• - 1306-1784. Le moulin prieural, moulin à bled

     Le moulin prieural,

    moulin à bled et moulin à foulon ?

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural

    Dessin réalisé après 1839. Ci-dessus à droite l'un des deux bâtis ayant formés hier le moulin du prieuré. L'autre bâti, représenté en1786 et nommé : "l'une des maisons du moulin", est alors déjà absent puisque non représenté sur ce dessin. La disparition de celui-ci fut donc très probablement causée entre 1786 et 1839. Vers 1788 le prieuré du pont de Dinan portera en effet plainte contre la ville de Dinan celle-ci lui ayant confisquée et détruite sans "indemnité de fief" plusieurs maisons assises au port de Dinan et cela pour la remise en état de son quai occidental  L'une de ces maisons détruites fut probablement le dit bâti lequel, absent sur ce dessin, fut en effet nommé en 1786 : "maison de l'un des moulins" [fermier général du prieuré du pont dès l'année 1744, décédé en l'année 1774, Pierre Salmon cité comme tenant cette maison dite "du moulin" sera lui cité une dernière fois en un acte notarial relatif à sa ferme en l'année 1763. Encore représentée existante en un croquis réalisé en l'année 1784, puis en un plan lui établi en 1786, la démolition de ce même bâti fut donc en effet réalisé au delà du décès du dit sieur Pierre Salmon, c'est à dire entre la dite année 1786 et 1839].

    1306-1784. Le moulin prieural

    Dessin réalisé à main levée par monsieur Yvon Le Corre aux Archives Départementales des Côtes d'Amor sur un croquis originel réalisé en 1778. Ce dessin montre ou met en évidence le moulin du prieuré constitué alors de deux bâtis séparés tous deux  par un espace vide que nous savons aujourd'hui avoir été le "canal du moulin" [en 1778 l'actuelle rue du Port n'existait pas encore implantée qu'était en son actuelle amorce l'auberge des 3 rois bien au XVI siècle de Josselin Lerenec. En la dite année 1778 est alors ici propriétaire de cette même auberge le sieur Salmon. Il s'agit peut-être de Jacques Salmon fils de Pierre Salmon l'Aisné l'ancien fermier général du prieuré décédé lui en l'année 1774. L'auberge des 3 Rois en 1781 sera elle entièrement détruite pour la réalisation du "chemin neuf" l'actuelle rue du Port. Cette démolition sera faite en la continuité d'une première maison déjà détruite en 1756 pour la réalisation du quai Oriental, aujourd'hui en Lanvallay, maison appartenant alors au dit sieur Pierre Salmon l'Aisné. Ce dernier devant la "destruction" de sa maison fera construire en la même année 1756 une nouvelle maison située en le bas de la rue de la Magdelaine.  Ce croquis met aussi en évidence la présence d'un "aterrissement au milieu de la rivière cela face au moulin de la ville de Dinan et au moulin du prieuré. Messieurs de la ville de Dinan font détruire une maison à la rive droite du pont et appartenant au sieur Salmon l'Aisné pour former un quay et remboursé au dit sieur le prix dicelle; elle est chargée...  ].

     

    1306-1784. Le moulin prieural

     Le dit croquis de la Magdelaine réalisé le 17 octobre 1784 et montrant réuni cette fois en un seul et même bâti le moulin prieural toujours assis sur la quai occidental de Dinan.

     

     

    Première partie 

    rajoutée le 11/01/2014 

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural

    Le canal du moulin...

    Sachez qu'il fut découvert au mois de décembre dernier, cela lors de la démolition d'une terrasse couverte et assise au port de Dinan, d'un canal fermé en son dessus et réalisé en belles pierres de granit très bien appareillées, sans presque aucun scellement ou joint. Large un peu près de 1 mètre le canal a assisté à 1 rangée de ses pierres supérieures retirée cela il me semble pour un besoin de nivellement [d'après 1 témoin ce sont deux rangées de pierres lesquelles en réalité auraient été déposées]. Nous avons été surpris de voir que les pierres constituant ce canal, probablement très ancien, étaient pour ainsi dire signées par rangée de pierres comportant ainsi tout un ensemble de signatures ou pictogrammes divers comme certaines cathédrales en leur intérieur respectif le sont aussi; 3 signatures différentes ont été ainsi répertoriées. Pourquoi en cette si vieille construction "utilitaire" des pierres signées ? Canal ayant alimenté hier, et cela pendant des siècles, le moulin du prieuré, il est explicitement cité comme étant le "canal du moulin" dans un acte rédigé lui dans le milieu du XVIII siècle; il était alors encore en service. Probablement édifié avant la fin du XIII siècle, nous pensons qu'il était probablement ici même  au port de Dinan déjà présent dès l'année 1306, année en laquelle en effet sera citée au port de Dinan, cela en le sein même du prieuré du pont, l'activité de la draperie. Ce canal fut découvert "recouvert ou fermé" de dalles de granit, grandes et imposantes; ces dernières malheureusement ont quitté le site tout dernièrement lors de ces travaux de réfection toujours en cours de réalisation à ce jour. Ce canal fait de pierres, couvert et dallé, amorçant ainsi sous le quai de Dinan un virage à 90 °,  devait très probablement remonter vers l'aval de la rivière afin de retrouver celle-ci peu après le déboucher de la raide descente du Jerzual alors souvent parcourue par un ruisseau pluvial. Peu avant l'amorce de son dit virage à 90° il a été remarqué le départ de murs cintrés sur lesquels n'avons pas d'explications a donner malheureusement. Plusieurs fois remis en état tout au long des 16-17 et 18ème siècles le moulin du prieuré ici présent fut probablement plusieurs fois modifié ou transformé. Ainsi le mois dernier, lors de cette découverte, il fut aussi trouvée dans la structure basse de ce même moulin une petite arche bouchée assise elle en face  de l'unique arche aveugle, primitive et romane, du vieux pont; il fut également découverte, sous l'assise même de la porte d'entrée faisant face hier au dit canal, une pierre utilisée en ré-emploi laquelle, usée ou grossièrement sculptée, représente toujours  aujourd'hui un visage humain. Il est a regretté que la ville de Dinan et la ville de Lanvallay, toutes deux "possesseurs" en indivise de l'Histoire du prieuré du pont à Dinan, n'aient pas ensemble suivi le déroulement de cette réfection cela afin de pouvoir préserver ce même canal . Celui-ci à notre avis, et cela au regard de son histoire, au regard de son authenticité, aurait peut-être  pu être "intégré" dans cette réfection en cour de réalisation lui apportant ainsi un complément d'informations ou de richesses. Ce canal la semaine dernière, ouvert et ayant vu partir en totalité ses dalles de recouvrement,  fut refermé de planches de bois sur laquelle fut "coulée" une grande dalle de béton; il ne reste de celui-ci aujourd'hui que les quelques photos par nous prises ci-dessous. La première partie de ce chapitre est consacré à ce canal "prieural".

     

    les photos par nous prises...

     

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural1673 et 1784. Le moulin prieural

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le canal vu vers le quai de Dinan; remarquez son virage à 90° ainsi que l'amorce de murs cintrés situés de part et d'autre du canal. Deux rangées des pierres constituant le canal furent elles déposées.

    1673 et 1784. Le moulin prieural1673 et 1784. Le moulin prieural

     

     

     

     

     

     

     

    A gauche les entailles de la porte originelle à glissière laquelle hier fermait ou obstruait le canal. A droite la partie supérieure d'une toute petite arche faisant face à l'arche romane du vieux pont. Au regard du canal les deux "moulins semble de pas avoir eu de communication "fluviale" les réunissant; qu'elle a pu être alors l'utilisation de cette même petite arche puisque celle-ci donnait directement sur le mur du canal ? N'était-elle pas plutôt une petite ouverture basse et voutée ? Celle-ci donne toujours sous l'ancien moulin, cela en sa partie arrière, cet embas donnant lui sur la rivière. Les deux parties basses du dit moulin en pans de bois, l'une donnant sur la rivière et l'autre buttant sur le quai, ne semble n'avoir jamais communiqué non plus

    1673 et 1784. Le moulin prieural1673 et 1784. Le moulin prieural

     

     

     

     

     

     

     

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural1673 et 1784. Le moulin prieural

     

     

     

     

     

    Regards sur les signatures et la dernière rangée de pierres elle partiellement déposées...

    1673 et 1784. Le moulin prieural1673 et 1784. Le moulin prieural

     

     

     

     

     

     

     

     

    A droite remarquez ici le niveau zéro originel beaucoup plus bas que l'actuel niveau O lui aligné sur la rue. Le décaissement réalisé met en évidence le soubassement originel de l'embrasure de l'ancienne porte d'entrée située ici à la droite de la première.

    1673 et 1784. Le moulin prieural

    Pierre sculptée à visage humain [nous aurions aimé voir sa préservation...]

    1673 et 1784. Le moulin prieural

     Aujourd'hui 11/01/2014

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural

    Ci-dessus l'emprise de l'ancien moulin prieural. Décembre 2014 

     

    Le Canal du moulin

    - En le n°1 est la position de l'ancien canal du moulin prieural, canal mis à jour au mois de Décembre 2014 lors des travaux de démolition d'une grande véranda hier attenante à l'un des bâtis ayant tous formés hier le dit moulin prieural; celui-ci est ici le bâti à pans de bois assis face à la rivière. La présence de ce canal, cela en tant que "canal", jusqu'au dit mois dernier était entièrement inconnu de tous; aujourd'hui il dort effacé sous une immense dalle de béton...                                    - En le n°2 est l'ancien  débouché depuis longtemps obstrué du dit canal.                  - En le n°3 est l'un des bâtis du dit moulin lequel, aujourd'hui restaurant, était possesseur jusqu'à hier de la dite véranda attenante à son mur nord.                         - En le n°4, aujourd'hui parvis aérien ou terrasse extérieure du dit restaurant, est l'emplacement du deuxième bâti ayant hier, lui aussi, composé le dit moulin prieural. En 1786 était ici implantée en cette même parcelle une maison appelée "la maison de l'un des moulins" . Il sera appelé ainsi quand le moulin de la ville de Dinan, lui assis sur le pont, sera lui nommé: "la maison du grand moulin".                                                                                                                              Nous ne possédons aucun acte écrit nous disant "explicitement" si le moulin du prieuré était un moulin exclusivement à farine ou bien aussi un moulin à tan pour la tannerie, profession ici alors omniprésente au port de Dinan aux XVIII et XIX siècles. Au moyen-âge ce même moulin à t-il pu être être ici même au port de Dinan un moulin à foulon pour la "draperie"? Cette activité en effet a été la première des activités professionnelles de Dinan pendant tout le moyen-âge classique celle-ci étant citée ici même à Dinan dès les toutes premières jeunes heures du XIII siècle.  Serait-il possible que ce moulin, alors constitué de deux bâtis distincts tous deux séparés par ce même canal, ait vu professer en son sein, et cela simultanément, 2 de ces trois mêmes activités professionnelles ? Serait-il possible qu'il ait été un moulin à bled et un moulin à foulon par exemple ?

    Il existe cependant un acte écrit lequel, rédigé le 20 juin 1771, stipule très clairement que ce moulin était un moulin à "moudre" dans sa fonction [cet acte semble avoir été réalisé au lendemain de la plainte déposée par le sieur Pierre Salomon. Lire sa plainte ci-dessous...]. Alors que penser au regard de ce seul canal, à la lecture de la plainte déposée par le sieur Salmon ? Cet acte sera en effet réalisé quelques années avant le décès du dit sieur Pierre Salmon laisné, décès survenu lui en l'année 1774; celui-ci alors fermier général du prieuré laissera ainsi de son vivant sa "ferme" vacante. Cette ferme sera reprise par un nouveau fermier général, marchand passementier de son état à Tours, à savoir Jean Rimoneau. Cela se fera en la dite année 1771. Voici cet acte présentant le moulin comme un moulin à "moudre" : Nouveau bail du 20 juin 1771 devant Me Péan, notaire à Monteaux, au sieur Rimoneau, marchand passementier, de tout le revenu dudit prieuré sans aucune réserve, moyennant 2000.00 livres par an; aux charges pour le preneur d'acquitter mais en déduction des décimes, 180 livres au chapelain du prieuré, et d'entretenir la lampe. Dans le cas où le canal du moulin se rempliroit de façon à l'empêcher de moudre [il sera dit dans un acte écrit que ce moulin était à la fois un moulin d'eau de mer et d'eau de rivière. Ce moulin a t-il pu au regard de cela possédé deux roues, à savoir une donnant directement dans la rivière, utilisant l'eau de mer ici montante, et l'autre dans le dit canal ?] Dom de Sageon, bailleur, s'est obligé de le faire curer à ses frais... [A.D.I.L. H369 page 114]

    La ferme de Pierre Salmon Laisné sera en son premier bail établi en l'année 1744. Décédé en 1774 Pierre Salmon sera remplacé le premier juin de l'année 1771 par ce nouveau fermier général ce dernier prenant la ferme  du prieuré pour neuf années expirées. Celui-ci, le dit Jean Rimoneau, marchand passementier de son état à Tours, semble ne pas avoir été au terme de sa ferme puisque ce fermier disparait du prieuré du Pont en le courant de l'année 1779 après le premier versement annuelle de sa ferme lequel versement fut fait le 11/01/1179 exactement. En l'absence de son deuxième versement annuel pourquoi ce fermier disparait-il des livres du prieuré 1 an avant que sa dite ferme prenne fin au mois de juin de l'année 1780 ? Quelques jours auparavant cependant, le 22/12/1778 pour tout dire, Marmoutier confiera la gestion du monastère de Saint-Magloire de Lehon au dit sieur Jean Rimoneau. Au regard de cette seule information le prieuré du pont à Dinan et l'abbaye de Saint-Magloire de Lehon, tous deux relevant de Marmoutier, furent-ils tous deux au lendemain de cette même date du 22/1281778 fondus en une seule et même entité, en une seule et même ferme ? 

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural1673 et 1784. Le moulin prieural

     

     

     

     

     

     

     

     

    Exemple de moulins mixtes. A gauche les moulins à huile et à foulon de Saignole; à droite le moulin à scierie et à foulon de Vic en Bigorre tous deux alimentés à partir d'un canal malgré la proximité de leur rivière respective. Le canal de Vic en Bigorre avait pour mesures, de longueur et de largeur, 350 mètres par 1.20 mètre.

     

     

    Quatre actes pour répondre à cette même question cependant existes en notre histoire du port de Dinan ces mêmes actes étant tous trois renforcés par la découverte faite au mois de décembre dernier de ce même canal réalisé lui en pierres de taille.[ces pierres de granit très bien appareillées nous semble en effet êtres très anciennes puisque elles comportent en leur surface différents signes sculpturales utilisés comme autant de signatures par les tailleurs-poseurs de pierres. Personnellement je ne connais aucun autre mur édifié en l'une des pierres la plus dure, le granit, contenant en sa surface autant de pierres signées. Au regard de cette information les pierres édifiant ce canal doivent avoir été posées il y a des temps très anciens. Existaient-elles déjà en 1306 année en laquelle est citée présente en le prieuré du pont à Dinan, exercée par celui-ci, l'activité de la Draperie ?].                                                                                                          L'acte premier est un acte lequel, rédigé en l'année 1306 en effet, met en lumière un procès judiciaire ayant alors opposé le prieur du prieuré à ses propres drapiers ce même prieur refusant de chauffer à ses frais l'eau nécessaire pour le blanchiment de ses draps fabriqués . Cet acte est important puisque il implique en effet que notre dit prieuré professait déjà une activité de draperie en la dite année 1306. Pour ce faire il fallait fouler les draps; le moulin prieural était-il en les premières jeunes heures du prieuré un moulin à foulon ? Le canal du moulin découvert ici au port de Dinan, ouvrage magnifique dans son travail  l'ensemble des pierres de taille le composant étant presque toutes sculptés de signatures diverses, remonterait-il en la dite année 1306 ?

    L'acte second, un acte rédigé au XVIII siècle, en 1784, est un acte lequel nous fait part d'un incident survenu au dit moulin lors de violence du cour de la rivière. En effet la violence de l'eau fera "chuter" une pierre du parapet du pont cette chute envoyant en la meule du moulin la dite pierre décrochée du pont. L'acte précisera que la présente de cette pierre entre les meules provoqua les fissures importantes et dans la meule supérieure et dans la meule inférieure du moulin du prieuré. La citation de la présence en ce moulin de deux meules implique en effet ici même un moulin à bled ou à froment. En ce cas à quoi pouvait alors bien servir le canal du dit moulin puisque celui-ci était en énergie hydraulique alimenté directement par la rivière ? 

    L'acte troisième est un acte lui réalisé vers 1760 [l'acte quatre étant celui de la prise de la ferme du prieuré par le dit sieur Rimoneau en la dita année 1771]. Si cet acte comme le précédent lui aussi décrit un accident il est toutefois le seul à citer explicitement  la présence du dit "canal". Le moulin concerné est forcément le moulin prieural puisque celui-ci est alors tenu par le sieur Salmon de son état fermier général du dit prieuré du pont. Pierre Salmon en effet portera requête envers la ville de Dinan le ruisseau du Jerzual entrainant dans le dit canal, cela en les fortes pluies, moult détritus de tous genres abandonnés dans le dit Jerzual par les riverains du Jersual eux mêmes; les détritus entrainés dans le canal obstruaient en effet régulièrement ce dernier l'eau du canal étant refoulée par ces mêmes détritus. Comment des détritus, entrainés par le ruisseau, descendants régulièrement la difficile pente du Jerzual, pouvaient-il empêcher le fonctionnement d'une roue elle alimentée directement par la rivière ? Les actes ci-dessus, la citation des deux meules ainsi que celle du canal n'impliquent-elles pas la présence ici même de deux moulins en un, à savoir un moulin à blé et un à foulon ? Voici l'acte presque complet citant le dit "canal"du moulin :  Monsieur Salmon représente que les immondices descendantes de la ville par le Gerzual quant-il pleut fort, entrainent des pierres et autres matériaux et des ... viennent remplir le canal du moulin, font refouler l'eau et empêchent le dit moulin de tourner; pour objecter à cet inconvénient, faudroit que le maire de Dinan défendit de jeter dans le ruisseau les matériaux et décombres des maisons. Il seroit avantageux pour le dit moulin qu'il eut droit de chasse dans la ville... 

    1673 et 1784. Le moulin prieural

    L'acte originel "Salmon" citant le "canal du moulin".

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural

    Vers 1750. Plan de reconstitution des moulins du port de Dinan sur le plan de 1786

    - En le n°1 la rivière alors encore présente où se dresse aujourd'hui le patio de verdure; là devait très probablement prendre naissance le canal du moulin.                                                                 - En le n°2 le dit canal devant alimenté le moulin du prieuré; ce canal sera cité sur un acte du sieur Salmon fermier du prieuré de la Magdeleine en le milieu du XVIII siècle.                             - En le n° 3 la maison en pans de bois toujours existante aujourd'hui; elle serait l'un des moulins "présumés du prieuré.                                                                                                            - En le n° 4 la "maison de l'un des moulins" du prieuré; elle est ainsi dénommée en 1786.           - En le n°5 le ruisseau de Jerzual lequel, en temps de fortes pluies, encombrait par ses détritus entrainés le dit canal faisant ainsi refouler l'eau circulant en ce même canal nécessaire au moulin.                                                                                                                                                  - En le n°6 la porte de fermeture du canal du moulin.                                                                       - En le n°7 le grand moulin bien de la ville de Dinan.                                                                         - En le n°8 la "Chaussée du grand moulin" faisant probablement "office" de réserve d'eau pour le grand moulin .                                                                                                                                   - En le n°9 bief ou réserve d'eau pour le dit grand moulin formé par la dite "chaussée du moulin"..  

     

    Fin de la dite première partie

     

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural

     Représentation du port de Dinan réalisé par Charles Rauch entre 1787 et 1829 d 'après une gravure exécutée par  Skelton  Rauch décédant lui en l'année 1857  [la dite année 1829 est l'année en laquelle la maison à pans de bois, ici représentée à la gauche du Pont, au derrière de celui-ci, fut détruite et remplacée par l'actuelle maison sise au 39 de la rue de la Madeleine en Lanvallay. Un détail très important diffère les deux oeuvres puisque la dite gravure de Skelton en son pont ne comprend nullement la petite passerelle en bois ici représenté celle-ci ayant été elle réalisée qu' après 1793 pour contrer l'avancée sur Dinan de l'armée des Chouans. Suivre le lien ici proposé... ]En n°1 est positionné l'une des deux parties ayant hier formée le vieux moulin prieural. Absent sur la gravure de Skelton  le moulin au duc et sa chaussée dite du moulin, tous deux encore présents dans les premières heures du XIX siècle au milieu du pont, ont -ils été effacés par la seule "perspective" du lieu en lequel Skelton travailla lorsqu'il oeuvra à sa gravure ?

     

    1673. Le moulin prieural

    Ci-dessus la première partie ayant formée hier le vieux moulin. Photographie prise vers 1910.

    1673 et 1784. Le moulin prieural

    Ci-dessus aujourd'hui, à la droite des deux terrasse en bois jouxtant le pont, terrasses ouverte et fermée, s'assoit toujours l'un des éléments ou bâtis ayant formés hier le vieux moulin prieural. Celui-ci édifié en pans de bois est situé en "avancé" et à la droite de la maison ayant été reconstruite en 1787, cela en retrait du dit moulin, à la gauche de ce dernier, par le sieur Dugué. Ce même bâti ici en pans de bois sera le bien en 1781 de monsieur Macé sieur de l'Espinai.

    La dite nouvelle maison réédifiée en 1787, aujourd'hui le Restaurant nommé "L'Atelier Gourmand", remplaça partiellement une vieille bâtisse à encorbellements et pans de bois elle aussi laquelle déjà appartenait au dit sieur Dugué. Son état général, présentant une dangerosité réelle, obligera sa réhabilitation; cependant,  devant les frais financiers très importants nécessaires à une entière réhabilitation, le sieur Dugué préférera une simple démolition laquelle sera suivie d'une nouvelle construction moins importante toutefois puisque la maison originelle venait elle au plus près de la rivière enjambant complètement la première arche du Vieux pont. Cette maison, "reconstruite" à la fin du XVIII siècle, en la dite année 1787, est l'actuelle maison assurant l'angle nord du vieux pont et portant la dite date de 1787.

    A la droite du dit moulin ci-dessus, en l'endroit même où s'assoit une "terrasse extérieure", se trouvait alors la deuxième partie formant le dit moulin prieural l'actuelle grande véranda de ce restaurant elle recouvrant l'ancien canal séculaire de ce même moulin prieural. En 1786 le bâti ici alors existant en cet emplacement sera nommé : "maison de l'un des moulins"; en la seconde moitié du 18ème siècle cette même maison sera le moulin du sieur Pierre Salmon alors fermier général du prieuré du pont à Dinan.

     

     

     

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural

     

    La maison du Sieur Dugué réalisée en 1787 et portant les initiales H.D. Elle sera le bien en 1791, quatre ans seulement après sa construction, cela par acquisition, du sieur Jean Této et de dame Jeanne Arot sa femme.

    Regardant le plan des alignements ci-dessous nous constatons très bien, cela par la seule analyse de notre regard, qu'en effet cette "reconstruction faite en 1787 " fut voulue "beaucoup moins grande" que le bâti originel encore présent lui en 1786. La première arche du Vieux pont, la seule arche originelle aujourd'hui atterrie, hier assise sous la maison originelle du dit sieur Dugué, reçoit aujourd'hui en son dessus une simple terrasse à ciel ouvert récente dans sa réalisation. Ainsi hier avant 1787 l'eau de la rivière passait sous la dite vieille arche originelle puis s'acheminait ensuite  "en ligne droite" sous la maison du dit sieur Dugué continuant ainsi son parcours vers la roue du dit moulin prieural

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural

     Plan des Alignements réalisé en la dite année 1786.

     

    En n°1 la maison la dite maison du sieur Dugué laquelle, reconstruite en 1787, sera en 1791 le bien des dits sieur et dame Jean Této et Jeanne Arot.

    En n°2 l'un des bâtis de l'ancien moulin prieural bien en la dite année 1786 du dit sieur Macé sieur de l'Espinai ou Epinai; il sera en la dite année 1791 le bien de madame Maingaud.

    En n°3 l'ancien canal du moulin prieural ce canal servant à alimenter le second bâti du moulin prieural nommé lui en la dite année 1786 : maison de l'un des moulins. Ce canal se dirigeait à occident, vers les hauteurs de Dinan. Bifurquant vers midi en le quai même de Dinan il se dirigeait ensuite sur la "barrière" ouvrant elle l'accès au quai de Dinan.

    En n°4 la dite "maison de l'un des moulins".

    En n°5 le moulin au Duc moulin communal nommé en 1786 : le grand moulin. Celui-ci sera le bien en 1667 de madame Julienne Lambert

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural

     

    Plan des "Alignements à suivre" rédigé en la dite année 1781 mais par nous colorisé cette fois. Les parties coloriées en jaune montrent en effet  les différentes parties devant  en la dite année 1786 êtres déposées.  Implantation sur ce plan des deux moulins, à savoir le moulin prieural et le grand moulin au Duc assis lui sur le pont. La maison sur ce plan alors existante au nord du dit moulin prieural, en remontant le quai, n'existe plus [maison  laquelle sur le dit plan" des alignements"  est nommée : la maison de l'un des moulins. Cette maison aujourd'hui disparue fut probablement elle aussi l'un des dits éléments ayant formés hier le dit moulin prieural. Notez sur ce plan l'espace ouvert entre les deux éléments ou bâtis ayant formés ensemble ce même moulin seigneurial et nommé lui "le canal du moulin". Ce canal encaissé était alors un canal "recouvert" ou fermé]. Seuls restent de cet ensemble aujourd'hui et le dit moulin du prieuré et la maison du sieur Dugué. Cet ensemble sera acquit au lendemain de la Révolution française, le 11/03/1791 exactement, par le sieur Jan Teto et son épouse Janne Arot tous deux originaires de la paroisse de Lanvallay le patronyme Této franchissant "professionnellement" le vieux pont de Dinan pour la première fois établit qu'il était, et cela depuis la fin du XVII siècle, de l'autre côté du Pont. Au XIX siècle ce patromyne sera possesseur dans le bas de la rue du Petit-Fort, rue prolongeant le Jerzual, de plusieurs maisons de tanneries. Voici cet acte: Jean Teto et dame Jeanne Arot demande à prendre possession d'une maison située près du pont, à Lanvallay qu'ils ont acquis par contrat d'avec sieur et damoiselle Dugué le 11 mars 1791. Une maison située au bout du pont à Dinan, paroisse de St-Sauveur, consistant en une cave, un embas, une boutique ou salon vers nord, un corridor donnant sur la riviere vers orient, 2 chambres au dessus et grenier, joignant d'orient à rivière de Rance ou bie(f) du grand moulin, du midi au pont de Dinan, d'occident au pavé de la barrière conduisant au quai, du nord à maison de la veuve Maingaud. Signé Jeanne Arot; Jean Této; Reine Penhard; Pierre Salmon et François Teto. [Répertoire de Maître Beslay, années de 1762 à   Ans 7 et 8]. 

     

     

     

    Le moulin du prieuré de la Magdeleine

     

             en l’année 1673

     

    Nous vous présentons ici une partie précise d'un acte de dénombrement  lequel, rédigé dans la seconde moitié du XVII siècle, présente et énumère certains des éléments composant alors le prieuré de la Magdeleine du Pont à Dinan. Il existe bien sûr des actes plus anciens lesquels, rédigés dès la seconde moitié du XVI siècle, vous seront évidemment aussi présentés mais cela dans une autre rubrique. Si nous vous proposons celui-ci ici et maintenant, dans la rubrique du Prieuré du Pont, c’est parce que ce présent acte contient une information importante par rapport à la nature même du fonctionnement du moulin du prieuré. Ce moulin sera dans la seconde moitié du XVIII siècle presque entièrement refait à neuf. Ces travaux seront entièrement financés par le fermier général du moment cette réhabilitation professionnelle ayant eue, pour principale incidence, une moins-value sur les redevances seigneuriales annuelles appliquées à ce même moulin. Cet acte vous sera plus aussi présenté ultérieurement. Voici maintenant cet acte de dénombrement réalisé en 1673 :

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural

     

     

    Memoire des dependance et consistance du prieuré de Ste Marie de la Magdeleine dans la paroisse de Lanvallay évéché de Dol et lessé le pont à Dinan dont est prieur Don Floraine marchand docteur de Sorbonne ancien religieux de la baye de Marmoutier (ou de l’abbaye. Le terme la Baye avec cette écriture ici utilisée sert à désigner l’abbaye de Marmoutier. Ce terme s’écrivant, et cela dès son origine française, l’Abbaye ou la Baye, nous pouvons peut-être  raisonnablement penser que le nom donné hier à cette vieille rue séculaire du port, longeant le prieuré de la Magdeleine du pont de Dinan, a été choisi en fonction de la nature même de ce prieuré lequel comme tout prieuré relevait d'une abbaye mère.  Ce terme en ce cas serait bien celui d’une appellation mise en rapport avec la présence même de ce prieuré et non celui d’un poste de garde militaire avancé,  placé en aval du château de Dinan.                                             Il en est de même parfois pour certains autres mots. Ainsi le bâtiment dans lequel se faisait ici les offices religieux est tantôt appelé soit église du prieuré ou soit chapelle du prieuré ces deux mots ayant aujourd’hui l'un par rapport à l'autre un sens grandement différent. Ce texte ci-dessous utilise deux fois l'écriture de ce mot, une première fois pour présenter l'abbaye de Marmoutier de laquelle arrive Dom Floraine, une seconde fois pour présenter la rue laquelle longe à l'orient le dit prieuré, cela jusqu'à la hauteur du logis prieural propre à ce prieuré).

     

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural

     

     

    Premier

    Le prieuré de la Magdeleine de pont à Dinan consiste en l’église Chœur et cimetière dy celluy joignant le long de l’église, clos de ses murailles autour des murs et joignant le long des maisons des petites et grande Croix Verte. Un grand corps de logis prieural consistant dans une cave vouté sous la salle avec salle au premier étage, avec cheminée de taille trois grandes fenestres ou croisées de taille, une chambre au bout au pignon vers la rue de la baye une autre salle haute au costé vers le dit pignon. L’escalier de bois entre deux greniers et combles au dessus. Un autre corps de logis  batie en croissé au bout du dit grand logement consistant dans le sellier d’en bas deux chambres l’une sur l’autre garnies de cheminée et fenestre de taille et grenier et comble au dessus. Une écurie en apentif dans la cour de derrière. Un autre logement au pignon du dit grand logement avec un four banal une grande grange servant à loger  les bois du fournier au bout de laquelle il y a un petit sellier qui est dans la dite cour de devant batie en apentif qui est joignant la ditte eglise le tout des dits logement se joignant avec leur cour portails devant et autre derrière le tout couvert d’ardoise.

    Plus les jardins seavoir le jardin d’en haut joignant l’église et le long de la rue de la baye et par le bas le dit logement, autre jardin au dessous apellé le petit jardin du milieu et autre grand jardin dembas situé au dessous clos de muraille joignant le chemin  qui conduit le long de la rivière  de Rance  et de ces deux costés au jardins appartenant au noble homme Jacques de Serville sieur des Marets. Un colombier et refuge à pigeons dans le jardin d’enbas bastis de pierre de taille.

    Un moulin servie d'eau douce et de mer appellé le moulin de la Magdeleine seize et situé proche le pont de dinan sur la rivière de Rance avec droit de pecherie prohibitif  depuis la tonolonge ? de la ville de Dinan jusqu’au moulin et aussi avec le droit darrerage (pour arrimage)  de toute barques batteaux de payer etranger et autre qui abordent au dit pont a Dinan depuis ? le dit pont a dinan et autre de la rivière jusque…

     

    1673. Le moulin prieural 

    Le port de Dinan à marée basse. Photographie de madame Ida Boucheneb.

     

     

    Cet  acte partiellement présenté ci-dessus est pour nous important dans la mesure où il présente le moulin "prieural" comme étant un moulin de rivière et un moulin de mer, travaillant ainsi et avec les marées régulières et avec les eaux de la rivière de Rance [Voir cet acte dan son intégralité en la rubrique : Mémoires et Dépendances. Vers 1660. Mémoire et dépendances].                            Le moulin du Duc, assis et appuyé contre le pont, face à la mer arrivant du nord régulièrement, devait-être lui aussi un moulin et de mer et de rivière. L'acte présenté ci-dessus implique implicitement ce même principe pour ce second moulin aussi. En sera t-il de même demain, au 18ème siècle, lorsque seront édifiés d'autres différents moulins dit de mer, tous construits le long de la rivière de Rance et tous positionnés en aval de nos deux vieux moulins ? (En la paroisse de Pleudihen à la fin du XII siècle existait aussi le moulin de Quicoubre lequel est cité dans un acte écrit vers 1201 cet acte reprenant les donations faites hier par les ancestres d'Alain dit le Roux. Après avoir été en litige avec le prieuré du Pont, contestant ces donations, Alain et ses frères furent ramener à la raison puisque ces derniers acceptèrent enfin de reconnaitre pour vrai ces mêmes donations. Peu après le dit moulin de Quincoumbre semble apparaitre aussi le moulin du Prat celui-ci faisant logiquement son apparition qu'avec naissance de la seigneurie de la Bellière. Ces deux moulins étaient eux probablement que de mer celle-ci arrivant en la paroisse de Pleudihen régulièrement. Le moulin du Duc, présent sur un plan réalisé le 17/10/1784, ne sera cependant, vers 1811, plus représenté sur le premier plan napoléonien démoli qu'il aura entre temps été. Lire le chapitre consacré à ce moulin). La mer, dans ses plus hautes amplitudes, bien avant l'apparition de la seigneurie de Dinan, remontait jusqu'au prieuré de Saint-Magloire en Léhon. Certaines anciennes cartes postales, éditées tout à la fin du 19ème siècle, ou bien au tout début du 20 siècle, nous présentent dans leurs graphiques, au port de Dinan, que le simple filet d'eau d'un ruisseau descendant le lit de la rivière alors régulièrement presque asséchée par les marées descendantes successives. Pourquoi ici même, en l'absence d'une marée haute, le lit de la rivière ne comprenait que si peu d'eau ? Peut-on penser, au regard de cette même photographie, que la navigation de tous les navires était impossible en dehors de toute marée montante ? Peut-on penser ici que les différents autres moulins médiévaux relevant de la seigneuries de Lanvallay et assis au plus près de l'abbaye de Léhon, moulins appelés dès 13ème siècle  "moulins de Brachessac", (molendinid de Brechessac), aient été eux aussi des moulins de mer et de rivière ? D'ailleurs les moulins de Brachessac étaient-ils seulement des moulins d'eau, que cela soit d'eau de mer ou d'eau de rivière ? (lire la rubrique consacrée au moulins de Brachessac. Cette rubrique nous présente un relevé ou plan géographique lequel, rédigé au tout début du 19ème siècle,  nous montre le détournement et la canalisation de la rivière de Rance au travers du grand jardin de l'abbaye de Saint-Magloire de Léhon. Ce détournement de la rivière, ainsi que sa canalisation, furent très probablement réalisés par les moines de l'abbaye de Léhon lorsque cette même abbaye érigea dans ses jardins, dans le courant du 15ème siècle, ses propres moulins, des moulins qui ne seront quant à eux que des moulins dits de rivière, ces mêmes travaux ayant eux pour seul motif que l'amélioration du bon fonctionnement de ces dits moulins. Ce plan est donc très intéressant à étudier puisqu'il met en évidence le détournement de la rivière réalisé par les moines mais aussi par ce que il met également en évidence le pourquoi et le comment de la seule présence d'un simple ruisseau au port de Dinan quand celui-ci se trouvait être situé en dehors de toute marée haute).             Il faudra à nos grand-trisaïeuls attendre la réalisation du canal d'Ille et Rance, canal réalisé au tout début du 19 ème siècle, pour voir de nouveau rétablit ici même le cours originel de la rivière de Rance étirant ses eaux entre l'abbaye de Saint-Magloire de Léhon et l'amont du Vieux pont de Dinan. Quant à nous il nous faudra attendre la réalisation du barrage de Saint-Malo, barrage marémotrice édifié au 20ème siècle, en 1967, pour voir disparaitre définitivement et malheureusement le cycle naturel de la mer. Aujourd'hui la course naturelle de la mer au port de Dinan à jamais a disparu.

     

    N.B. le 05/06/2013. Aujourd'hui nous avons envers nous la totalité de cet acte cela grâce à Daniel  Brandily, de Pleudihen, lequel très gentiment nous a récemment offert l'acte dans sa totalité. Rien n'est donc jamais définitivement perdu. Cet acte en cour d'étude nous le confirme...

     

     

    Ci-dessous voici partiellement cet acte de 1673 que nous possédons aujourd'hui dans sa totalité. M(H)421 ADCA

     

    1673. Le moulin prieural1673. Le moulin prieural

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    1784

    En 1784 le moulin prieural sera la "victime" d'un grave accident mécanique lequel obligera la venue d'experts et la tenue immédiate de toute une estimation financière destinée à payer les travaux de remise en état (images 3709, 3710 , 3711, 3712, 3713.). Provoqués par l'arrivée en le moulin de plusieurs pierres ayant chuté du parapet du pont, cette chute ayant été elle même provoquée par la violence de l'eau passant sous le pont de Dinan, les dégâts en le moulin furent considérables. Voici ci-dessous le procès-verbal ou le déroulement exacte de l'accident mécanique et tout le coût financier lequel fut alors sur place estimé. Etaient présents ce jour là le meunier, les notaires royaux et les experts [Nous apprendrons à la fin de ce procès verbal que le montant total des réparations s'élevait à 259 livres ; il est intéressant de savoir que ce même moulin, 1 siècle auparavant, était affermé pour une somme annuelle de 500 livres à monsieur Gilles Aubry] . Nous mettons ici cette pièce d'expertise puisqu'elle appartient à l'histoire du moulin prieural : 

    L'an mil sept cent quatre vingt quatre, le sixiême jour du mois de septembre a sept heures du matin, devant nous notaires royaux héréditaires à Dinan soussigné a comparu Pierre Bouttou meunier demeurant au moulin du pont à Dinan paroisse Saint-Sauveur, lequel nous a déclaré que mercredy dernier, premier septembre présent mois, environ les trois heures de l'après midy, il ariva au petit moulin du dit lieu, dont il jouit, appartenant a messieurs les religieux bénédictains et dépendant du prieuré de la Magdelaine, un  évenement d'autant plus rare et singulier, que ce moulin aui alors etoit en oeuvre fit un effort si considerable que la meulle de dessus fut élevée a plus de six pouces de hauteur en plomt et se fit dans sa chutte des ouvertures, en différents endroits, de même qu'elle fit fendre et ouvrir la meulle de dessous, que le marbre du dit moulin paroit avoir été entièrement cassé de même qu'un des bras de la rouë et les choisiaux, que le rouët parait égallement avoir l'un de ses bras cassé, et qu'enfin dans l'état ou se trouve actuellement le dit moulin est hors d'état de pouvoir moudre en consequence, nous a requis de nous transporter avec lui au dit moulin a l'effet d'en rapporter état et procès-verbal même de veriffier et faire vérifier par experts les causes qui ont pu donner lieu a cet évenement et nous a en l'endroit déclaré que s'il a retard jusqu'a ce moment [il semble ici manquer une page] que ces seules et ouvertures traversent cette meulle dans son épaisseur et vont se réunir au centre. Huitiemmement que la meulle de dessous est ouverte et fendue par le milieu d'une partie à l'autre et dans son épaisseur. Descendu de nouveau dans la partie inférieure du dit moulin pour y chercher les cause des dégats et fractures cy devant. Les dit experts après avoir examiné d'ou elles pouvoient provenir ont vu et nous ont fait voir dans le canal ou sont la rouë vers la partie orient du dit canal une pierre de taille, laquelle ainsi qu'il apparu aux dits experts et qui nous l'ont fait voir a pu provenir du parapet du pont du dit lieu et avoir esté par la force de l'eau passant par le susdit canal poussée sous la dite rouë et par la occasionné la rupture du bras de la dite rouë, du marbre et des autres objets dont est cy mention, et pour le constater les dits experts ayant fait apporter un filet et poutre par le moien duquel on a fait tourner de force la rouë du dit moulin et après avoir oté partie du restants des dits choisiaux, ont est parvenu avec peine a tirer la dite pierre du dit canal, laquelle montée par le moyen d'une autre corde et poutre, et mesurée par des dits experts, enne s'est trouvée être de sa longueur seize pouces sur quatorze pouces six lignes de largeur et quatre pouces six lignes d'épaisseur sur laquelle les dits experts ont vu et nous ont fait voir l'emplacement de deux crampons placés à distance de quatre pouces de chaque côté laquelle réouverte et fendue a peu près vers le milieu et en l'endroit de la place pratiquée pour la pose des dits crampons ce qui leur fait croire qu'elle est sortie du parapet du pont comme il est cy dessus dit. Ayant ensuite fait chercher dans le susdit canal et fait tater si sous la ditte rouë ou environs il ne se trouveroit point quelques autres pierres au choses qui auroient pu donner lieu au degat arivé au dit moulin, s'est encore trouvéune autre pierre dans la partie aval du dit canal et tout haut à la ditte rouë, pour laquelle avoir il a encore falu faire tourner de force la susdite rouë comme il est cy devant dit et cette dernière pierre aussi tirée hors du dit canal et mesurée par les dits experts en nos présences s'est trouvé être de quatorze pouces de longueur sur dix de largeur et trois pouces six lignes d'épaisseur. Lesquelles deux pierres les dits experts nous ont dit et déclaré leur paroitre avoir été la cause des dits dégats et que ces pierres sétaient trouvées précipitées par la force de l'eau sous la rouë du dit moulin la empechée dans son tour et celle cy egallement poussée par la force de l'eau  et empechée de tourner par les pierres qui se sont trouvées au dessous les pierres ont fait lever la rouë et par le contre coup qu'elle a donné en retoubant a occasionné la rupture de tous les objets dont il est question. En cet endroit les dits experts ont procédé à l'estimation des dits ogjets endommagés et nous ont déclaré que pour faire les réparations a la meulle de dessus il appartient pour faire fournir et remettre a place la somme de quarante livres. Cy 40 ll. Que pour les réparations a faire à la meulle de dessous de la manière cy dessus expliqué il appartient la somme de soixante livres. Cy 60 ll. Que pour fournir le marbre, le travailler, rajuster les fers et mettre en place il appartient la somme de cent livres. Cy 100 ll. Pour remettre le bras de la grande rouë, fournir le bois et mettre a place six livres. Cy 6 ll. Pour les choisiaux  fournir bois planches et mettre a place vingt livres. Cy 20 ll. Pour réparer les rouës, fournir le bois, chevilles celle de vingt quatre livres. Cy 24 ll. Pour réparer et refaire la chaussure du rouët [ Rouet : Grande roue en bois dentées chargée de transmettre le mouvement les dents en bois, équipant la roue, formant quant à elle la "Chaussure" ]et la fusée la somme de neuf livres. Cy 9 ll. Toutes les sommes cy-dessus faisant celle de deux cent cinquante neuf livres . Cy 259 ll. Saul néanmoins augmentation et évenement que lorsqu'il s'agiroit de demander les pieces cy-devant il se devienne plus grandes grandes fratures dégats et dommages que ceux qui leur ont parus.Devant quoy nous dits notaires avons raportés le procès après lecture sous les seings du dit Bouttou, des dits sieurs Sousnier du Chesne, Denouald notaire royal, Rerces (?) notaire royal, controllé a Dinan le neuf septembre mil sept cent quatre vingt quatre reçu quinze sols frais de devoir, le tout sur la minutte comme dit est restée vers moy notaire royal soussigné, interlignes poussées  approuvées. Notaire royal Lestif. Autre notaire royal maitre Denouald. Notaire royal. Pierre Boutton. Ollive Lemarchand  

     

    1673 et 1784. Le moulin prieural1673 et 1784. Le moulin prieural      

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