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    1122 - 1182 

     

    La création et la fondation du prieuré de Saint-Malo de Dinan

    et la donation des manoirs de Notuella et de Helfort

     

     

    Quelques explications en avant propos :  

     

    Il faut faire attention avec les écrits de "Du Paz" celui-ci ayant pris quelques fois certains raccourcis avec l'Histoire quand cela l'arrangeait. Le Baud lui aussi à parfois enjolivé certains faits avec certains "qualificatifs. Ainsi les seigneurs de Dinan n'ont jamais été "ni prince ni vicomte" [certains ducs de Bretagne dont Alain III  seront dits en certaines chartes latines : "Consul". Le terme de "princeps" utilisé il est vrai pour Olivier II n'avait pas forcément le sens qu'on lui donne aujourd'hui. Il désignait alors celui qui était le "première autorité"]  .  Du Paz de son côté lui a fait une erreur concernant "Olivier fils de Geoffroy" et "Olivier fils d'Olivier", erreur appliquée elle à Saint-Malo de Dinan raccordant ainsi sous une "même date" et la donation de l'église de Saint-Malo de Dinan  et la fondation du prieuré de Saint-Malo de Dinan. En faite ce sont deux actions distinctes toutes deux séparées par le temps et dans le temps. Si on se fit à Du Pas sur ce point précis alors toute généalogie ayant pour base la fondation même du dit prieuré est forcément fausse.

    En effet Du Paz a relié sous une même date et "la donation de l'église de Saint-Malo de Dinan" et "la fondation du prieuré de Saint-Malo de Dinan". L'acte de la donation de l'église lui est daté. L'église sera en effet offerte aux moines de Marmoutier par Geoffroy de Dinan, cela en présence notamment de son fils Olivier, en 1108. Cette donation sera confirmée par 3 fois: 1 première fois en 1108 toujours, une seconde fois en 1109 et enfin une troisième fois en 1124.

    La charte relatant la fondation du prieuré de Saint-Malo de Dinan elle n'est aucunement datée mais elle reprend cependant un dit "Olivier de Dinan" cette similitude patronymique ayant peut-être amené Du Paz à "l'erreur" cela pour sa décharge. Ainsi Du Paz a fait un "amalgame" en une seule et même personne  quand il a sciemment relié ensemble ou confondu "Olivier fils de Geoffroy" et "Olivier fils d'Olivier" faisant cela "afin de pouvoir dater la dite fondation elle non datée pourtant". Le premier à avoir relevé cette erreur qu'il dit "volontaire" est monsieur De la Borderie lui même.

    Cependant si la fondation du prieuré n'est pas datée elle peut cependant être assise dans le temps puisque lors de cette fondation Olivier fils d'Olivier "confirmera" également les manoirs de Nutwell et de Hartford. Si Geffroy époux d'Orieldis donna ces deux manoirs en 1122 "la confirmation de cette donation"  et "non sa donation" elle fut faite en Angleterre en l'année 1182. En effet "Olivier fils d'Olivier" entrera en procédure avec les moines de Marmoutiers puisqu'il refusera de respecter le don fait hier aux moines par son aïeul Geoffroy obligeant ces derniers à lui "relouer" les terres de ces deux manoirs. [Les envies jetées sur ces terres perdureront bien longtemps chez les seigneurs de Dinham après que "Olivier fils d'Olivier" est reconnu la donation faite hier par Geoffroy son aïeul puisqu'en 1265 Olivier premier "baron" de Hartland, cette seigneurie ayant alors été élevée au rang de "Baronnie", arrière-arrière petit-fils d'Olivier",  rachètera lui à Marmoutiers ces deux manoirs et leurs terres pour une somme de 250 livres].

    D'ailleurs l'acte de la donation du prieuré de Saint-Malo de Dinan lequel fut donc enregistré en Angleterre en la dite année 1182, "confirme" la donation de ces deux manoirs, est lui très clair à ce propos puisqu'il met en évidence et "l'antériorité" de la donation et le côté "spoliation" du désaccord : ... comme de coutume, approuver et obéir à la réalisation de cette lecture et la transmettre à mes successeurs. Comme l’ancienne tradition, ayant l’âge nécessaire, j’ai, Olivier de Dinan, ayant le désire d’apprendre et de suivre toutes les lectures connues par  certains frères qui sont dans le Grand Monastère  et en les manoirs qui sont en Angleterre qui sont nommés Helfort et Notuella dont mes prédécesseurs ont été possesseurs, certains m’appartenant injustement depuis quelques années...

    Donc cette donation qui fut faite en 1122 par Geoffroy fut en effet "confirmée de force" en 1177  par son "petit-fils" "Olivier fils d'Olivier" . Cette "confirmation" et la donation de ce prieuré, et cela pour une concordance de date, concerne  donc Olivier fils d'Olivier et non pas Olivier fils de Geoffroy et d'Orieldis.

    Geoffroy fils d'Olivier et de Cana en 1108 n' a jamais ni "approuvé, ni  confirmé ni augmenté" le prieuré de Saint-Malo de Dinan. Il n'a fait que donner aux moines de Marmoutier l'église  et l'église seule de Saint-Malo de Dinan. Là aussi Du paz à tors.
    A la donation de Nutwell en 1122 , s'il est bien dit que les parents de Geffroy sont décédés c'est parce qu'il s'agit alors de Geoffroy 1er époux de Orieldis. Ses parents "Olivier de Dinan et Cana" sont alors tous deux déjà morts et dans la lecture de cette charte cela est dit clairement aussi.

    Certains "auteurs" voulant suivre Du Paz ont voulu faire en effet de Radegonde et d'Orieldis deux personnes distinctes. Il est vrai que lors de la donation faite en 1108 Orieldis est nommée  Orvidis. Cela est pourtant faux et entièrement faux puisque la " 1ère confirmation" de la charte de la donation de l'église de Saint-Malo de Dinan, donation faite également en 1108, elle est très clair à ce sujet. En effet elle dit cela : ...à cela a concédé son épouse Radegonde nommée Oriel...

    De l'autre côté Du Paz a donné aux seigneurs de Dinan la qualification de Vicomte. Hors la seigneurie de Dinan en ces premières heures n'a jamais été une vicomté et aucune charte  rédigée présente les premiers seigneurs de Dinan comme étant des "vicomtes". Cela est à tors qu'on les a ainsi présenté. Il faut voir en la seigneurie de Dinan, cela en ses premières heures, plutôt une "baronnie" à l'image des baron de "Vitré" par exemple. Il faudra attendre le XIV siècle pour voir apparaitre dans certains actes écrits  la "vicomte de Dinan seigneur du Poudouvre".

     

     

     

     

     

    La fondation du prieuré de St-Malo de Dinan

     

     

     

    La fondation du prieuré de St-Malo de DinanLa fondation du prieuré de St-Malo de Dinan

     

     

     

    La fondation du prieuré de St-Malo de Dinan

     

    Ci-dessus voici une carte géographique implantant en jaune ce qui fut au 10ème siècle la seigneurie du père de Goscelin ou Josselin de Dinan,  Hamon le Gouverneur vicomte par sa fonction. Ce dernier est l' époux présumé de la vicomtesse Roianteline dite fille de Riwall dans une charte. Vivant sous le règne ducal de Geoffroy 1er duc de Bretagne Hamon sera, dans une charte réalisée au lendemain de la mort de Geoffroy 1er décédé en 1008, présenté comme étant le Gouverneur des enfants de feu le duc Geoffroy; ces enfants seront Alain et Eudes ou les futurs seigneurs et Alain III et Eudes de Penthièvre. Hamon, donc né vers 970, n'a pas laissé la date de sa mort ni aucune autre information en dehors de celle citée ci-dessus.

    Les points rouges implantent ici, sur cette même carte, en Angleterre, les châteaux et domaines de Notuella et Herlford, deux des seigneuries données peu après 1100 à Geoffroy 1er de Dinan, petit-fils de Goscelin de Dinan [ce dernier ayant vu le jour vers 1000]. Présent en Angleterre au lendemain de la conquête de l'Angleterre, guerre faite en 1066 par Guillaume de Normandie, Geoffroy de Dinan né vers 1070 reçu probablement ces deux seigneuries des mains royales d'Henry 1er lequel, fils de Guillaume le Conquérant,  fut roi d'Angleterre de 1100 à 1135 au lendemain de la mort de son frère aisné Guillaume II dit le Roux [il n'existe aujourd'hui encore aucun écrit ayant été trouvé pouvant certifier qu'Olivier 1er de Dinan né vers 1030-1040, fils de Josselin et père de Geoffroy 1er, ai été présent en 1066 lors du déroulement de la bataille d'Hasting. Tout laisse au contraire supposer que la première présence outre-Manche des seigneurs de Dinan ait été celle de Geoffroy son fils laquelle, elle, est très bien attestée par des chartes rédigées. Cependant en dehors de toute charte écrite trouvée tout reste cependant du domaine du possible] .

     

     

    La fondation du prieuré de St-Malo de Dinan

    Pierre tumulaire de l'ancien cimetière de la paroisse de Saint-Malo de Dinan trouvée parmi d'autres pierres tombales, cela en l'année 1976, lorsque la municipalité de Dinan décida de mettre en valeur la petite chapelle en réalisant un espace vert en son orient. Le cimetière était donc ici en son derrière, face à la rivière.

     

    La fondation du prieuré de St-Malo de Dinan

     

    La fondation du prieuré de St-Malo de Dinan

     La Chapelle Saint-Joachim

    Bien que le premier moine entrant dans les murs même du prieuré de Saint-Malo de Dinan fut Olivier III de Dinan, en 1177, l'édification de cet ensemble monastique non encore terminé en 1177 semble avoir pourtant vu le jour bien des années plus tôt, dans la première partie du 12ème siècle, sous Geoffroy 1er seigneur de Dinan. Décidant de la construction du prieuré du pont à Dinan vers 1084-1100, les moines étant en errance sous les murs de son château, Geoffroy de Dinan décida peu de temps avant ou après l'édification de ce prieuré de l'édification aussi d'un premier ou second prieuré. Celui-ci sera situé quant à lui sur les hauteurs même de la Rivière, au plus proche de l'église alors existante de Saint-Malo de Dinan et déjà placée sous le saint nom de ce patron laquelle église, en 1108, fut offerte par l'évesque Benoist d'Aleth à l'abbaye de Marmoutier [cette même donation sera également accompagnée de l'église de Saint-Malo située en l'Ile d'Aaron]. Il existe en effet deux chartes lesquelles prouvent en effet que les bâtiments monastiques étaient déjà commencés bien avant 1177 puisqu'une charte rédigée en 1129 nous présente quant à elle la salle Capitulaire [ou Salle du Chapitre, salle en laquelle les moines se réunissent pour débattre ensemble des questions internes au monastère] de ce prieuré, alors en cours de construction, déjà terminée. Il faut noter aussi, vers 1120, l'existence de Pierre Hingant, prieur de l'Eglise de Saint-Malo de Dinan, sa présence certifiant à elle seule le fait que cette église était alors ouverte au culte malgré les travaux d'édification en cours de réalisation. L'année 1122 verra quant à elle, comme étant le prieur de cette église, 1122 étant l'année en laquelle Geoffroy de Dinan offrira ses Places-Fortes anglaises à l'abbaye de Marmoutiers, un dénommé Bernard lequel sera dit, dans la charte relatant ce même don, Bernardo Priore Dinannensi [Pierre Hingant prieur de Saint-Malo de Dinan sera en effet cité sur une charte relatant la cession de l'église Saint-Pierre de Taden à l'abbaye de Marmoutier : Sancti Petri de Tadduem...Robertus de Pluer, Ricardus de Tadduem, Hugo de Corsolt, David de Miniac, Petrum Hingandum priorem Sancti Maclovii Dinannensis...Robert de Plouer, fils de Bressel, était alors de par sa fonction "vicaire" de Plouer. Il nous faut dans cette charte noter les existantes de Robert de Plouer, celle de Richard de Taden puis celle aussi de Hugues de Corseul. Si la "fonction seigneuriale de Robert elle au jourd'hui nous ai connue nous ne connaissons toujours pas toutefois ni celle de Richard ni celle de Hugues. Ces deux derniers étaient peut-êtres des hommes d'églises ...].

     

        

    La Chapelle de Saint-Joachim 

      

    Cette petite chapelle, discrète et endormie, surplombe depuis toujours du haut de son assise les eaux de la Rance ; celles-ci s’étirent sans fin sous l'horizon emportées au loin par un ciel souvent changeant sans laisser en ce monde aucun bruit derrières elles. Les cloches de cette petite église en ce lieu plus jamais ne résonnent. Seules quelques vieilles pierres séculaires, allongées au plus près de ses murs, sont les derniers témoins de son passé aujourd'hui à jamais sans voix. Il y a très longtemps ici même cependant, en ce même endroit, se dressait la première église de Dinan laquelle fut, en 1108, donnée aux moines de Marmoutier par Geoffroy 1er de Dinan, fils de d'Olivier 1er de Dinan. Nommée déjà Eglise de Saint-Malo de Dinan, en cette même année 1108, elle fut très probablement construite avant 1060 et cela avant même l'édification du son propre prieuré. Avec elle apparut la première maison d’hospitalité de Dinan ; avec elle apparut le premier faubourg de Dinan bien avant celui de la Magdelaine sis au port de Dinan; avec elle, toujours et encore, apparut très probablement la seigneurie de Dinan. Le premier noyau social de Dinan est né ici même penché au dessus de la rivière et au plus près d’une motte féodale supposée (On s'accorde à penser aujourd'hui que la motte féodale nommée Dinan, laquelle est représentée sur la célèbre tapisserie de Bayeux, serait en vérité la motte féodale de Léhon laquelle fut remplacée dans le courant du douzième siècle par un 1er château-fort élevé en pierre. Il faut néanmoins noter ici le simple fait qu'il n'existe à ce jour aucune charte écrite, quelle soit religieuse ou autre, qui pourrait attester, par sa propre existence, la véracité de cet épisode de l'histoire lié à Dinan. Cet épisode très tôt, dès le 17ème siècle, fut repris par certains auteurs historiens afin de renforcer la scène guerrière décrite par la célèbre tapisserie dite de Bayeux. Cet épisode serait peut-être tout simplement une extrapolation ou un prolongement d'un fait de guerre réel né de l'imagination de la Reine Mathilde; cet épisode n'ayant alors, par ce fait, jamais eu lieu).

    Quant en 1108 l’église de Saint-Malo de Dinan menaçait les gens par son état de vétusté avancé, et que les moines de Marmoutier décidèrent de la reconstruire, le faubourg de Saint-Sauveur de Dinan, lequel apparut probablement suite un accroissement incessant de la population ici présente, était très certainement qu’un tout jeune enfant encore en train de naître. Le nom de son église fut écrit pour la première fois en 1123 quant-il fut déposé au creux d’un écrit. Quand cela fut fait les reliques de Saint-Méens et de Saint Judicaël étaient arrivées à Dinan depuis déjà fort longtemps, celles de Saint-Méens ayant été amenées en Bretagne un demi-siècle auparavant, le 14 février de l’année 1074. 1074 Reliqua St-Mevenni in Bretannia St-Florent XV Febvrius (On pense que les travaux de construction de l’église de Saint-Sauveur furent commencés au retour supposé de Riwallon de Dinan lequel participa à la première croisade, cette dernière s’étant déroulée de 1096 à 1099. Né vers 1060, Riwallon était probablement âgé d’environ 40-45 ans quant-il entreprit cette édification. L’église Saint-Sauveur de Dinan ayant été terminée avant l’année 1123, il est très probable, par conséquence, que sa réalisation fut achevée par l’un de ses neveux, peut-être Alain de Dinan dit aussi Alain de Richemont ou Alan of Becherel, celui-là même qui fut un fidèle lieutenant d'Henry 1er Beauclerc et qui reçut plusieurs seigneuries en Angleterre; son fils Rolland de Dinan dit aussi Roland de Becherel, sera sénéchal de Bretagne pour le petit-fils du roi Henry Beauclerc, Henry II Plantagenest. Note: La seigneurie de Dinan, à la mort de Geoffroy 1er, sera divisée entre ses deux premiers enfants, à savoir Olivier II de Dinan et Alain de Dinan-Bécherel, Olivier recevant toute la partie nord de la seigneurie et Alain toute la partie Sud dans laquelle se trouvait, notamment, la seigneurie de Bécherel. Les frères d'Alain de Dinan-Bécherel seront Olivier II de Dinan, seigneur de Dinan-Nord; Joscelin ou Josce de Dinan lequel fera souche en Angleterre, ce dernier sera l'aieul de Warin Fitzwarin l'Outlaw et enfin Guillaume de Dinan dit aussi l'Abbé lequel, en tant que dernier né, entrera dans les ordres monastiques).

    Les années s'écoulèrent, les siècles aussi…

     

    En 1487 en France, les troupes royales de Charles VIII sont placées sous l’autorité d’Anne de Beaujeu, sœur de ce roi et fille de Louis le 11ème, régente depuis 4 ans d’un jeune monarque de 17 ans déjà majeur royalement depuis ses 14 ans (Malgré la majorité de son frère, Anne de Beaujeu va continuer à diriger le royaume avec son époux Pierre de Beaujeu. Personne très avisée pour la France, elle fera tout pour entamer la réunification de la Bretagne à la couronne de France. Ainsi, en 1491, toujours très près du pouvoir, elle fera en sorte que son frère, jeune monarque de 21 ans, épouse la duchesse Anne de Bretagne alors âgée de 14 ans seulement ; le souhait de feu son père Louis XI était enfin presque réalisé). Cette même année, en 1487, les troupes militaires du royaume de France entre en Bretagne afin de se diriger, pour certaines d’entre elles, vers les murs et portes de Dinan laquelle est alors l’une des premières places fortes de Bretagne. Louis d’Orléans, futur roi de France lequel demain sera nommé Louis XII, entre en rébellion contre Anne de Beaujeu aux côtés d’autres grands seigneurs du royaume voulant, lui aussi, contester la politique de sa Régence. Devant le danger grandissant de la répression, il s'exile loin de la Cour pour aller trouver refuge à la Cour ducale de François II de Bretagne, lui aussi prince rebelle envers la fille du feu roi Louis XI. Devant cet exil chez un parent ennemi, Anne de France aussitôt laisse sa colère s'envenimer. Aussi, peu de temps après, elle entre en guerre avec le duc de Bretagne laissant son armée pénétrer en ce duché, breton avant tout chose. Le duc François II de Bretagne, père de la duchesse Anne, demande aussitôt la démolition d’un ensemble de bâtiments situés à l’extérieur des remparts de la ville, constructions pouvant éventuellement servir de points de chute aux gens d’armes d’Anne de Beaujeu, régente du royaume de France. L’église de Saint-Malo de Dinan, laquelle fut donnée en 1108 à l’abbaye de Marmoutier par Geoffroy 1er de Dinan, petit-fils de Josselin, fait partie de cet ensemble de construction dont la démolition vient d’être ordonnée par le duc. François II, en contre partie, accepte la construction d’une nouvelle église laquelle devra être construite à l’intérieur des remparts de Dinan, derrière la porte fortifiée de Saint-Malo ; l’actuelle église de Saint-Malo de Dinan, petit joyau de l'art néo-gothique de notre région, va ainsi naitre et s'élever sur la paroisse de Saint-Malo de Dinan et cela sous l'autorité première du nouveau maitre de la place de Dinan, Jean de Rohan (Jean de Rohan, par son mariage avec Marie de Bretagne, était devenu le gendre de François 1er duc de Bretagne, sa femme Marie étant par ailleurs la soeur de Marguerite de Bretagne laquelle Marguerite, par son alliance avec François II duc de Bretagne, était la tante d'Anne de Bretagne future reine de France. A la mort de François II, Anne n'ayant que 11 ans, Jean de Rohan prenant le parti du roi de France deviendra ainsi le nouveau maitre de toute une partie du duché de Bretagne et maitre de ce fait de Dinan lorsque cette dernière signera sa reddition. En juin de l'année 1489, ayant acheté des terres privatives situées à l'intérieur de la ville fortifiée de Dinan, il décidera des travaux de la future église de Saint-Malo de Dinan).

     

     

     

              

     

    La fondation du prieuré de St-Malo de Dinan

    Chevet de l'église de Saint-Malo de Dinan. Lithographie de Oberthur, à Rennes en 1857. Cette église, dont l'un des piliers fut assis le 17 mai de l'an 1490, a été édifiée à l'angle de la Grande rue et de la rue Neuve, aujourd'hui rue de la Garaye, et à l'angle de la Grande Rue et de la rue de la Boulangerie. Ces rues aujourd'hui existent toujours, tout comme cette église; la Grande Rue s'appelle toujours ainsi, il en est de même pour la rue de la Boulangerie. Seule la rue Neuve a perdu son nom originel.

     

    1120 - 1177. La fondation du prieuré de St-Malo de Dinan

    L'église de Saint-Malo de Dinan

    1120 - 1177. La fondation du prieuré de St-Malo de Dinan

    Le dix septieme jour de mai l'an mil quatre cent quatre

    vingt dix fut commencée pour vrai celle

    église en cet enclos par les trésoriers

    parmi lesquels les noms sont Jehan Gicquel

    et Jean du Buot, auxquels sont Olivier Rouxel.

     

     

     

    Voici l'acte de fondation de la nouvelle église de Saint-Malo, construction donc décidée en juin de l'année 1489 laquelle construction fait elle aussi partie intégrante de l'histoire de la première église de Saint-Malo de Dinan puisqu'elle en fut son prolongement. Le texte de cette charte peut certes paraitre un peu long mais il est intéressant  sur plusieurs points, notamment sur sa richesse patronymique et sur le fait aussi qu'il décrit assez biens certains habitats alors présents sur le site ou bien la nature de la rue elle même et d'autres choses aussi. Voici donc cet acte écrit:    

     

    Comme puis n'a gueres de temps à occasion des guerres et divisions qui ont esté et à présent sont, l'Eglise parrochiale de S.Mallou de Dinan qui estoit située et assise ès fortbourgs de cette ville de Dinan de grands et somptueux edifices ait esté démolie, dilacerée et habatue par les Cheeffs, Capitaines et gens de guerre, qui pour lors estoient pour le dangier et préjudice de la fortesse d'icelle Eglise qu'elle pust porter à cette ville, pour ce que ceste Eglise estoit édifiée ou dehors de ladite ville, et au plus près quasi joignant d'icelle et suffi pour le dommage et péril, que peussent avoit et soustenir les Parroissions d'icelle  Paroisse par les malveillans et adversaires de ladite ville en y allant et venant où eux enfans en icelle Eglise, et n'ayent les Paroissiens d'icelle Paroisse aucune Eglise pour eux assembler à ouyr le divin Service  et autres choses à eux nécessaires, et ainsi qu'ils avoient au temps et paravant  ladite démolition et habatue, qui est un dommage pour les corps et pour les ames desdits Paroissiens, qui sont ebn bien grand nombre et de notables gens; et s'ils demouroient  en celui estat longurment, feroit un préjudice quasi inestimable. Pour et auxquieux inconveniens éviter et y donner bon remede ait esté advisé par plusieurs Nobles Gens de Justice, Bourgeois et autres habitans de ladite ville certains lieux, maisons, jardins et héritages situez et sis esd ville et parroisses cy-àprès déclarées, qui ont esté trouvées les plus prouffitables et propres qui fussent en ladite ville de Dinan, pour y constuire et édifier ladite Eglise, iceux héritageset choses joignant d'un bout au pavé de larue neufve, et d'autre par aucuns endroits  au pavé de la rue de la Boulangerie, et d'un costé aux maisons et jardin des hoirs feu Estienne Feré, Joscelin Ourcé  et autres, et d'autre costé au pavé de la grande rue estans ès fiez prouches de la Seigneurie de Dinan; et ont esté iceux héritages prisezet mesurez par certains prisagours, sçavoir une petite maison couverte de glé avecques un jardin size près ladite rue neufve, qui autresfois furent feu Jean le Clerc, contenant un seillon et demi seillon de terre; item, une place de maison qui furent Bertran Gicquel conyenant le quart d'un seillon  de terre ; item, un autre jardin avec une maison seiz jouxte ladite rue de la Boulangerie, qui furent audit feu Jean le Clercq, contenant deux seillons, quatre rais, tiers de rais de terre, et ladite maison contenant de long quarante deux pieds et de laise seize pieds; item, une autre maison de depport appartenant à Colin et Guillaume Bonnet jouxte ladite grant rue contenant trois quarts de seillons, et ladite maison contenant de long trente-ouit pieds et de laize quatorze pieds; item une place de maison, courtil et estables que autrefois posseda Robin Maufras jouste ladite rue neufve, contenant cinq rais de terre, et ladite maison dix-houit pieds de long et 18 pieds de laize; item une maison et jardin que tient Raoullet Nicolas, contenant trois quarts de seillons deux tiers de rais de terre , et ladite maison de long trente-neuf pieds et de laize dix-houit pieds; item, une autre maisonqui fut Jean Loisel, et appartnant à Renault le Do, conyenant une raie et contenant trente pieds de long et douze  pieds de laize; item, un jardin appartenant ès hoirs feu Pierre Nivet, contenant deux rais quint de rais; item, un jardin appartenant à Jean Louasel Canonier, contenant trois quart d'un seillon de terre; item un jardin appartenant ès femme et hoirs de feu Guillaume Mesnier, contenant demi seillon tiers de rais; item un jardin appartenant à Jean du Breil, contenant un seillon de terre ; item, un jardinappartenant ès hoirs feu Jean Pasquier, contenant un seillon une raie de terre ; item, un autre jardin que possede Thomas Chalonge, contenant un seillon une raie de terre; item un jardin jouste la rue de la Boulangerieappartenant à Jean le Gous, contenant environ quatre rais de terre, le tout des choses dessusdites contenantes de longueur neuf-vingt pieds et de laize cent pieds ou envirion. Aujourd'hui furent devant Nous par nostre Cour de Dinan présens en droit trés redouté, hault et puissant Monseigneur Jehan Vicomte de Rohan et de Leon, comte de Porhouet et de Gasnache et seigneur de Beauvoir sur mer d'une partie, et Charles du Breil Seigneur de Plumaugat, René Avalleuc Seigneur de Kerroussaud, Pierre Bourgneuf et Christophle Guillo, ceux Guillo et Bourgneuf  à présent Thrésoriers d'icelle Paroisse, Charles Chauchan, Bertran Gisquel, Guillaume Camben, Robert Cotin, Joscelin Sarcel, François Muret, Jean Marot, Jean Marquis, Estienne Berard, M.Pierre Morin, Tanguy Marot, Jean Chollet, Jean Donard, Josscelin Eberard, Pierre Garnier, Jean Vincent, Olivier Rerigeux, Alain le Refect, Parroissiens de ladite parroisse representans la maire et plus saine partie des Parroissiens d'icelle et chacun d'eux, d'autre partie; eux et chacun en tant que mestier est soubmettant  et soubzmisdrent avec tous et chacun leurs biens aux pouvoir, destroit, coercion, Seigneurie et obéissance de nostredite Cour; promisdrent y fournir et obeir  à droit quant à tout le contenu en cestes; lequel Seigneur de la grace, meu de bonne devotion  et charité, a donné et donne par omosne, cede, quitte et transporte esdits Thresoriers et Parroissiens à jamais heritellement lesdits lieux, fonds et emplacemens dessus declerez, pour y faire édifier ladite Eglise et appartenances d'icelle, lesquieux heritaiges leur mettra à cler et en pleniere deslivrance, si aucuns empeschemens y estoient trouvez, et les leur garentira frans et quittes de toutes charges et rentes à ses propres cousts et despens sans ce que personne soit contraint à y contribuer, avecques la grant vitre du pignon du chanceau d'icelle, parce que lesdits Parroissiens ont voulu, veulent et consentent audit seigneur qu'il soit doteur et fondeur d'icelle Eglise, et qu'il ait enfeux et sepulture s'il le veut au haut du cueur près le grant autier d'icelle Eglise , et autres droits qui appartiennent à fondeur avecq qu'il , ses prédecesseurs et subcesseurs soient participans aux Messes, prieres et oraisons qui à jamés perpetuellement seont dits et celebrez en ladite Eglise; et du parsus d'icelle Eglise, tant de chapelles qui y seront faites que par tous autres endroits d'icelle lesdits thrésoriers et Parroisiens jouiront, pourront bailler et arenter à qui bon leur semblera icelle chapelles et les enfeux et sepultures par tous les autres endroits d'icelle Eglise et en faire et disposer à leur plaisir pour le temps à venir, et faire mettre esdites chapelles et autres lieux, sors seulement en ladite grant vitre estant audit chanceau, telles armes, noms, présentations, tombes, figures et peintures que verront estre à faire, et ainsi que on avoit accoustumé de tout temps ce faire, et ainsi que on avoit accoustumé de tout temps ce faire en ladite Eglise ja desmolie; et a dit et déclaré ledit Seignor ne vouloir que fut ce soit donné aucun destourbier  ne empeschement esdits Parroissiens en aucune maniere qu'ils ne fassent ainsi qu'ils avoient accoustumé; ainsi qu'il vouloit et est son intention de faire autres omoines et liberalitez à ladite Paroisse. Et a esté dit que ce devoit estre remonstré Dimanche prochain en l'endroit du Prosne de la grant Messe d'icelle Paroisse, qui sera celebrée au Chapitre du Couvent des Freres mineurs dudit lieu de Dinan ausdits Paroissiens pour d'eux avoir consentement et ratification de ce que dessus. Donné tesmoin les fceaulx establis aux contrats de nottredicte Cour. Ce fut fait audit Chapitre du Couvent desdits Freres Mineurs le Vendredy doziesmes jour de l'an mil quatre cens quatre-vingt neuf. Escrit par Charles Berard. Ainsy signé, Berard passe, du Boisadam passe. Et au-dessous est escrit :Et dempuis le Dimanche 14 dudit mois de Juin l'an dessusdit, qui estoit le jour et feste de la trinité, furent présens par nostredite Cour de Dinan en droict devant nous en personne les Parroissiens d'icelle parroisse de Saint Mallo de Dinan, et que que ce soit la mere et plus saine partie d'iceux deuement congregez et assemblez en l'endroit du Prosne de la grand Messe d'icelle parroisse, auxquieulx fut par nous leu de mot à mot et à plein donné entendre le contenu cy-dessus escrit, datté du 12 jour dudit mois de Juin, lesquieux Parroissiens d'une mesme voix sans contradiction de nulli aprés la lecture et avoir entendu bien à plein tout le contenu et effect dudit Contract et Lettres l'ont eu agréable, le louerent, ratiffierent et approuverent, voulurent et veulent que tout ce vaille, tienne et forte à effect en tout son planier effect et contenu, moyennant que ledit Seigneur le face consentir et otoriser en toute bonne fourme et raisonnable a l'Ordinaire ou à ses Vicaires; et ainsi le promisdrent et jurerent tenir par leurs serments, et y furent par nous condamnez et condamnons. Donné tesmoin lesdits sceaux. Ce fut fait à Dinan ou Chapitre du Couvent des Freres Mineurs, ouquel fut celebrée ladite grand Messe et fait leditProsne les jour et an susditz. Escrit par Charles Berard. Signé, Berard passe, et du Bouaisadam passe. Titre de Blein. Audit Contract est attaché le prisage desdits heritages faict les ouit et neuvieme Juin 1489 lequel prisage monte à cinq cens cinquante sept livres neuf sols une fois payé. Et au dernier fueillet il y a cet article : Jehan de la Haye pour aller à Tours devers Monseigneur de Raims, Commandatour perpetuel de l'Evesché de Saint Mallo impetrer et avoir ledit congé et licence de bastir ladite Eglise et en apporter Lettres scellées du scel de mondit Seigneur, pour despense de lui, un cheval et son salaire où fut occupé long-temps, cinquante-deux livres. Archives de Blein (Sitôt le retour de Jehan de la Haye, après son entrevue faite avec Pierre de Laval évêque de Saint-Malo et archevêque de Reims, la construction de la nouvelle église fut commencée. Ce fait fut gravé dans l'un des pilliers de la nouvelle église, en une belle écriture Gothique. Cette église sera une première fois grandement modifiée dans la première moitié du 18ème  siècle avec les travaux d'abaissement de la Nef; la fin du 19ème siècle apportera également ses propres modifications à cet édifice par une reprise de travaux sur la Nef aussi. Monier dans Dinan, mille ans d'Histoire).                                                                                            La démolition de l’église originelle de Geoffroy de Dinan, détruite, laisse cependant des ruines sur lesquelles bientôt va être construite une nouvelle petite chapelle, probablement dans la continuité du mariage établit entre le jeune Roi de France avec la jeune Duchesse de Bretagne, Henry et Anne.

    En 1775 l’Abbé comandataire du prieuré de Saint-Malo de Dinan est le vicaire général de l’archevêque de Saint-Malo ; il fera reconstruire presque entièrement cette chapelle, déjà alors forte ancienne, reconstruction que nous pouvons toujours voir aujourd’hui. Cette chapelle aujourd’hui s’appelle la Chapelle de Saint Joachim ; les deux piliers ou contreforts situés tous deux de part et d’autre de cette chapelle, derrière le Cœur, sont les seuls vestiges de la construction de cette chapelle laquelle fut bâtie sur les ruines de la première église construite probablement au tout début du 11ème siècle. Le réaménagement du site, en 1976, nous a laissé quelques belles pierres tumulaires. L’une, au nom de Rohin de Dinart (ou Vinnart ?) et non datée, comprend des Armoiries étranges lesquelles représentent un sablier percé d’une épée et contenant en son centre un cercle, le tout accompagné d’une comète avec sa traine venant mourir au pied d’une croix surmontant le dit sablier. Une seconde pierre tumulaire, datée de 1648, contient seulement les noms gravés de Pierre Lechat et de Briande Lerouy, tous deux tailleurs de leur métier (Nous rencontrons souvent, dans les vieux livres, l'écriture de Dinart pour Dinard).

     

     

     

    La charte de la fondation du prieuré de Saint-Malo de Dinan

    Note : 

    Cette charte ne fut point datée lors de son écriture réalisée en la seigneurie de Dinan. Cependant Olivier en ce même écrit confirmera à Marmoutier les donations faites en1122 aux moines de cette abbaye par Geoffroy son aïeul. Ce point concernera la donation de deux manoirs, celui de Nuwtell ou de Notuella et celui de Helfort, manoirs que Geoffroy avait reçu du roi Henry 1er d'Angleterre. Olivier son petit-fils ici susnommé reviendra d'autorité sur les dites donations forçant les moines de Marmoutier établis en ces lieux à lui reverser une rente. A la fin de sa vie, voulant faire "amende honorable", Olivier reconnaitra son méfait restituant aux dits moines de Marmoutier l'usage plein et tranquille des dits manoirs. Cette donation fut au lendemain de cet écrit  enregistrée aussi en Angleterre. L'acte d'enregistrement Outre-Manche porte ainsi la date de "1182", date asseyant par ce fait même le moment en lequel Olivier donna aux moines de Marmoutiers le prieuré de Saint-Malo de Dinan.  

     

    La fondation du prieuré de St-Malo de DinanApprobatae consuetudinis est rerum seriem gestarum obsequio litterarum usque seros transmittere successores. Quam priscae traditionis consuetudinem , et nostrae aetati permaxime necessariam, ego Oliueruus de Dinanno, pro posse sequi cupiens, universis qui haec lecturi sunt, notum sieri volo, quiae cum quosdam redditus fratrum Maioris-Monastery, quae vulgo maneria dicuntur haec sunt in Anglia, vocanturque Helfort, et Notuella, quae antecessores mei eis ante contulerant, ego et quidam mei pertinentes, per aliquot annos iniuste detinuissemus, tandem ego considerans multitudinem peccatorum meorum, et pro his debitam Dei ultionem pertimescens, extunc tame instantius requirere coepi, ut apud Dinannum in Ecclesia, quam mei antecessores contulerant, Conuentum construerent . Sed quia Ecclesia nondum perfecta erat , et domos Conuentum opportunas instaurari oportebat , de Conuentu ita cum eis deliberaui et composui , ut de redditibus illis , quos me illis reddidisse prosessui sum , Ecclesia prius persiciatur , quod infra triennium sieri debet. Interim tamen octo Monochi ibi erunt, quatuor scilicet sacerdotes, et ego quintus, et duo apud Gigium commorantes, et unus apud sanctum Postemum consistens Hiocto nominati Monachi erunt semper de Conuentu. Praedictas enim domos Abbas Maioris- Monastery , tunc pro nomine sub esse et obedire priori de Dinanno pro amore nostro in posterem constituit. Haec licet ego Oliverius praesentibus quibusdam prius deliberaueram, tamen hac de causa proprie Maius-Monasterium adiens, in Capitulo illorum ipsa die Natiuitatis Domini consistens, quibusdam amicis meis praesentibus plenius confirmavi. In quo Capitulo ob augmentationem praedictae domus de Dinanno, proprer amorem beati Martinni mihi specialiter proprio dono superaddere placuit, vincam scilicet de Allodys, et pratum de Stanno de Hart, et singulis diebus duas summas de bosco meo mortuo, et parco scilicet meo, ad usus Monachorum. Quod cum eis gratanter conssissem , totum me eis contuli, et reddidi, vouens et concedens nunquam me alibi, nisi vel in praedicta de Dinanno Acclesia, vel apud Maius-Monasrerium me moriturum, si Deo placuerit, vel Monachandum. Ipsi autem mihi petenti benigne concesserunt, ut sine huc, siue apud ipso moriar, tanquam frater illorum, et Monachus existam, et beneficium cuilibet Monacho debitum mihi quoquo modo decedam constituatur. Haec utrata permaneant litteras exinde sieri praecepi, ex quibus ynam mihi retinems sigillo Abbatis muniri seci. Quas vero eis reliqui, sigillo meo me praecipiente munitae sunt, Et testes appositi Haimo Presbyter de Gohard, Robertus de Crosor Clericus, Gingrenus de firmitate , Guillelmus de Halnaut, Robertus filius Rabelli, Gauffridus Rex, Ajanus, Fulco.

     

    Essai de traduction

    Comme de coutume, approuver et obéir à la réalisation de cette lecture et la transmettre à mes successeurs, comme l’ancienne tradition, ayant l’âge nécessaire, j’ai, Olivier de Dinan, ayant le désire d’apprendre et de suivre toutes les lectures connues (les Saintes Ecritures), par ce que certains frères sont dans le Grand Monastère (de St-Martin de Marmoutier) et manoirs qui sont en Angleterre et qui sont nommés Helfort et Notuella dont mes prédécesseurs ont été possesseurs, certains m’appartenant injustement depuis quelques années (Olivier les avait repris injustement aux moines les spoliant ainsi d'une partie de leur revenu, ces derniers avaient  probablement été mis dans l'obligation de relouer à Olivier ces mêmes biens dont hier ils avaient été les seuls propriétaires. Oliver de Dinham, son arrière-arrière petit-fils, 1er baron d'Hartland, rachetera en 1265 et définitivement ces mêmes terres à l'église de Saint-Malo de Dinan, pour une somme de 250), enfin, considérant la multitude de mes péchés et craignant l’antique colère de Dieu devant laquelle il est permis de rechercher la clémence, j’ai commencé dans l’église de Dinan que mes ancêtres ont ensemble assemblé (en 1108 les travaux de la nouvelle église commencèrent après la donation de l'église originelle aux moines servant Dieu en l'abbaye de Saint-Martin de Marmoutier), mais par ce que l’église n’est pas encore parfaite et les bâtiments assemblés non encore appropriés, laquelle doit être perfectionnée ce qui va demander 3 années. Dans l’intervalle toutefois, huit moines seront là, à savoir quatre prêtres, je serais le cinquième (olivier a décidé de renoncer au monde et de devenir moine), deux seront résidants dans le Gigium et un sera dans l'Arrière-Saint. Les huit moines nommés seront toujours assemblés. Les mentionnés ci-dessus devront êtres placés sous l'Abbé du Grand Monastère (Sous l'autorité de l'Abbé de Saint-Martin de Marmoutier. Certains historiens voient en le Gigium le prieuré de Jugon et dans l'arrière Saint l'origine même de la fondation du prieuré de Saint-Maudez au bourg actuel de Saint-Potan) et devront obeissance à celui-ci à Dinan pour l'amour de notre postérité. Moi, Olivier de Dinan, j'ai présenté cette délibération (ma décision). Cependant, particulierement pour cette raison, la maison du Monastère (le maitre Abbé de Marmoutier) est venu dans le Chapitre (le chapitre est l'assemblée des religieux régissant une église ou un ordre monastique ) le jour  même de la naissance du Seigneur (le 25 décembre), lesquels ont composé (négocié ) en ma présence et ont pleinement confirmé  (ma demande). Pour la croissance du Chapitre de la Maison de Dinan susmentionné (Nous sommes vers 1177. Les travaux de construction des futurs bâtiments conventuels ne sont toujours pas terminés et l'église elle même n'est pas parfaite; cette dernière cependant a dû être ouverte au Culte dès l'année 1122, année en laquelle Geoffroy de Dinan tendit sa main au dessus de l'Autel quand il offrit à Marmoutier ses deux manoirs anglais de Helfort et Notuella. Avec cependant la venue de nouveaux religieux, ces derniers  formant alors et ensemble le premier noyau monastique du nouveau prieuré, le châpitre de l'église, par ce fait même, se trouve être augmenté de huit moines)  et pour l'amour de moi et surtout du bien heureux Martin (Saint-Martin), j'ajoute avec plaisir ma propre vigne de Allodÿs et ma prairie de Stanno de Hart (le pré de la Haye) et chaque jour deux mesures de bois mort  pour l'utilisation des moines, à savoir mon parc (Pour permettre aux moines de ce chauffer).C'est avec une bonne concession (une acceptation volontaire), compte tenue de ma proposition,  qu'avec une merveilleuse bonne volonté j'ai donner l'ensemble (l'ensemble de mes dons). J'admets ne jamais aller à un autre endroit sauf dans la susdite église de Dinan  ou dans le grand monastère pour mourir s'il plait à Dieu ou à tous les moines (Olivier admet de fait qu'il ne pourra plus quitter les murs de son nouveau prieuré sauf pour aller dans l'église et pour aller aussi, s'il plait à Dieu, mourrir en l'abbaye de Marmoutier) quitter ce monde monastique . Puis ils m'ont gentimemnt accordé ma demande  qu'ici je meurs avec eux  en étant l'un de leurs frères moines et de bénéficier en toute chose de leur raison et préparer ainsi ma mort.Pour confirmer définitivement  ce que j'ai demandé depuis ce jour, cette lettre que je renforce de mon sceau. et sont témoins Haimon prestre de Gohard, Robertus de Crosor clerc, Gingrenus de Firmitate, Guillemus de Helnaut, Robertus fils Rabelli, Geoffroy Roi , Alain.

     

     

     1122

    Voici maintenant la charte faite aux moines de Saint-Martin de Marmoutier en la dite année 1122 portant sur les manoirs de Notuella et de Helfort

      

    Noverint omnes tam moderni videlicet quam secuturi quod ego Goffredus, Dinannensis dominus, cupiens Dominum propicium fieri peccatis mei et paccatis parentum nostrorum tam defunctum quam vivorum et hoc precibus justorum facilius apud ipsum optinere me credens dedi monachis Sancti Martini Majoris Monasterii duo maneria que in Anglia de dono Hainrici regis possideban .Posui igitur donum istud super altare Sancti Maclovii Dinannensis : posuerunt et illud mecum tam primogenitus filius meus Oliverius quam omnes alii filii mei hoc ipsum et benigne concedentes et sicut dixi mecum donantes Concessit et hoc uxor mea Orieldis et ipsum donum supradictis fratribus a nobis factum multum animabus nostris profuturum dixit .Ut igitur ipsum donum eisdem fratribus deinceps ratum maneret magnum optinui a domino rege Hainrico ut ipsum donum munimento sigillatarum litterarum suarum eisdem fratibus confirmaret, quod et benigne sua gratia fecit Hujus donationis nostre sicut superius dictum est sunt isti : Simon archidiaconus, Eudo Goinius, Gaufredus filius Bertranni, Gaufredus filius Erani, Bolgetus filius Hervei, Hugo Machomus filius Tidualdi. De monachis : Guigomarus, Durandus Asinus, Rainaldus de Moriaco, Andreas de Biturca, Herveus. De homnibus Sancti Maclovii, David de Miniaco, Radulfus filius Channoci, Eudo Boilinuscus et filius ejus David, Aubertus presbiter filius Ewardi. Actum est hoc sub Bernardo priore Dinannensi, anno Incarnatione Domini MCXXII

    Traduction demandant à être corrigée :                                                                 Que tous demain sachent et suivent ce que moi Geoffroy seigneur de Dinan, désireux de faire clémence de mes péchés devant Dieu ainsi que des péchés de mes parents décédés et vivants et cela plus facilement par les prières devant Lui, ce que je crois ainsi pouvoir obtenir ; je donne aux moines du Monastère de Saint-Martin (de Marmoutier) deux manoirs en Angleterre, don du roi Henry que je possède. Je fais ce don sur l'Autel de Saint-Malo de Dinan et fais de sorte que mon fils aîné Olivier ainsi que tous mes autres fils fassent de même et accordent ce don avec moi je le dit avec indulgence. Ma femme Orieldis accorde en ce don tout ce qui a été dit ci-dessus, ce qui est profitable à l’âme de mon frère. Et par conséquence mes frères après moi ont ratifié ce don de ces grands…obtenus par le seigneur roi Henry, protégé par sa lettre scellée et confirmé aussi par mes frères, cela fait par sa grace et sa bonté. De notre don ci-dessussusmentionné ont été les témoins suivants :Simon Archidiacre, Eude Goinius, Goeffroy fils de Bertrand, Geoffroy fils d’Erani, Bolgetus fils d’Hervé, Hugo Mochomus fils de Tidualdi. Les moines Guigomarus, Durand Asinus, Rainalde de Moriaco, André de Biturica ; Hervé. Les hommes de Saint-Malo, David de Miniac, Radulfus fils Channoci, Eudes Boilinuscis et son fils Davis…Aubert prêtre fils d’Ewardi. Cet acte a été fait par Bernard prieur de Dinan en l’année 1122.  

     

    Cette traduction personnelle nécessite une grande correction, si vous pouviez m’aider ! Merci 

     

     

      

     

      

     

     

     

     

     


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    La Lande-Boulou

    Le château de Grillemont à la Landeboulou 

     

    - La Lande-Boulou

    Le château de la Landeboulou

     

    La Lande-Boulou

     Ancienne maison du village de la Landeboulou

     

    La Lande-Boulou

    L'ancien pigeonnier seigneurial du manoir de la Landeboulou 

     

     

    Lanvallay

    une petite question d’Histoire

     

    La date de la fondation du  prieuré du Pont à Dinan nommé, dès le 16ème siècle, le prieuré de la Magdeleine du Pont à Dinan, reste encore aujourd’hui incertaine. Nous savons toutefois que ce prieuré, érigé en la présence de l’Abbé Willehm de Saint Florent  le Vieil près de Saumur, n’a pu être fondé qu’entre 1070 et 1118 puisque Willehm (1), en effet, ne renoncera à son droit d’ainesse pour prendre l’habit monastique (3) qu’en cette même année 1070 et qu’il décèdera en juin de l’année 1118 ; ces deux dates encadrant ainsi parfaitement la fondation de ce prieuré sis au Pont à Dinan.

    Lors de la fondation du prieuré du Pont à Dinan, parmi les différentes témoins alors présents autour de Geoffroy de Dinan (2) il est spécifié la présence de Picot de Landa Boilot [Huic dono afferunt Willehm Abbas sancti Florentii in cujus manu hoc donum factum est , cum cutello Guihenoch Monachi ; Goffredus de Langan , Donatus Rainaldus silius Eudonis , Wilmus Videne , de militibus ejusdem Castri , Radulfùs Vicecomes , Haimo filius Guihenochi, Guido Gobio , Gostridus de Ferraria , Graffio , Picotus de  Landa Boilot , fie alii muid. Postea tulit illuc Dominus Abbas Willelm (4) ].

    En reprenant le nom de ce dernier témoin, Picot de Landa Boilot, ne peut-on faire ici et maintenant un rapprochement avec l’appellation de la Lande-Boulou, laquelle appellation désigne toujours aujourd’hui, séculairement étirée au dessus d’une boucle de la rivière,  l’une des extrémités de notre long plateau Côtissois. A l’un des endroits de cette terre, situé au-delà des parties depuis toujours labourées, se trouve un à pic vertigineux sur lequel poussent, depuis la nuit des temps, ronces et genets.

    Le terme de Landeboulou que l’on retrouve parfois écrit aussi sous la forme de Lande Boulou (5),  ne pourrait-il donc pas éventuellement trouver son origine dans la désignation d’une lande située à l’extrémité d’une falaise ? Si le nom de ce témoin nommé vers 1090 Picot de Landa Boilot devait, en effet, pouvoir être relié orthographiquement avec celui de la Landeboulou, nous aurions alors ainsi l’origine orthographique de ce hameau lequel se trouverait, par ce fait-même, être le plus ancien des différents hameaux formant toujours aujourd’hui notre commune [à noter toutefois que l'acte de fondation du prieuré du pont à Dinan cite aussi la terre de Saint-Solen cela au travers de Brecel l'un des témoins de cette charte : Bresseli de Sancto Solempni...] Sur cette terre, aujourd’hui encore, s’élèvent deux des plus vieux manoirs de notre commune, celui dit de Grillemont et celui dit de Landeboulou. 

    Le patronyme Picot quant à lui, pour finir ce texte ici, est cité présent sur la commune de Lanvallay dès la seconde moitié du 16ème siècle et cela en la personne de Maurice Picot lequel, né vers 1550, est dit sieur des Croix.

     

     

     

    (1)  Willehm ou Guillaume de Dol est le fils aîné de Riutall ou Riwallon dit Chêvre-Chenu, 1er sire de Dol et de Combourg. Riwallon dit Chèvre-Chenu, frère de Goscelini ou Josselin de Dinan, 1er  sire de Dinan connu, eu pour parent Haimon de Dol et Roianteline ; Haimon étant dit Vicecome (lieutenant délégué représentant le comte) et Roianteline,  vicomtesse, dans différentes chartes religieuses.

     

    (2)  Goffredi ou Geoffroy 1er de Dinan, fils d’Olivier de Dinan, est le petit-fils de Josselin de Dinan et aussi, par conséquence, le petit neveu de l’Abbé Wilhem, maître abbé de Saint-Florent le Vieil de Saumur.,

     

    (3)  Willehm, renonçant à son héritage seigneurial de Dol en tant que fils aîné de Riwallon, sera remplacé à la tête de cette seigneurie fondée par son oncle Junguené, alors archevêque de Dol et  frère de Riwallon, par son frère puisné Jean 1er de Dol lequel, lui aussi, peu de temps après, deviendra archevêque de Dol.

     

    (4)  A ce don assistèrent Willehm Abbé de Saint Florent en la main du quel fut remis ce don, du moine Guilleux ; Geoffroy de Langan, Douat Rainald fils d’Eudes, Wilmus Videne, pour les soldats de la même place forte Raoul Vicomte, Haimon fils de Guihenoch, Guy Gobio, Gostridus (Goffredus ou Geoffroy) de Ferrare, Graffio, Picot de Landa Boilot et de nombreux autres. Ensuite, le maitre Abbé Guillaume…

     

     

    (5)  En langue latine tardive, au moyen-âge, le mot Landa désignait un sol aride, une terre inculte ; le mot  Boulou quant à lui  pouvait-il être utilisé pour  désigner l’extrémité d’une terre ou son étendue comme l’extrémité de la lande ou l’étendue de la lande ?

     


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  •  Lanvallay et son orthographie

    ou

    - Lanualae - 

     

         Origine orthographique de LanvallayOrigine orthographique de Lanvallay

     

     

     

     

     

    Chartes photographiées sur micro-films aux A.R.D des Côtes d'Armor

     

    A droite charte originelle datée de 1201 et contenant dans son texte le terme : Parrochia Lanualae. Rédigée en cette dite année 1201 cette charte présente au travers de son texte l'aumonier de la paroisse de Lanvallay lequel est appelé : Eudone capellan  de Lanualae ou Eudes chapelain de Lanvallay. Une copie de cette charte illisible pour nous, puisque très "condensée", fut réalisée au XVII siècle dans un latin complet et non abrégé quant à lui. Comparez les deux chartes et comprenez ainsi le principe même de l'abréviation de l'écriture du latin ancien, abréviation rendant toute charte latine identique incompréhensible pour nous.                                                                                                                                                       L'orthographe des mots latins, en certains mots écrits, y est souvent différente aussi. C'est cette "copie originelle latine" qui a été traduite après que J.Geslin de Bourgogne en ait donné une transcription dans son ouvrage consacré à l'évêché de Saint-Brieuc.                                                    Référencée aux Archives :  DDML H.3360V cette même copie ne peut toutefois remplacer la charte originelle de 1201 ci-dessus elle référencée aux mêmes Archives de Maine et Loire : H.3357 IV. Voir la traduction de cette "copie originelle" au chapitre : Les chartes judiciaires et religieuses. 1201. Première apparition de la paroisse de Lanualae.                                                                  L'existence d'Eudes est reprise dans une autre charte, non datée celle-ci, reprenant un litige ayant opposé les possesseurs de la terre et moulin de Quincombre au prieuré du Pont ces derniers ayant été dans l'obligation morale de reconnaitre les aumones que feux leurs ancestres avaient offert aux moines du dit prieuré. Ces moines en effet, par ce même don religieux,  avaient reçu les dites terres de Quincombre et son moulin. Nous ne détaillerons pas ici ni l'histoire de cette terre ni l'histoire de son moulin, tous deux apparaissant donc dès vers 1200, puisque cela est déjà un travail en cours de réalisation, travail mené par Daniel Brandily de Pleudihen. Nous n'expliquerons pas non plus la transcription de la charte relative au moulin de Quincombre laquelle fait partie aussi du même travail. Nous ne présentons ici ces deux chartes que parce qu'elles sont les deux plus anciennes chartes présentant l'orthographe écrite de notre commune et attestant l'existence même de notre paroisse dès la fin du XII siècle.

     

     

     

    Son origine orthographique et religieuse

     

     

    L’apparition de la forme écrite de Lanvallay, patronyme étudié au travers de ses premiers seigneurs, surgit pour la première fois dans la seconde moitié du 12ème siècle en la personne de William de Lanvallei lequel devint sénéchal de Rennes pour le roi Henry II d’Angleterre avant d’être confirmé gouverneur héritier du castel de Colchester, en Angleterre, par ce même prince (En notre commune de Lanvallay ce patronyme apparaît pour l’une des premières fois, en 1219, lors des décès de Guillaume et de Roland de Coëtquen. Le nom de notre commune est alors orthographié Lanvalei. La toute première fois que cette appellation apparait au titre de notre "paroisse" reste cependant l'année 1201 cela dans une charte datée et aujourd'hui micro-filmée aux Archives départementales des Côtes d'Armor. Cette charte provient des Archives d'Angers et contient le terme suivant: Parrochia Lanualae. Cette charte met donc en scène la paroisse de Lanvallay et la chapelle du port de Dinan l'église paroissiale de Lanualae étant alors déposée entre les mains d'Eudes chapelain de Lanvallay: oze de pore de Dinan et eudone capellan  de Lanualae...parrochia Lanualae et capella de pore de Dinan.

    Une autre date, avec sa charte bien sur,  est importante pour nous; c'est celle de l'année 1132 année bien antérieure aux dites années 1201 et 1219 toutes deux citées ci-dessus. Pourquoi cela ? cette charte est probablement celle en laquelle apparait pour la première fois en notre histoire le nom écrit de notre paroisse même si celle-ci n'est pas directement citée il est vrai. En effet en cette charte écrite en 1132 sera seulement citée "l'église" de Lanvallei. et cela au travers de son Saint-Patron, Saint-Méen. Mais si l'église de Lanvallei existait en la dite année 1132 est-ce que sa paroisse elle n'existait-elle pas déjà ?

     

    Dans les chartes les plus anciennes, et notamment au travers du premier seigneur de Lanvallay cité, nous rencontrons souvent l’écriture Lanuualei pour Lanvallay, le W ayant entre temps remplacé les deux lettres associées du U comme dans Riwal lequel s‘écrivait, au IX  siècle, Riuuall,  Riuual donnant par la suite le prénom Riwallon et cela dès le XI  siècle). 

    L’écriture d’une même langue, dans son ensemble, a toujours suivi une évolution linguistique naturelle même si les formes écrites de nos patronymes, aujourd’hui, nous semblent êtres revêtues d’une puissante rigidité orthographique. Cette rigidité orthographique, propre aux patronymes, est toutefois récente dans le temps. Pour quiconque étudie les actes anciens liés aux baptêmes ou aux décès, les différences orthographiques apportées à un même patronyme sont en effet monnaie courante tout au long du 17ème siècle. Ces modifications successives peuvent souvent représenter un important faisceau d’incertitudes pour quiconque étudie une même généalogie.

    Le nom de Lanvallay a donc connu lui aussi plusieurs formes d’écritures orthographiques. Notre commune de Lanvallay, d’un autre côté, a-t-elle toujours été nommée de ce même nom quelle que soit l’écriture alors utilisée ? Depuis quant a-t-elle pris ce patronyme ? Trouver aujourd’hui la période exacte de l’histoire durant laquelle ce nom fut utilisé pour la première fois nous ait actuellement impossible (L’apparition de ce patronyme apparait à la fin du 12ème siècle en la personne du seigneur William ou Guillaume de Lanvallei ou Lanuualei ; le patronyme en Angleterre n’étant pas encore généralisé. Dans un acte de justice, rédigé à la fin du 12ème siècle, nous apprendrons que Jean de Lanvallei était le petit-fils d’Alain lui-même dit fils d’ Henri. En Angleterre, de nombreux seigneurs furent ainsi nommé fils de, tout comme Warin 2ème du nom lequel sera nommé Warin Fitzwari. William de Lanvallei, dans des écrits rédigés au 17ème siècle et lui étant consacrés s'écrira en vieux François également William de Langvale. Aussi quels sont les liens orthographiques ayant unis hier les termes et de Lanuualei et de Langvale ? Quelles sont les origines mêmes de cette transformation orthographique ? Il est à ce titre difficile aujourd'hui de prendre pour seule origine possible de ce patronyme l'existence même d'un petit moine relevant de la tradition dite populaire, Balao, lequel passe pour être la seule origine orthographique possible de l' appellation de notre commune, petit moine ayant vécu plus de 6 siècles avant même l'apparition de la première écriture de Lanuualei).

    J’aurai pourtant personnellement aimé savoir si notre commune, par exemple, s’appelait ainsi avant l’apparition de ce seigneur nommé William de Lanvallei. J’aurai de nouveau aimé pouvoir savoir si notre commune était antérieure ou postérieure à l’apparition du prieuré du port à Dinan. Lequel des deux a précédé l’autre ? (avec déjà la présence citée, entre 1070 et 1118, d'un bourg dit aux moines au Pont à Dinan lorsque fut décidée la fondation du prieuré du pont à Dinan, tout laisse à penser que ce même bâti, celui du dit bourg aux moines, peut donc être effectivement antérieur à l'apparition même de la paroisse de Lanvallay).  Le nom de notre ancienne paroisse est-il le fruit d’une association linguistique et si oui, comment cette évolution patronymique a t’elle pu se réaliser ? Une seule réponse apportée à l’une de ces questions aurait le mérite de soulever, même légèrement, le voile jeté ici par ces mêmes incertitudes.

    Aujourd’hui, l’origine du nom donné à Lanvallay semble provenir d’un Saint prénommé Valay (ou Saint-Balay). Ce dernier, au 6ème siècle, serait un moine en provenance du monastère de Landevennec (Saint Valay fait effectivement parti intégrante de ces différents Saints faisant tous partis de la Tradition dite Populaire) ; il aurait donc été un disciple de Gwenolé puisque ce dernier est le fondateur attesté de ce monastère lequel fut bâti vers 485. (Ce monastère est situé dans le Finistère, baigné par L’Aulne. Saint Gwenolé fera ériger ce monastère à la demande de Saint-Patrick lequel décèdera en 461. Pour essayer de mieux comprendre les motivations de la retraite de Saint-Valay en notre région et de son éventuel travail d’évangélisation, nous avons, pour cheminement principal, le déroulement de la vie spirituelle de Saint-Patrick apparut en songe à Saint-Gwenolé.) 

     

     

    Cet établissement religieux respectera très longtemps la règle celtique d’Irlande. (Variante du Christianisme propre aux pays celtiques évangélisés par Saint-Patrick à partir de 432. Cette forme religieuse chrétienne est sensée s’être arrêtée en 818 au monastère de Landevennec lequel adopte alors les règles de St-Benoit. Malgré toute son autorité, l’église n’arrivera cependant pas immédiatement à stopper cette façon de pratiquer la religion catholique. Ces racines religieuses celtiques subsisteront encore longtemps en Irlande et en Bretagne, ce mouvement perdurant au travers des cultes de St-Yves né en 1253 et de Ste-Anne notamment. Aujourd’hui, l’église peut rencontrer encore certaines traces de ce paganisme. Paragraphe tirés du livre de Christian Guyonvarc’h titré « Les Royaumes celtiques »). 

    Pendant toute la première moitié du premier millénaire, l’Europe, délimitée par les pays du Maghreb au sud, par la mer noire à l’Est et les terres situées au sud de l’Ecosse, (Jean Guiffan, Chargé d’enseignement à l’université de Nantes, « Saint Patrick et la christianisation de l'Irlande », 2002) due subir les vagues migratoires successives germaniques. Pendant cette même période interminable, les différentes terres celtiques, l’Irlande notamment, furent coupées de Rome et de son empire. Elles seront donc également coupées du Vatican et de son enseignement religieux aussi. Les premiers missionnaires ne viennent en Irlande que dans la fin du 4ème siècle, peu de temps avant Saint-Patrick. Presque tous originaires du continent, ils abordent alors une terre druidique, terre encore vierge de toute mission évangélisatrice.

    Saint-Patrick est un jeune breton né dans le nord de l’Angleterre, vers 390. Jeune enfant, il est enlevé à ses parents et emmené en Ulster. Sur cette terre irlandaise, pendant plusieurs années, il va servir un maitre druide. Sa vingtième année passée, il parvint à regagner son Angleterre natale puis, peu de temps après, il rejoint la Gaule pour commencer une formation religieuse.

    Saint-Patrick retourne en Irlande en 432 pour rependre l’évangélisation de cette terre toujours celtique et dans sa religion et dans ses mœurs. Il semble l’avoir évangélisé avec beaucoup d’amour, une très grande sincérité aussi; l’ile, à sa mort, était entièrement christianisée au travers du principe du monachisme d’alors. La vieille religion druidique, par toute l’attention et la douceur de St-Patrick, a pu ainsi, semble t’il, entièrement s’intégrer dans la nouvelle religion d’Irlande et cette dernière héritera ainsi de toute une partir de cette ancienne culture druidique ou païenne.

    L’église nouvelle d’Irlande, œuvre de Saint-Patrick, sera pendant les deux siècles suivant une église basée essentiellement sur l’organisation monastique. Elle se différenciait de l’église de Rome par une autre conception de la Foi et de sa mise en pratique. La notion de l’ascétisme y était très développée et les ermites probablement fort nombreux. Certaines de ses règles, très pures, (elles seraient probablement aujourd’hui des règles dures et physiques) étaient en complète opposition avec Rome. Pâques connaissait, par exemple, une date différente, le baptême possédait un autre rite et la tonsure des moines n’était pas identique aussi.

    La responsabilité de cette jeune église sera très importante tout au long du 6ème et 7ème siècle. Elle sera, en effet, le refuge du Christianisme occidental pendant les dernières vagues des migrations germaniques (Jean Guiffan, même livre).

    Toutefois, par l’intermédiaire de la conquête anglo-normande et de l’établissement de monastères venus du continent, le Vatican réussira, au 11ème siècle, à repositionner définitivement sous son autorité la jeune église d’Irlande et cela sera la fin de ce monachisme propre à l’Irlande et voulu par Saint-Patrick.

    (Pendant tout le haut moyen-âge, les monastères vont s’étendre dans toute l’étendue du monde chrétien et laisser ainsi leur empreinte. Monastère : de monachisme. Forme d’enseignement religieux catholique née au 4ème siècle dans laquelle les monastères et les moines se présentent comme étant les nouveaux et véritables Guides spirituels.) Mais revenons à Saint-Valay.

     

     

    Nous n’avons aucune autre information personnelle et réelle sur Saint-Valay. Ce dernier s’appelait Balae, semble t-il, dont la forme ancienne serait Bachla. La transformation orthographique a pu transformer le B et V et nous avons ainsi Valae au lieu de Balae. En vieux breton, Lan signifie Ermitage. En langue celtique, Bach signifie petit et Lae signifie fidèle ou religieux, soit le petit religieux. Nous avons donc l’apparition de l’écriture Lanvalae (ou Lanbalae. Rappelons toutefois que la forme la plus ancienne rencontrée, dans des actes rédigés au 12ème siècle, reste Lanuualei. Dans un texte plus tardif, écrit au 16ème siècle, lequel décrit les raisons du mariage de William de Lanvallei, texte écrit en vieux françois, William est cité William de Langvale) pour l’Ermitage du petit religieux. Au 12ème siècle, dans les actes latins écrits et rencontrés, le patronyme de William de Lanvallay s’écrivait tantôt Lanuualei,  Lanvalae ou Lanvalaio. Le nom latin de notre paroisse, au 13ème siècle, s'écrivait Lanvalei. A la fin du 18ème nous rencontrons la forme francisée de Lanvalay avec un seul L; enfin, aujourd'hui, l'orthographe de notre commune est Lanvallay avec deux L. Depuis le 17ème siècle la forme Lanvallay avec ay en terminaison orthographique, que cela soit avec un seul ou deux L, est la plus présente...                                         La première branche seigneuriale des seigneurs de Lanvallay, laquelle s'établie aussi en Angleterre dès la fin du 11ème siècle, branche que nous allons très bientôt survoler, s’écrira donc soit Lanuualei, soit Lanvalaio, soit Langvallé, soit Lanvalé, soit Lanvallee, soit Lanvalai, soit Lanvallei et plus tard, au18ème et 19ème siècles, même la Vallet aussi. Nous voyons donc ici même la richesse linguistique apportée à ce même patronyme depuis sa première apparition orthographique. Alors quand est-il de l'origine exacte de l'écriture de notre commune ?  Est-elle véritablement unie au prénom de ce petit ermite ?                              Notre Histoire régionale et traditionnelle garde toutefois la conviction que ce petit ermite vint de Landevennec pour s’isoler et s’établir au bord de notre rivière, la Rance. (L’abbé Joseph-Malo de Garaby, dans son ouvrage écrit en 1839, ouvrage traitant des différents Saints bretons, l’assigne cependant en tant qu’ermite retiré dans sa foi sur la montagne de Penflour, près de Châteaulin.) 

    L’orthographe de Lanvallay se veut  donc être ainsi et aujourd'hui le témoin même de la présence de Saint Balae hier présent en notre contrée. Quelle a été la portée post-mortem du rayonnement spirituel de ce petit ermite si ce dernier a vraiment existé ? Nous n’avons, sur ce point précis, aucune réponse à apporter. Cette portée, si petite soit-elle, à cependant su laisser ici une partie d’elle-même. Une autre ville, toute proche de notre commune, porte également dans son nom la trace de la présence supposée de ce petit ermite. Il s’agit de Ploubalay. Ploubalay ne veut-il pas dire paroisse de Balae ?

    Toujours est-il que la formation étymologique de notre paroisse s’est faite entre le 6ème siècle et le milieu du 11ème siècle, entre l’éventuelle venue de Balae en nos terres et la première écriture lue de Lanvallay en la personne de William de Lanvallei cité sénéchal de Rennes pour Henry II roi d’Angleterre (Certaines personnes pensent que Balae aurait pu établir son ermitage en partie basse de notre commune, proche du rocher d’Alcaïs, l’actuelle Courbure. Très tôt dans le Temps, à la base de ce rocher et posée dans les méandres de la rivière, fut établie une petite chapelle laquelle, dans le courant du 17ème siècle, répondait au vocable de Notre Dame de Bon Réconfort. Cette chapelle est citée pour la première fois en 1330. Elle disparue définitivement à la fin du 19ème siècle; elle relevait alors du chapitre de Saint-Malo de Dinan). 

    La seconde lecture de ce patronyme est celle d’Ivo de Lanvallei lequel personnage a été inscrit dans un Rotuli curiae Regis établit en 1190 (Rotuli curiae Regis : Registre formé d’un rouleau de papier tenu par des juges itinérants anglais pour pouvoir enregistrer toutes les amendes judiciaires afin de pouvoir les ramener aux shérifs et êtres ainsi rendues au trésor public du Roi d’Angleterre). La famille seigneuriale anglaise de Lanvallay sera à l’origine d’une baronnie irlandaise dite de Lanvallei laquelle sera apparentée à la couronne d’Ecosse au 13ème siècle. En conclusion, notre commune, par son appellation, plonge ses racines dans l’enseignement spirituel de Saint-Patrick ; elle possède donc toujours, par son patronyme même, des liens affectifs avec une certaine page de l’Histoire d’Irlande.

     

     

     

    Jean Pierre Fournier 

     

     

     

     

     

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  • Fitzwarin III, petit fils de Josselin de Dinan ou les véritables origines de Robin Wood

    Errol Flyn dans  Robin des bois film de 1938

     

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    Les origines de Robin des bois, Outlaw

     

     

     

    Nous avons tous aimé, lorsque nous étions enfants, les légendes emplies de preux chevaliers et je me souviens encore de ces heures passées à lire, et à relire même parfois, ces aventures Epiques ; les premières heures de la jeune Angleterre furent aussi le creuset de mon enfance. Maintenant que je suis grand et le cheveu déjà grisonnant, je continue pourtant à m’émerveiller devant les mêmes histoires.

    Parfois l’Histoire, le hasard aidant, rattrape les livres tracés que nous avons tant aimé et ce que nous pensions ne relever alors que de l’imaginaire se dévoile tout à coup au travers d’une certaine réalité. Les légendes très souvent sont le fruit de cet imaginaire mais quelques fois, néanmoins, elles se révèlent êtres construites sur des heures réelles et sombres laissées, par un  long cheminement, au plus profond de notre mémoire collective.

    Qu’en est-il de celle de Robin des Bois, cet outlaw au cœur si généreux ? Est-elle en effet entièrement imaginaire ou bien romancée ? Et même si cela était, que viendrait-elle faire ici ce sur bout de papier Côtissois ? L’Histoire romancée de Robin des Bois n’est pas le récit relatif à un seul personnage. C’est l’assemblage d’un ensemble de faits plus ou moins sombres tous relayés et tissés par cette Mémoire. Le 12ème siècle et 13ème siècle, en Angleterre, furent le canevas de ce récit. Les luttes intestines entre les rois successifs et certains barons anglo-normands, tout au long de cette période, construisirent ce personnage au travers du vécu réel de 4 outlaws différents mais généalogiquement reliés. Il y en a d’autres, bien sur, mais sur ces derniers aucun acte officiel n’a jamais été établi ; la preuve écrite sur le parchemin n’existe pas. Ils sont alors du côté obscur de la Légende.On trouve renfermés au british muséum, sur de très vieux parchemins, les comptes rendu de certains procès relatifs aux agissements des 2 premiers et plus importants de ces 4 outlaw. Ces derniers, pour les historiens anglais, passent en effet pour être les Voleur- Bandits ayant le plus contribué à la construction de l’histoire de Robin des Bois. Les pièces judiciaires ainsi établies analysent ces barons contestataires au travers de leur personne, au travers de leurs propriétés foncières, énumérant et citant également les membres de leur famille proche. La place me manque ici pour vous relater leurs vies de Hors la loi, l’origine de leur marginalisation et de celle de toute leur famille. Aussi, me dois-je d’aller à l’essentiel tout en abordant brièvement leur généalogie commune. (Cette dernière est indispensable si nous voulons pouvoir positionner ces individus les uns par rapport aux autres).

    Dans la continuité d’un texte écrit à l’occasion de la fondation du prieuré de la Magdeleine du pont de Dinan, on apprend que plusieurs familles seigneuriales de notre région émigrèrent en Angleterre.

     Alors que la motte féodale dressait depuis peu ses pieux de bois au dessus de la Rance,  Geoffroy 1er de Dinan, vers 1100, seigneur des lieux, autorisa la construction du prieuré du pont de Dinan proche de ce pont. Ce fait est relaté dans un acte écrit lequel est le plus ancien manuscrit relatif aujourd’hui à notre commune. Dans cet acte non daté, Geoffroy donne certaines de ses terres avec l’assentiment d’Alain de Dinan son fils, frère de Josselin de Dinan. Geoffroy de Dinan, accompagné de ses 3 fils, Alain, Olivier  et Josselin de Dinan, participera à l’après conquête de l’Angleterre appelé par Henry Beauclerc 1er. Ils seront tous les quatre de grands possessionnés et Olivier (Oliver) et Josselin (Josce) feront souche sur cette terre nouvelle. Olivier retournera toutefois sur sa terre natale sur laquelle il fera construire l’abbaye de Boquen ; il y sera inhumé. Il en sera de même pour la branche première seigneuriale de Lanvallay.                             William II de Lanvallei(ay) passe pour être l'arrière-arrière-arrière petit-fils de Richard II duc de Normandie ce dernier étant lui-même le grand-père de Guillaume le Conquérant. William 1er de Lanvallay aura pour épouse en effet Guénora de Saint-Clare la petite-fille de Hamon de St-Clare connétable de Colchester et seigneur de Walkern, seigneur né vers 1090 ; il faut savoir aussi que ce dernier de cet fait est le fils de Mauger le Jeune de Normandie, archevêque de Rouen et comte de Saint-Claire sur Elle dans le Cotentin, fils cadet lui même de Richard II de Normandie ci-dessus. Williams Ier de Lanvallei, connétable du château de Colchester, sera entre 1166 et 1168 le sénéchal de Rennes pour Henry II roi d’Angleterre. Présent dès 1100 sur les terres  de la seigneurie de Walkern, dans le Sussex, cette famille Côtissoise dite de Lanvallay près de Dinan, à l’instar de Josselin de Dinan, restera définitivement sur ses terres anglaises ; de cette famille, descendent aujourd’hui, entre autres, les enfants de lady Diana de Spencer. Mais revenons à notre histoire.

     

    Jean sans terre est roi d’Angleterre en 1199. Ce dernier se révèle être un roi très financier ; il applique très tôt des mesures fiscales anti-seigneuriales, quelles soient financières ou sociales, remettant en cause, en autre, le principe même de la propriété par l’Expropriation. Les seigneurs normands vont-ils aussi se fédérer autour d’un noyau seigneurial lequel sera à l’origine de l’une des premières révolutions sociales anglaises pour ne pas dire européennes. Ce mouvement débouchera sur ce que l’on appellera la Magna-Carta, la grande charte, laquelle obligera le roi à respecter, parmi d’autres choses, l’ensemble des biens fonciers des différents barons normands et leurs différents droits féodaux. William III de Lanvallay fils de William II cité ci-dessus sera l’un des 25 barons devant veiller à sa bonne exécution. Déjà son père, William1er  Lanvallei (mort en 1180), sera cité sur un écrit plus ancien relatif à la constitution de Clarendon (En fait certains considèrent cette  constitution comme étant la  1ere révolution sociale anglaise) rédigée par Henry II d’Angleterre en 1164.

    Dans les premières années du 13ème siècle naissant, il était un jeune baron nommé Fulk II de Fitzwarin (fils de Warin) seigneur du castel de Wittington. L’ensemble des domaines de Fulk seront ainsi saisis (il sera dépossédé de tous ses biens) avec une excessive autorité et une grande injustice royale. Fulk jure aussitôt, sur son honneur, de ne plus devoir aucune allégeance à Jean et renonce définitivement, par ce fait même, à le reconnaître pour son Roi ; il est désormais un Outlaw sur ces terres, lesquelles hier étaient les siennes. Ce seul litige personnel va s’étirer sur deux générations, le père et le fils ; le personnage principal de cette scène sociale sera Fulk III de Fitzwarin, le fils de Fulk II petit-fils par sa mère de Josce ou Josselin de Dinan

     Les actes judiciaires relatifs à leurs procès et écrit sur des rouleaux de parchemins, aujourd’hui au British Muséum, expliquent à eux seuls, la raison de la révolte des Fulk père et fils laquelle sera reprise par l’ensemble des barons. Ces dépositions les présentent tous deux comme étant des parias, des voleurs pourchassés par la justice royale. La mémoire des hommes cependant, enregistrera un récit beaucoup plus humain et beaucoup plus profond lequel sera repris de génération en génération et la légende ainsi construite fera très tôt, dès le XV siècle, l’objet d’un récit manuscrit à l’origine de la célèbre histoire de Robin des bois. Mais qui était Fulk de Fitzwarin ?  Pourquoi ces personnages réunis nous intéressent-ils aujourd’hui ? Le fait de connaître leur contribution importante sinon essentielle à la construction de la légende de Robin des Bois est-il suffisant ? Les noms déposés dans ces rouleaux de justices vont nous l’apprendre sans tarder.

    Fulques II de Fitzwarin, sur ce sol qui l’a vu naître, l’Angleterre, va rencontrer sa future épouse, mère de Fulk III de Fitzwarin. Elle  se prénomme  Hawise (Havoise) de Dinham ; elle était la fille de Josce (Josselin) de Dinham (Dinan), seigneur très possessionné en Angleterre, propriétaire du château et des terres de Ludlow en Shropshire,  biens matériels assis sur les marches Galloises (Josselin de Dinan entrera en possession des terres anglaises de Geoffroy I de Dinan, son père, quand ce dernier rentrera en Bretagne. Henry II, roi d’Angleterre et père du Roi Jean sans Terre, lui offrira également les terres et le manoir de Lambourn dans le Berkshire, les terres du Ginge en Wantage aussi et ceci n’est qu’un tout petit aperçu de l’ensemble de ses biens très importants). Josce de Dinham est cité comme étant un parent rebelle sur les actes judiciaires relatifs à Fulk II. Fulk III, fils de Fulk II et de Hawise de Dinham, sera réuni dans la légende à Mathilda Fitzwalter sous le nom de Robin des Bois et de Marianne mais ils n’ont pas eu dans l’Histoire un destin commun. (Mathilda Fitzwalter ou Marianne est une personne ayant réellement existé. Enfant de Robert Fitzwalter, baron et futur meneur responsable de la Magna-Carta, elle est le sujet principal d’un autre drame provoqué par le Roi Jean. Cette jeune et très belle damoiselle tombera  follement amoureuse d’un jeune chevalier inconnu lors d’un tournoi auquel assistera le roi Jean. Ce dernier essayera de jeter son dévolu sur Marianne mais en vain. Les deux jeunes amants seront obligés de s’enfuirent tous les deux dans la forêt et là, parmi les arbres, sous leur frondaison, ils s’uniront et s’aimeront.  Le roi Jean très jaloux fera assassiner le jeune époux et il offrira anonymement un bracelet empoisonné à la jeune veuve ; Marianne mourra. Le gisant de la soit disant Marianne est toujours visible aujourd’hui en l’église du Prieuré de Little Dunmow dans l’Essex. Il est également à noter la parenté existante entre Maud le Vavaseur et Mathilda Fitzwalter ; Maud Le Vavaseur, compagne de Fitzwarin III et belle fille de Fitzwarin II, aura, en effet, pour premier mari, Thibault Fitzwalter parent de Robert Fitzwalter ci-dessus ; il faut noter aussi que Mathilda est le synonyme de Maud en anglais et il signifie Marianne en français)

    J’ai bientôt terminé mon texte. Voici la fin :

    La légende de Robin des Bois s’est construite à partir de plusieurs faits historiques relatifs à la Magna-Carta dont certains acteurs furent Fulk II et III, Josce de Dinham et Mathilda Fitzwalter, pour ne faire plus qu’un récit qui gardera la trace écrite de l’implantation géographique de certaines de ces terres, de certains de ces manoirs. (Ce fait à lui seul tend à confirmer le rapport historique établit entre la légende et ces quatre personnages). Les descendants de Josce de Dinham, et Fulques III de Fitzwarin lui même, retrouveront tous l’ensemble de leurs biens spoliés après  la signature de la Magna-Carta.

     Josce de Dinham (Josselin de Dinan ci-dessus. Josselin est présent à Dinan en 1108 au côté de son père Geoffroy 1er de Dinan lorsque celui donna aux moines  de Saint-Martin le Grand, de l'abbaye de Marmoutier, l'église de Saint-Malo de Dinan), beau-père de Fulk II et grand-père de Fulk III, sera donc également l’un des tous premiers acteurs artisans de la légende de Robin des Bois. J’aime à penser que le grand-père de Robin Wood, petit garçon, était présent aux côtés de son frère ainé quand ce dernier donna, avec son père, certaines de ses terres pour la construction de notre petit prieuré (petite abbaye dirigée par un prieur laquelle dépend d’une Abbaye mère) de Lanvallay. Le beau-père et grand-père de Robin des Bois était Côtissois ou "Lanvallay"  de cœur ; ce que j’aime cela !

     

    Jean Pierre Moy

     

     

     

    NB. 1- La famille seigneuriale de Lanvallay se mélangera dans les seigneurs de Dinan en 1350 avec le mariage de Ivo de Fitzwarin. Ce dernier est mort en Septembre 1414 et il fut inhumé dans l’église de Wantage.  Un superbe gisant chiffré avec une moustache, très rare, le représente avec cinq pieds de hauteur en pleine armure. Gisant toujours visible aujourd’hui. Cliquez sur le lien de téléchargement ci-dessus afin de pouvoir étudier l'arbre de généalogie commun des seigneurs de Dinan-Warin Fitzwarin de Wittington- Lanvallei 

     

      

     

     

    N.B. 2- Lire livre intituled : The History of Fulk Fitz-Warin translated by Alice Kemp- Welch.

     

     


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