire de la Lanvallay; il fera vendre sous le Directoire le prieuré et ses dépendances comme "biens nationaux".

     

    - Jacques-René le poitevin, curé assermenté, officier de l'état civile de Lanvallay ; 1792-1794.

     

    - Père René Servan Escallot, recteur en 1804.

     

     


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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