• - Wiomac'h ou les premières heures du duché

     

     

    Wiomac'h ou les premières heures du duché de Bretagne

     

     

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    Wiomac'h ou les premières heures du duché

     La Bretagne entre les 5ème et 8ème siècles est représentée ici avec les deux Marches Franko-Bretonnes que sont alors les pagus (pays ou unité territoriale) de Rennes et de Nantes; la Bretagne est alors seulement composée de la Cornouaille, du Léon, de la Domnonée et du pays de Vannes, les deux Marches frankes ne relevant que de la seule autorité des princes franks et donc de la Métropole de Tours. La Grande Domnonée délimitée à l'Ouest par l'actuelle rivière de Morlaix s'est formée à partir des Pagus de Castel, de Tregher, du Gouelou, de Pentvr, d'Aoudour et de Racter unis l'ensemble de ces pays ayant respectivement donné naissance un peu plus tard aux régions de Ploucastel, du Treguier, du Goëlo, du Penthièvre et du Poudouvre-Rance; les régions de la Cornouaille, du Léon et du Vannetais ayant leurs propres unités territoriales.  La formation géographique de ces différents Pagus ou Pays ayant formés la Bretagne dans ses régions (eux mêmes formés d'autres Pagus plus petits et de Plous ou paroisses multiples à l'image du Pagus d'Aleth ou du Pou-Aleth dans le Pagus de Racter, pays  aujourd'hui connu sous l'appellation du pays de Rance. Les plous furent jusqu'au 8 ème siècle religieusement dirigés par un clergé régulier et exclusivement monastique et cela sans aucun clergé séculier, l'ensemble des évêques étant moines et tout évêque rattaché à une abbaye. Il faudra attendre la main de plomb des princes franques ou carolingiens, à la fin du 8ème siècle, pour qu'apparaisse le début de la décadence de cette église monastique originelle laquelle va être remplacée définitivement par un clergé séculier ce dernier obligeant les moines à s'enfermer dans leurs cloitres respectifs. Les évêques seront désormais choisis en dehors des abbayes et la juridiction des anciens diocèses s'étendre grandement. Les moines enfermés derrière les hauts murs silencieux de leur foi, le gouvernement religieux ou spirituels des Plous ou paroisses sera alors déposé entre les mains de ce clergé séculier comprenant prêtres, diacres ou clerc, cet ensemble ordonné par une nouvelle structure, celle-ci juridique et hierarchique. Malgré ce changement irrémédiable de la gestion de la spiritualité, les grandes abbayes édifiées tout au long de l'époque Mérovingienne, à l'image de l'abbaye de Landevenec, continueront à subsister, certaines tombées en décadence seront aussi redressées quand autres sortiront de terre la venue de ce clergé séculier n'effaçant point la conception même de la Foi Monastique ce fait étant illustré notamment par l'édification de l'abbaye de Léhon laquelle fut faite sur l'acceptation de Nominoë, peu de temps avant sa mort, vers 850. Par ce changement toutefois les évêques moines dans les diocèses cesseront d'être; les responsables des grandes abbayes lesquels hier joignaient à leur dignité d'Abbé  une puissance Episcopale qu'ils étendaient à leur propre monastère et dépendances cesseront aussi d'être.) trouve son origine dans l'époque Gallo-Romaine quand eurent lieu, au 4ème siècle, les premières migrations successives en provenance de la Bretagne insulaire. Dès le 5ème siècle ces mêmes Pagus ont respectivement formés, réunis entre eux, différentes Cités lesquelles tout aussi respectivement seront les premières heures de chacun de ces mêmes Pays  lesquels demain donneront naissance à nos différents diocèses. Ainsi la Cité des Curiosolites fut à l'origine de l'ancienne Domnonée, la Cité des Redones fut à l'origine du comté de Rennes, la Cité des Namnètes fut à l'origine du Comté de Nantes, la Cité des Osismes ayant elle donnée naissance au grand Pagus du Léon et à la grande région de Cornouaille formée quant à elle des Pagus de Pou Caer, du Pagus de Cap Sizun et du Pagus de Cap Caval; la dite Cité des Osismes étant étirée entre l'actuelle rivière de Morlaix et celle du Blavet, rivière délimitant alors le pays de Vannes à la Marche Frank du comté de Nantes.

     

     

     Les diocèses (territoire canonique d'un évêché et de son évêque) de Bretagne en 851, à la mort de Nominoë et donc peu après 848, 848 étant l'année en laquelle l'évêché de Dol fut érigé par Nominoë en Métropole (Nominoë voulu cette Métropole afin de pouvoir détacher la Bretagne de la Métropole de Tours laquelle était avant toute chose, en dehors de Rome, placée sous l'autorité première des princes Franks. Quand les Comtés de Rennes et de Nantes seront rattachés à la Bretagne devenue indépendante, par Nominoë, les évêchés de ces mêmes comtés placés sous la nouvelle autorité de la Métropole de Dol ont-ils vu eux aussi leurs évêques sujets franks respectifs limogés et remplacés ?) se détacher et l'année aussi en laquelle sont apparus les évêchés nouveaux et de Tréguier et de Saint-Brieuc ces derniers ayant été créés par Nominoë suite à un détachement géographique d'une partie du diocèse de Dol lequel, avant la réalisation de cette Métropole, touchait respectivement et le diocèse du Léon et le diocèse de Cornouaille. Avant 846 en effet, dans la fin de la première moitie du 9ème siècle, la Bretagne ne comprenait que 5 évêchés ou diocèses, à savoir le diocèse de Cornouaille ou Qimper, celui du Léon, celui de Vannes, celui de Dol et enfin celui d'Aleth puisque les diocèses  Nantais et Rennais relevaient directement quant à eux, comme régions religieuses et géographiques, des marches franques et donc de l'autorité première des princes franques aussi. En 848, au lendemain même de la transformation de l'évêché de Dol en Métropole, la Bretagne comprend donc sept évêchés, ceux duTreguier et de Saint-Brieuc s'étant venus s'ajouter aux cinq premiers évêchés déjà énoncés ci-dessus. Dans la première moitié du 10 ème siècle, avec la réunification faite hier à l'unité bretonne des deux marches franques et de Rennes et de Nantes, réunification faite sous Nominoë en 580, vers 930 la Bretagne indépendante comprend donc l'ensemble de ses 9 diocèses à savoir ceux de Cornouaille, du Léon, de Vannes, du Tréguier, de Saint-Brieuc, de la Métropole de Dol, d'Aleth, de Nantes et enfin celui de Rennes tel que peut nous le montrer la carte géographique ci-dessus.             

    Wicohen archevêque de Dol sera ainsi en possession, au lendemain de la vente partielle du duché de Bretagne faite par Thibault de Blois, de toute l'ancienne Domnonée région comprennant alors les évêchés du Treguier, de Saint-Brieuc, de Dol et d'Aleth son frère Judicael étant en possession de la maison comtale de Rennes, Wicohen regroupant ainsi et indirectement, sous sa nouvelle autorité religieuse et seigneuriale, l'ancienne diocèse de Dol avant l'apparition des évêchés de Treguier et de Saint-Brieuc. Son frère Judicael vieillissant et le fils de ce dernier encore enfant mineur, Wicohen archevêque de Dol étendra son autorité seigneuriale sur la maison comtale de Rennes. Conan Béranger dans les quelques années qui suivront, comme héritier légitime de son père Judicael chef de la maison comtale de Rennes, reprendra possession de cette même maison comtale avant de disputer la couronne ducale qu'il obtiendra faisant entrer ainsi la couronne ducale de Bretagne dans sa maison comtale de Rennes; Peu de temps après l'émancipation de son neveu présumé Wicohen perdra ainsi son pouvoir seigneurial ecclésiastique détenue hier sur l'ancien évêché de Dol pour n'être plus de nouveau que le simple archevêque de Dol, grand seigneur temporel cependant et de cet évêché et de son Régaire et enclaves établies en l'ancienne Domnonée (à savoir 23 paroisses dans l'évêché d'Aleth formant la doyenné de l'actuel Bobital, 5 paroisses en le diocèse de Saint-Brieuc formant la doyenné de Coetmieux, la doyenné de Lanvollon pour 6 paroisses, dans le Treguier la doyené de Lannion pour 4 paroisses et la doyenné de Lanmeur 4 paroisses aussi).

     

     

     

     

     

    Wiomac’h ou l'Origine du Duché de Bretagne

     

     

     

    Présent dans le nord de la Bretagne près de Rennes, dans la grande Domnonée, Wiomac’h (Wihomarcus) fut l’un des 1ère chefs bretons à se lever contre l’empereur Louis le Pieux quand les bretons se heurtèrent de nouveau, en 822, contre l’autorité franque, cet empereur voulant une fois de plus imposer aux bretons le versement annuel d’un tribut déjà refusé en 817 par Morvan, oncle ou père de Wiomac’h (le versement régulier d’un tribut de guerre annuel imposé avait déjà été établi par l’autorité franque du roi Charlemagne au lendemain d’une campagne militaire déroulée en 786 ; le jeune comte Wido, au lendemain de cette campagne militaire, fut nommé préfet des Marches de Bretagne et à ce titre prit-il aussi, en tant que comte, la possession militaire du comté de Nantes).

     

    En 825 se tient à Aix la Chapelle une grande réunion à laquelle assistent certains des grands chefs bretons alors une nouvelle fois vaincus, tous venus y promettre leur mutuelle soumission ; Wiomac’h en fait parti. De retour sur ses terres bretonne, ayant obtenu le pardon de l’empereur, Wiomac’h fut toutefois tué par Lambert 1er (Lantbert) comte de Nantes lequel continuait toutefois à redouter les coups de ce fier breton. Pour mettre fin à cette crainte permanente, Lambert fit en sorte que Wiomac’h mourut assassiné en son logis (les annales d’Eginhard). Nominoë semble ne prend pas le parti de ces chefs bretons mais reste au contraire fidèle à ses engagement le liant à l’empereur franc, Louis le Pieux ; se voit-il aussi confier, au lendemain de la mort de Wiomac’h, la direction du comté de Vannes alors toujours situé dans la marche Frank-Bretonne. Nominoë ainsi, et de cette seule façon, fut fait comte de Vannes. Il devient alors, par sa nouvelle fonction, un fidèle lieutenant du vieux comte franc Wido lequel avait toujours gardé sous sa main ferme toutes les marches Frank-Bretonne de l’empire franc. Wido cependant, devant ces révoltes continuelles, finit par tomber en disgrâce disparaissant ainsi de la scène politique. Entre 826 et 840, Nominoë semble remplacer le comte Wido ; il apparaît ainsi dans différents chartes avec le titre de missus impératoris (l’envoyé de l’empereur) avant de recevoir le titre de duc de Bretagne dans différents chartes du cartulaire de l’abbaye de Redon mais sans jamais toutefois avoir la garde des comtés de Nantes et de Rennes lesquels continuent à lui échapper. Nominoë va, à ce titre, diriger la Bretagne jusqu’à mort de l’empereur Louis le Pieux lequel décède en juin de l’année 840 ; dans certaines chartes, alors en charge du comté de Vannes, Nominoë porte quelques fois le titre de Gouverneur de la Bretagne - L’empire franc, à la mort de l’empereur, est divisé entre ses 3 fils héritiers ; Charles le Chauve se voit-il aussi couronné roi de la Francie Occidentale recevant également de Nominoë un serment de soumission. Les princes héritiers, cependant, vont se livrer une guerre fratricide mettant ainsi à mal leurs héritages respectifs ; Nominoë va saisir cette occasion pour revenir sur son serment, refusant ainsi de reconduire plus longtemps envers le roi Charles le Chauve toute sa fidélité hier offerte loyalement à son père, l’empereur Louis le Pieux. Lambert 1er mort, son fils Lambert II, prince franc ayant été élevé en Bretagne, demande au roi Charles le Chauve d’être mis en possession de la charge comtale de Nantes, charge ayant été hier confiée à son père Lantbert dit de Nantes. Charles cependant refuse sa demande et confit-il aussi la direction militaire du comté de Nantes à un dénommé Rainald. En 843, ayant perdu ses illusions seigneuriales, Lambert se rapproche de Nominoë et peu de temps après menacent-ils aussi, ensemble, le comté de Nantes ; le comte Rainald trouve la mort lors d’un combat livré avec Lambert, ce dernier prend enfin possession du comté de Nantes qu’il considère personnellement comme devant lui revenir par droit d’héritage.

     

    Nominoë, en 845, traverse de force les comtés de Rennes et de Nantes désirant aller porter le fer au-delà de ses frontières, dans le Poitou ; la guerre avec le roi de Françie devient alors inéluctable. Nominoë remportant victorieusement, en 846, la bataille de Ballon, Charles le Chauve ne peut échapper à une demande de paix venant de sa part ; Nominoë en profite aussitôt pour imposer au roi franc l’indépendance de la Bretagne. La paix est signée une 1ère fois entre ces deux hommes. Nominoë éprouve toutefois un certain mal être envers Lambert de Nantes son ami d’hier, sa puissance et sa personnalité, toutes deux accompagnées de sa proximité immédiate, l’inquiétant désormais. Aussi, il obtient du roi Charles la déposition de Lambert au Comté de Nantes lequel, remplacé par Renaud de Poitiers, obtient en compensation un simple comté, celui d’Angers. En dehors de toute animosité nouvelle ouverte entre la Bretagne et le royaume franc, Lambert n’a d’autre solution que d’accepter, à regret très probablement, sa nouvelle mutation comtale. Désirant se faire élire roi afin de finaliser l’unification de toute la Bretagne, Nominoë a besoin du soutien de l’église pour consacrer cette nouvelle royauté ; il érige à cette fin la Métropole de Dol en 848 et se fait couronner cette même année là en l’église de Dol laquelle, ville de Dol, va devenir au lendemain de ce sacre l’un des centres spirituels de toute la Bretagne. Des hostilités de nouveaux vont diviser Nominoë et Charles le Chauve. Ce dernier, redoutant avant toute chose son ennemi d’hier, devenu roi, rappel aussitôt Lambert afin de lui confier un très grand duché, enfermant toujours le comté d’Angers, mais formant à lui seul une très grande marche franque s’étirant entre la Seine et la Loire. Peu de temps après, une paix éphémère de nouveau semble pouvoir s’établir entre Nominoë et Charles le Chauve, roi de Francie, lequel, aussitôt et maladroitement destitue le duc Lambert pour le renvoyer à son simple poste de comte d’Angers. Cependant, peu de temps après, le danger représenté hier par Nominoë une nouvelle fois se représente et le roi Charles recrée aussitôt et une seconde fois, toujours pour Lambert II, le même poste ducal hier supprimé. Devant tant de changements soudains et répétitifs, Lambert et son frère Garnier décident mutuellement, accompagnés tous deux de leurs propres troupes, de rallier définitivement le camp de Nominoë. Ensemble, ils décident alors de marcher sur Rennes qu’ils prennent, les portes de la ville sont ouvertes par la force, les murs détruits afin de pouvoir y empêcher l’établissement éventuel de toute nouvelle troupe militaire royale. Cela fait, ils repartent ensembles sur Nantes laquelle à son tour tombe entre leurs mains en l’an 850 ; Rennes et Nantes ne sont plus intégrées dans la grande Marche Franko-Bretonne laquelle de ce fait recule au derrière de ses frontières.

     

    Nominoë trouvant la mort à Vendôme en 851, Lambert II de Nantes continuera à être fidèle à son ancien comparse en appuyant militairement Erispoë, le fils héritier de Nominoë. Ils participent ainsi côte à côte à la bataille du Grand Fougeray, près de Rennes, au terme de laquelle les troupes de Charles le Chauve sont en très grande partie une nouvelle fois défaites. Un accord de paix voulu par Charles est signé entre le roi de Francie occidentale et Erispoë lequel est reconnu par le vieux roi vaincu en tant que véritable prince des Bretons ; l’indépendance de la Bretagne est de nouveau confirmée. L’indépendance de la Bretagne étant enfin bien établie, les Marches de Bretagne disparaissent, les villes de Nantes et de Rennes sont toutes deux définitivement intégrées au tout jeune royaume de Bretagne. Lambert II meurt quant à lui, tué au combat, en 852.

     

    Wiomac’h est cité par Eginhard (775-840) lorsque ce dernier rédigea la biographie de Charlemagne ; Pierre le Baud le dit fils ou neveu de Morvan (Guihomarus fils ou neveux de Morvannus qui avait succédé en son lieu en la vicomté de Léon…)

     

    (En lien ci-dessus, vous trouverez ci joint un arbre de généalogie lequel, en construction, reprend la naissance des maisons comtales et ducales de Bretagne et cela depuis Jarnhitin, marchtiern du Vannetais oriental dans la seconde moitié du 8ème siècle. Cet arbre est appelé à descendre jusqu'à l'apparition des seigneurs de Lanvallei lesquels, entièrement indépendants de la maison seigneuriale de Dinan, semblent êtres issus, au contraire, de la Maison Comtale de Bretagne dite aussi Maison de Penthièvre. Pour l'étudier correctement, cliquez sur le lien, puis enregistrez le sous...puis ouvrez votre fichier enregistré).

     

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